BRIDE OF THE MONSTER DE ED WOOD

Ecrit (avec l’aide de Alex Gordon), produit et dirigé par Ed Wood, Bride of The Monster est sans conteste l’un des films les plus divertissants et regardables de sa courte filmographie. C’est également une version très personnelle et à peine déguisée de The Bride Of Frankenstein.

Produit entre 1953 et 1955 (le délai s’expliquant par des problèmes financiers, même si le film ne coûta que 70000 dollars, s’avérant le plus gros budget de Ed Wood), Bride Of The Monster résonne d’un amour total pour son prestigieux instigateur de 1935.

Le film commence dans les bois par l’arrivée dans une maison de deux chasseurs surpris par la tempête. Nous apprenons rapidement que depuis trois mois, la même tempête se produit chaque soir et qu’elle ne semble pas être naturelle. De fil en aiguille, les deux chasseurs se retrouvent à la porte d’une autre demeure (Willows House), supposée abandonnée et hantée mais bel et bien habitée. Son mystérieux propriétaire (Bela Lugosi) leur refuse l’hospitalité à plusieurs reprises, avant de les menacer en leur envoyant Lobo, un géant muet bien agressif joué par le seul et unique Tor Johnson (Plan 9 from Outer Space)!

La suite nous permet de découvrir le laboratoire secret du docteur Eric Vornoff (Bela Lugosi), ainsi qu’une pieuvre géante quelque peu inerte (la même que l’on retrouvera dans le biopic de Tim Burton), le sort des deux malheureux chasseurs nous étant également révélé.

En ville, la police et la presse commencent à enquêter sur l’affaire, le nombre de personnes mystérieusement victimes de la tempête commençant à devenir des plus inquiétants. Il ne faudra pas bien longtemps aux enquêteurs pour prendre la route de la demeure du docteur Vornoff, se retrouvant confrontés à un véritable savant fou qui rêve de créer la race supérieure.

Jouant le rôle de la journaliste Janet Lawton, Loretta King Hadler ne va pas tarder à tomber entre les mains du cruel docteur, ce dernier décidant de l’utiliser pour ses folles expérimentations.

C’est également l’un des ressors narratifs les plus satisfaisant de Bride Of The Monster, le personnage de Lobo étant partagé entre sa loyauté envers son maître (le protégeant de ses ennemis) et la volonté de soustraire la belle journaliste à son funeste destin de cobaye. Cette indécision culminera d’ailleurs dans un duel de titan entre le colosse muet et celui qui fut le docteur Vornoff, ce dernier devenant momentanément un surhomme après avoir expérimenté sur lui-même.

Dans les rôles du lieutenant Dick Craig et du capitaine Robbins, Tony McAvoy et Harvey B. Dunn assurent avec un sérieux qui force le respect, semblant croire totalement à l’histoire du film jusque dans son dénouement rocambolesque, bien que la seule faute de goût soit à mon sens l’ajout inutile de cette pieuvre géante et totalement inerte.

Le happy-end de circonstance vient nous rappeler, via le personnage du capitaine Robbins, qu’il ne fait pas bon marcher sur les plates-bandes de Dieu, le film se terminant sur ces paroles de sagesse.

Ne l’ayant jamais vu avant la semaine dernière, je dois bien avouer que Bride Of The Monster est un film jouissif et étonnamment bien fichu, souffrant presque la comparaison avec les classiques des studios Universal. A voir absolument si vous êtes curieux du cinéma de Ed Wood, un cinéaste certes bancal mais totalement habité par sa passion.

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