TEMPÊTE DE SAMUEL COLLARDEY

Présentant la particularité de n’avoir aucun acteur professionnel dans son casting (tout le monde jouant son propre rôle), Tempête réussit à émouvoir au delà de son histoire terriblement linéaire et anti-spectaculaire, proposant à la place de vrais morceaux de vies en racontant celles d’une communauté vivant en bord de mer et subsistant en partie de son exploitation.

Le film raconte surtout les tribulations d’un marin pêcheur (Dom) tiraillé entre l’éducation de sa fille (quelque peu rebelle à son endroit), son divorce (avec une femme devenue une étrangère) et ses envies de se mettre à son compte, décidant de passer des examens afin de pouvoir repartir en mer sans plus avoir à se soucier des horaires imposés, voulant également privilégier le temps avec ce qui reste de sa famille.

Le réalisateur Samuel Collardey n’y va pas par quatre chemins pour raconter cette rude mais touchante chronique sociale, se reposant essentiellement sur ses personnages, la plupart ayant trimé toute leur vie pour se payer le toit qu’ils ont sur la tête, demeurant dignes dans leur vérité de simples gens ne se posant pas trop de questions, à l’image de certains membres de nos propres familles.

Etant quasiment végétalien, je pourrais argumenter que le  »héros » de Tempête est un demeuré qui participe activement à un long génocide industriel parce qu’il n’a pas été fichu de trouver un autre travail que celui de pêcheur. Ce serait tout aussi réducteur de boycotter ce film pour cette raison. L’ayant vu sans même me poser la question de savoir si cela me posait un problème, je me rend compte également par après que ce serait complètement con de critiquer un détail pareil, le film ne parlant absolument pas de cet état de fait mais bien d’un gars qui essaie juste de s’en sortir dans la vie. Comme un paquet d’autres, il n’a juste pas le temps et les moyens de réfléchir à sa place dans l’humanité.

Tempête permet surtout de saluer la performance impeccable de Dominique Leborne, un grand gars de 36 ans et au regard canaille dont on espère vraiment que ce ne sera pas le premier et unique film. Il y a de la grandeur chez cet homme (des blessures profondes également) et c’est exactement ce qui manque au cinéma français depuis quelques temps, un homme avec des épaules et un regard désarmant.

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