ELYSIAN FIELDS, LIVE AU BOURG, LAUSANNE

L’un des nombreux trucs chiants avec Le Bourg, si ce n’est le premier, c’est que pour y accéder, il faut contourner une terrasse entière de gens en train de bouffer de la viande et de boire du rouge qui tache. Inutile de dire que pour fumer sa clope ou boire une bière en attendant le début des hostilités, c’est un peu difficile, la terrasse du restaurant prenant vraiment toute la place.

Je monte donc l’étroit escalier qui mène à l’ancien cinéma et passe l’entrée, me dirigeant ensuite vers le bar. La chaleur des lieux ne me fait pas de cadeaux, d’autant qu’il y a du monde pour commander. Je rate mon tour en saluant une jolie serveuse au lieu de lui balancer ma commande, puis me dirige en direction de la salle.

Il n’est pas encore 22:oo mais c’est déjà plein. Je pensais rester debout la scène mais le staff a installé des tables supplémentaires depuis mon dernier passage, empêchant toute possibilité de se poser seul à proximité. Regardant la dernière rangée de cinq chaises derrière moi, je ne met pas longtemps à comprendre qu’elle m’est destinée, un énorme panneau avec des centaines de lampes clignotantes indiquant son utilité: spectateurs mâles non accompagnés.

Je m’assied donc près du mur avec ma bière, contemplant tout les autres couples en repensant à ma copine, retenue à la maison par ses chères études. Je croise une vieille connaissance, elle est avec sa copine. On discute deux minutes puis la laisse retrouver ses amies. Confiné au fond de cette salle, je sors machinalement mon téléphone pendant que la sono, en attendant Elysian Fields… passe du Elysian Fields?! On croit rêver. D’ailleurs, je me demande bien si je ne suis pas en train de faire un mauvais rêve. Bordel, à peine arrivé, j’ai déjà envie de partir.

Jennifer Charles, Oren Bloedow et le reste du groupe arrivent sur scène avec un petit quart d’heure de retard (une éternité quand on est seul dans cette salle). Les New Yorkais ont fêté il y a peu leurs vingt ans d’activités. Ils ont également sortit cette année un nouvel album intitulé  »Ghosts of No » qui ne s’éloigne guère de ses précédents opus, ni même des tout premiers, le groupe continuant à distiller une musique mélancolique et sombre faite de murder ballads, d’histoires d’amours avortées et autres joyeusetés de la vie.

Comme je vais pouvoir le constater ce soir, Elysian Fields se sont lentement mais surement mués en formation jazz, ce qui était déjà un peu le cas à ses débuts mais qui a prit tout son sens avec les années, Jennifer Charles n’étant plus cette vamp incendiaire tutoyant la mort de l’époque  »Bleed Your Cedar » ou encore  »Queen Of The Meadow ».

 »Ghost Of No » n’étant pas encore distribué Suisse, il m’aura été impossible de l’acheter avant le concert, devant l’écouter sur internet en attendant de pouvoir le recevoir dans ma boite aux lettres.

Il me semble quand même avoir reconnu  »Birds In Your House »,  »Misunderstood »,  »Cost Of Your Soul » ainsi que, et c’est une certitude, le morceau éponyme  »Elysian Fields » qui s’est avéré aussi fascinant que déroutant.

Malgré tout, je dois émettre quelques réserves, car si la voix de Jennifer Charles est toujours aussi envoûtante, elle a un peu perdu de son côté vénéneux avec le temps, son timbre de voix ne redevenant vraiment suave que quand elle s’adresse au public pour introduire les morceaux, nous suggérant ainsi de boire afin de mieux apprécier leur musique. Une devise que j’ai toujours mise en pratique depuis que je les connais, terminant ma bière sur ces paroles.

Pour ce qui est de Oeren Bloedow, le problème semble ailleurs. Le multi-instrumentiste (et second compositeur avec Jennifer Charles) ne semble pas totalement à son affaire ce soir, jouant passablement faux, que ce soit sur ses guitares ou sur son piano.

S’en rendant compte, son ancienne compagne (car ils ont été un couple avant de n’être que partenaires) s’approche de lui pour le caresser ou lui frôler tendrement les épaules. Il y a toujours une forme d’amour très forte entre eux, c’est une évidence.

Le concert se termine après une petite heure. N’en pouvant plus, je me lève pour quitter la salle, ratant volontairement les rappels pour retrouver les rues de Lausanne, rentrant chez moi en ce samedi soir alors que la moitié de la ville est dehors à s’amuser et à boire. Arrivé à la maison, je constate que ma copine s’est endormie. J’allume donc mon ordinateur pour en finir avec ce concert, sachant déjà que je n’aurai pas le cœur d’y revenir plus tard. C’est chiant de vieillir.

http://www.elysianmusic.com/index2.html

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