NAHID DE IDA PANAHANDEH

De Télérama à Première en passant par Femme Actuelle et Marie France, tout le monde semble être tombé dans le charme de ce film iranien de Ida Panahandeh. Sans vouloir démonter cette entreprise pierre par pierre, il convient néanmoins d’émettre quelques réserves au sujet de son contenu quelque peu douteux et qui, sous couvert de critique sociale, nous dépeint le portrait de personnages pour le moins quelconques et par moments détestables.

Racontant le triste destin de Nahid (Sareh Bayat), une femme divorcée (et mère célibataire) ne pouvant pas se remarier parce que son ex est un psychopathe misogyne (Navid Mahammadzadeh parfait dans le rôle) doublé d’un arnaqueur du dimanche (mettant en danger son propre fils en l’amenant au match), ce film, sans véritable morale, si ce n’est celle de souffrir en silence, agace de bout en bout.

Quand à Sareh Bayat, l’actrice principale, elle joue le rôle de Nahid avec une conviction parfois proche du néant. Semblant personnifier le vide à l’intérieur de son personnage (dont on ne devine jamais rien de ce qu’elle pense), elle exécute chaque scène avec l’entrain d’une table basse, ne se réveillant que quand son personnage crie ou se met en mode survie, ce qui crée un sacré problème d’empathie pour le spectateur, ne sachant pas comment réagir à cette stratégie du désespoir.

On ne peut même pas se rattraper sur son riche prétendant (Pejman Bazeghi, aussi monolithique qu’incapable d’exprimer  l’amour de son personnage pour Nahid) et encore moins sur son fils déshumanisé (qu’on abandonnerait sans hésiter au milieu d’une forêt, loin, très loin), le casting masculin réussissant l’exploit d’être encore plus navrant.

Reste dont l’horrible ex (joué avec génie malsain par Navid Mohammadzadeh) que l’on planterait volontiers avec un couteau de cuisine, au lieu de se couper la main avec, comme le fait son ex-femme, incapable de se révolter autrement contre cette véritable merde humaine qui se tient face à elle. On devrait être avec Nahid dans ce moment viscéral (le seul du film), vraiment, mais le personnage est tellement antipathique que son geste nous fait d’abord mal pour elle, avant de nous énerver. C’est peut-être la seule force de ce film au final.

Désolé pour le spoiler (un autre arrive juste après), mais Nahid m’a plus fait penser à un mode d’emploi de soumission pour les femmes iraniennes qu’à un véritable moment de cinéma, son héroïne renonçant même au bonheur (préfabriqué certes, mais bien réel) qui lui tend les bras, écartant son riche prétendant car incapable de l’aimer, lui ou qui que ce soit d’autre. 104 minutes de misère.

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