LE CERCLE DU SUICIDE DE USAMARU FURUYA

Usamaru Furuya, en activités depuis 1994, signe Le Cercle du Suicide en 2002, revenant à son thème de prédilection favori, à savoir les lycéennes. Travail de commande, ce manga est en fait l’adaptation du scénario de Suicide Club du réalisateur Sono Sion.

Véritables objets de fascination de la société japonaise, pour le meilleur mais surtout pour le pire, les lycéennes représentent tout un tas de choses pour la société nippone, allant du culte des études et de l’effort aux fantasmes les plus tordus qu’il est possible d’imaginer. Il n’y a qu’à voir leur représentation dans la culture japonaise, omniprésentes qu’elles sont dans la publicité, le cinéma, les séries télévisées, les jeux vidéos, la musique, l’animation ou encore les mangas.

Comme pas mal de ses contemporains mâles japonais, Sono Sion n’a pas la prétention de savoir ce qu’il se passe dans la tête de ces jeunes filles, n’étant qu’un homme fasciné par ce qu’elles représentent collectivement. Et comme il est également au fait de l’actualité de son pays, il sait que le taux de suicide chez ces dernières est particulièrement haut. Expatrié à San Francisco et s’ennuyant sévère, il déprime carrément en écrivant son histoire.

De retour au Japon, il contacte le mangaka Usamaru Furuya et lui soumet son projet. Grand spécialiste des histoires de lycéennes, ce dernier trouve le script navrant et refuse catégoriquement d’illustrer le tout. Après quelques discussions enflammées, il finira par accepter la commande à condition de pouvoir tout réécrire à sa manière.

L’histoire, qui se passe le 31 mai 2001, raconte le suicide de cinquante-quatre lycéennes se jetant main dans la main sous un train en gare de Shinjuku.

Je n’ai pas de véritable avis sur ce court manga (170 pages), mais il s’en dégage une tristesse sidérale, ainsi qu’une justesse d’analyse qui pourrait presque être applaudie si elle n’était pas l’oeuvre d’un artiste masculin. Ce qui n’enlève rien à la sensibilité très féminine de Usamaru Furuya, visiblement très au fait du mode de fonctionnement de ce microcosme unique au monde.

Une lecture que je recommande fortement en complément du film de Sono Sion.

http://www.casterman.com/Bande-dessinee/Collections-series/sakka

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