BIRDMAN DE ALEJANDRO GONZALEZ INARRITU

Après la douche froide qu’aura représenté The Revenant, revoir le précédent film de Alejandro Gonzalez Inarritu prend soudainement une toute autre dimension, les propos du réalisateur au moment de sa promotion apparaissant désormais clairs comme de l’eau de roche.

Car Birdman, malgré toutes ses qualités (la principale étant la remise en perspective d’un très grand acteur perdu de vue depuis bien trop longtemps) est un film puant de prétention et de mépris.

Sa prétention première est bien de vouloir déconstruire le mythe du super-héros en racontant le come-back théâtral (à tous les sens du terme) d’une ancienne vedette de cinéma, prenant évidemment Michael Keaton pour nous pousser à payer notre place de cinéma afin d’aller assister à son retour en grandes pompes. Ses autres prétentions sont ensuite de vouloir jouer avec les codes du genre sans les connaître, empruntant ici et là en se la jouant esthète mais n’arrivant au final qu’à donner une vision déformée d’un genre ultra codé et faussement simpliste.

Quand au mépris, il vient d’abord du réalisateur. On l’a vu avec la cérémonie des Oscars, Inarritu et son équipe sont une belle bande de snobs égocentriques. En relisant les interviews d’époques, on se rend comte que le réalisateur mexicain méprise totalement le genre super-héros, ignorant tout de ce qui fait son charme. On apprend également qu’il s’est servi de l’image de Michael Keaton pour son film, ce dernier devant plus tard se défendre des très visibles analogies du film avec les Batman de Tim Burton.

Au final, cela donne un faux film de super-héros par un réalisateur détestant le genre et un acteur dont le destin, même s’il s’en défend, ressemble étrangement à celui de son personnage. Certes, Birdman offre un come-back poétique au grand Michael Keaton (et permet enfin de constater que Emma Stone, quand elle ne joue pas dans Spider-Man, est une grande actrice) mais c’est Edward Norton qui vole le film en jouant un superbe connard, autre preuve du mépris de ce projet, le réalisateur ne croyant même pas à son acteur principal et essayant de remonter le niveau général avec un autre.

Heureusement, Micheal Keaton demeure suffisamment fou et génial pour emporter le dernier mot, ce qui est bien la seule victoire de ce triste film qui désormais ne vaut plus toute la hype qu’il a suscité à l’époque.

Déconstruction du mythe? Certainement pas. Escroquerie cinématographique serait plus approprié.

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