GAMERA, LE MONSTRE GÉANT DE NORIAKI YUASA

Deuxième film de Noriaki Yuasa (les séries Denjin Zarborger et Ultraman 80), Gamera, Le Monstre Géant, sera pour le réalisateur de 32 ans le premier d’une longue liste (8 au total dont 7 comme réalisateur) de fictions consacrée à la tortue géante.

Clairement produit par Daiei Film (Rashomon et la série des Zatoichi) pour rebondir sur le succès du Godzilla (Gojira) de la Toho, ce film de 1965 va s’avérer étonnamment populaire, le public nippon plébiscitant la créature en y voyant une variation tout à fait honorable du légendaire lézard atomique.

Niveau histoire, c’est le service minimum, Gamera étant réveillée par une explosion atomique accidentelle dans l’Arctique et commençant à terroriser le Japon (détruisant Fujisawa, ainsi que Tokyo et sa fameuse tour) pendant que l’armée lui vide son arsenal sur la tête. Le reste du film étant, une fois de plus, des scènes de discussions entre scientifiques et militaires avec, et c’est une première (cynisme), un enfant qui veut protéger le monstre!

Malgré ce véritable copier-coller de salopards, Gamera, Le Monstre Géant, s’avère étonnamment regardable. Noriaki Yuasa sachant diriger son équipe, on ne tombe pas ici dans l’écueil de la copie bon marché cherchant à tromper son monde. Le film est propre, bien cadré, relativement bien écrit et dialogué, les acteurs (dont quelques américains discrets) n’en font pas trop et, c’est le plus important, les effets spéciaux sont chouette et la créature à de la gueule!

Mais tout cela était-il suffisant pour attirer autant de monde dans les salles et ainsi créer une franchise qui perdura de 1965 à 2006 (un nouveau film arrive cette année)?! Gamera n’avait-elle pas un petit truc en plus pour faire de l’ombre à son illustre inspiration? La réponse est oui!

Cette différence, des plus singulières, probablement née des esprits malades (et imbibés de saké) des deux scénaristes du film (Nisan Takahashi et Yonejiro Saito) tient en une idée géniale: Gamera peut voler! Et pas n’importe comment, la créature, étant une tortue, pouvant se rétracter dans sa carapace (jusqu’ici, normal) et actionner quatre propulseurs atomiques (!) faisant tourner sa carapace dans les airs! Autant vous dire qu’en 65, tout le public japonais a voulu voir ce prodige en salles.

Visiblement inspirés, les scénaristes en ont rajouté une couche avec la conclusion du film, créant un cliffhanger de génie afin de préparer le public à la suite des aventures du nouveau filon de la Daiei.

Au final, Gamera, Le Monstre Géant, s’avère une formidable petite série b qui se déguste comme le petit classique de cinéma kaiju qu’il est, c’est à dire entre amis et avec de l’alcool.

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