X-MEN: APOCALYPSE DE BRYAN SINGER (PREMIERE PARTIE)

Beaucoup de spectateurs ne vont pas aimer X-Men: Apocalypse, pourtant, à la différence du récent Captain America: Civil War (qui ne tient même pas les promesses de son titre), le dernier film de Bryan Singer remplit son cahier des charges haut la main, offrant deux apocalypses pour le prix d’une, le sous-titre étant également le nom du vilain.

Avant de commencer, il faut que l’on se mette d’accord sur une vérité importante, à savoir que X-Men: Apocalypse (tout comme Captain America: Civil War et Batman v Superman: Dawn of Justice) n’est pas un bon film. Contrairement à ce que l’on essaie de nous faire croire depuis une petite vingtaine d’années, un film de super-héros qui rencontre le succès n’est pas forcément un bon film. Il peut l’être, mais ce n’est généralement pas le cas. On peut même avancer l’idée que les films de super-héros les plus populaires sont rarement de bon films, comme en attestent des purges comme Iron Man 3, The Dark Knight Rises, Deadpool  ou encore les deux franchises Spider-Man (à l’exception de celui avec Alfred Molina).

Pour ce qui est de Bryan Singer, déjà responsable de X-Men (2000), X-Men 2 (2003), X-Men: Days of the Future Past (2014), cette théorie s’applique encore mieux que pour d’autres. Reprenons depuis le début, voulez-vous bien? Son premier X-Men a ravi tout le monde à une époque où l’on pensait que c’était juste impossible de faire un film sur une équipe de super-héros. Les costumes étaient moches mais le casting tenait du génie. Avec X-Men 2, Singer plaçait la barre encore plus haut et, même s’il s’attardait trop sur Wolverine, offrait son meilleur travail. Ce n’étaient pas à proprement parler de bons films, sur-écrits, confus, outrageusement axés sur certains personnages, en oubliant d’autres laissés à l’arrière-plan, ça plus de multiples soucis narratifs créant confusion et frustration chez le spectateur.

Abandonnant le troisième volet de la franchise (le très décrié The Last Stand de Brett Ratner) pour aller réaliser le remake inutile Superman Returns, Bryan Singer revient en 2014 avec Days of the Future Past (suite du rafraîchissant First Class de Matthew Vaughn se passant une décennie plus tôt). Malgré son casting surchargé et une histoire qui ne tient (une fois de plus) pas ses promesses par rapport aux comics, Days of the Future Past remporte une adhésion forte grâce au personnage de Quicksilver et au retour inespéré du casting original. C’est un bordel sans nom mais au combien satisfaisant.

J’ai envie de dire que c’est la même chose avec ce X-Men: Apocalypse. L’histoire est une fois de plus un prétexte pour mettre en scène des individus fascinants par leurs personnalités et leurs pouvoirs, tout le côté politique et social autour des mutants étant soit occulté, soit assimilé (les combats clandestins organisés par des gangsters) au travers de quelques dialogues. Ce n’est pas plus mal, les précédents films se répandant assez sur la détestation de l’humanité envers les protégés du professeur Xavier.

Bon, l’histoire. Le film commence par un flashback au Caire montrant l’auto-proclamé dieu Apocalypse se faire enterrer vivant dans sa pyramide par sa propre garde. Qu’on puisse se retourner aussi violemment contre le seul pharaon ayant des pouvoirs divins m’échappe un peu mais passons. Refaisant surface au Caire au début des années 80, Apocalypse, visiblement immortel, doit remplacer ses quatre Cavaliers (oui, ce serait lui à l’origine du récit biblique). Pour cela, il recrute (littéralement) les premiers mutants qui croisent son chemin (Storm, Psylocke, Angel et Magneto), afin de remodeler le monde à son image.

S’inspirant d’une des premières apparitions du vilain dans une histoire des années 80 publiées dans la série X-Factor (mettant en scène le retour des cinq premiers X-Men), Apocalypse (joué par Oscar Isaac, le Cameron Poe de Episode VII) est, une fois de plus, un vilain factuel qui ne réussit jamais à emporter l’adhésion du public, son personnage accumulant tout les stéréotypes du méchant omnipotent et imbu de sa personne.

Parlons un peu de ses Cavaliers de l’Apocalypse. Dans les comics, ils connurent quatre incarnations différentes. Seul Angel correspond au film, les trois autres étant des variations inspirées des autres incarnations (plusieurs X-Men ayant été faits Cavaliers). Il est d’ailleurs amusant de constater que le personnage de Caliban dans le fim (le passeur de mutants) est un clin d’œil à l’un de ces Cavaliers.

Ce qui est moins drôle, c’est le traitement narratif des personnages. Si Magneto a droit à un traitement digne de ce nom (Michael Fassbender n’étant pas là pour faire de la figuration), il n’en va pas de même de Angel et Psylocke, ces deux-là étant balancés dans le film sans la moindre explication, ni même un minimum d’introductions. A croire qu’ils ne sont là que pour les scènes de combat (le money-shot de la voiture coupée en deux par Psylocke), subissant le même triste sort que bon nombre de personnages éphémères (Colossus, Bishop, Madrox, Warpath, Solar, Blink, etc.) de la franchise X-Men au fil des années.

La seule à s’en tirer (façon de parler) est Ororo/Storm (Alexandra Shipp) qui a droit, Caire oblige, à une courte introduction ou on la voit voler maladroitement dans un marché (alors qu’elle est censée être une cleptomane de génie), ce qui en dit long sur la méconnaissance du personnage. L’ajout de cette scène semble n’avoir qu’un seul but, justifier son comportement à la toute fin du film.  On s’en contentera.

Par contre, le traitement de Jubilee (déjà coupée au montage dans X-Men 2) est totalement scandaleux, comme si ce personnage n’allait jamais être utilisé, ne servant que de bouche-trou dans la saga, un peu comme le personnage de Shadowcat (incarné par le géniale Ellen Page). A croire qu’il ne fait pas bon être la meilleure amies de Logan dans les comics (années 80 pour Kitty Pryde, années 90 pour Jubilation Lee) quand il s’agit de passer au grand écran.

TO BE CONCLUDED…

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