GODS OF EGYPT DE ALEX PROYAS

Après toute la merde que j’avais pu lire sur ce film, ainsi que l’annonce de son naufrage au box-office américain, le voir en plus en version française 3D (car pas le choix, merci Pathé!) ne semblait pas la meilleure occupation de mon temps libre. Et pourtant, j’étais loin de me douter de la surprise qui m’attendait.

Il faut dire aussi que j’entretiens des rapports conflictuels avec le cinéma de Alex Proyas, ayant vénéré ce réalisateur dans les années 90 le temps de deux films fulgurants et totalement géniaux, à savoir The Crow (d’après le comic de James O’Barr), ainsi que son chef d’oeuvre: Dark City. Depuis, l’homme a donné peu de nouvelles, galérant pour monter ses films et se retrouvant accolé à des projets impersonnels (I, Robot, Knowing) sur lesquels il n’avait aucun contrôle final; ce que j’ai fini par comprendre en lisant les bonnes interviews.

C’est d’ailleurs grâce à Mad Movies que Gods of Egypt a fini par susciter ma curiosité, le mythique magazine français vantant un spectacle généreux avec une profondeur inattendue, le défendant même pour ses partis-pris esthétiques extrêmes et la futilité des attaques de différents médias et associations condamnant vertement son casting en majorité caucasien. Ce qui ferait presque sens au final, Gods of Egypt étant bien des choses mais certainement pas un film historique.

Après 127 minutes de folie visuelle, je dois bien reconnaître  que le nouveau film de Proyas est une incroyable montagne russe émotionnelle qui revendique jusqu’au bout son aspect divertissant tout en réservant de sacrées surprises scénaristiques, osant raconter plusieurs histoires en parallèles sans se perdre en route, ni oublier de tirer parti de son excellent casting.

Alors oui, niveau diversité culturelle, c’est un peu le minimum syndical, entre deux ou trois actrices métissées (dont Elodie Yung en Hathor) et un noir américain (Chadwick Boseman en Thot) pour les personnages principaux, mais sinon, le film est loin d’un blockbuster décérébré et cite sa mythologie égyptienne sans trop se tromper, allant même chercher des mythes que seuls les férus d’histoire connaissent.

Rendant hommage à sa façon au premier Clash of the Titans (celui de 1981, par le navet et sa suite avec Sam Worthington!) en se révélant d’une étonnante noirceur, tout en gardant une certaine cohérence dans sa démesure, le film de Alex Proxas ne pêche finalement que par sa trop grande générosité visuelle, en donnant presque trop, provoquant par moments une indigestion d’informations (qui plus est en 3D) pour le spectateur.

Il faut quand même parler des deux dieux qui s’opposent dans le film, car ils ne déméritent pas. Dans le rôle de Seth, Gerard Butler (300) n’est pas juste malfaisant, il est surtout rongé par sa relation impossible avec son père (Geoffrey Rush jouant Rê), dieu des dieux et figure à abattre pour enfin pouvoir s’affirmer dans l’univers. Encore plus que le Loki des productions Marvel, Seth est un dieu qui souffre d’un manque de reconnaissance quasiment maladif, ce que Butler excelle à démontrer par sa colère rentrée.

Quand à la performance de Nicolaj Coster-Waldau (Game of Thrones) dans le rôle de Horus, elle se démarque lentement sur la longueur du métrage, distillant aux moments les plus anodins une infinie mélancolie qui termine de nous réconcilier avec l’annonce incrédule de sa participation au film. Il est juste parfait et sa performance sera un jour considérée comme une évidence.

Je dois également citer la magnifique idée que représente toute l’histoire en fil rouge entre Bek, le jeune voleur accompagnant Horus (Brenton Thwaites) et sa bien-aimée Zaya (Courtney Eaton de Mad Max: Fury Road), perdue dans le royaume des morts suite à une flèche reçue en plein cœur de la part de Urshu (Rufus Sewell, son ancien maître et bras-droit de Seth. Leur histoire d’amour donne beaucoup de sens à la quête principale, donnant un parallèle fascinant avec les actions des autres dieux.

Vous l’aurez compris, Gods of Egypt est un film qui mérite d’être réévalué à la hausse, mais pour cela, il faut surtout que les gens le voient, ce qui ne devrait pas tarder avec son actuelle sortie physique. Ne reste plus au temps qu’à faire son travail.

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