GREEN DAY  »!UNO! »,  »!DOS! »,  »!TRE! »,  »!QUATRO! »

Je reviens à cette chronique de 2012 sur la trilogie musicale de Green Day, n’ayant pas vraiment critiqué le contenu à l’époque, trop occupé que j’était à tenter de défendre le groupe qui se faisait attaquer de toutes parts du fait de ces trois sorties (quatre en comptant le dvd making of) rapprochées dans le temps.

Depuis le début de leur carrière discographique en 1990, il a toujours été de bon ton de mépriser Green Day pour des raisons aussi absurdes que le fait qu’il puisse passer sur MTV ou que ses singles tournent en boucle sur des radios à la programmation détestable. Green Day a souvent été représenté comme le groupe de rock qu’écoutent les gens qui n’écoutent pas de rock. C’est un peu réducteur. Il faudrait déjà ne pas oublier que ces trois gars, Billie Joe Armstrong, Mike Dirnt et Tré Cool, aujourd’hui épaulés par Jason White, sont ensemble depuis 1986 ans et n’ont jamais vraiment trahi leur public, à la différence de  »véritables groupes punks » qui se sont comportés comme les derniers des bâtards avec leurs propres membres ou personnel. Et oui, j’ai quelques exemples mais ce n’est pas le propos.

On le sait, Green Day s’inspire de groupes comme The Replacements, Hüsker Dü, The Who, entre autres.  Mais depuis quand est-ce un problème de sonner comme des groupes de référence? Pour les snobs et la police du rock, ces gars seront toujours suspects. Et le fait qu’ils s’étiquettent eux-mêmes punk-rock (alors qu’ils sont signés sur une major) les rend encore plus détestables. Sauf que… c’est leur style de musique. Alors oui, il y a de la pop en quantité dans leur musique, mais il y a également une urgence et une rapidité d’exécution qui ne se retrouve que dans le punk-rock. En acceptant déjà le fait que des américains puissent pratiquer une musique dite  »européenne », il n’y a qu’un pas pour admettre que trois californiens puissent pratique le punk-rock et s’en revendiquer un quart de siècle plus tard.

La publication de ces trois albums en l’espace de quelques mois est une bonne façon de comprendre pourquoi Green Day demeure un groupe de rock hautement fréquentable et éminemment sympathique pour les fans de Bad Religion, Offspring, Rancid et autres Distillers.

Même si tout n’est pas génial dans ces trois albums (37 chansons quand même), il y a un nombre de grands morceaux assez considérable à se mettre dans les oreilles, des singles surprenants et bon nombres de pépites cachées dans chacun des trois disques. Pour ce qui est du premier, très festif et sans prise de tête, je retiendrai des morceaux tels que  »Stay The Night »,  »Carpe Diem »,  »Let Yourself Go » et  »Nuclear Family », le single  » Oh Love » ne passant pas du tout (probablement à cause de ce clip de merde avec des top-models).

Avec le deuxième album, c’est un peu les limites du projet qui commencent à se révéler, parce que si on réfléchis bien, un groupe de rock à souvent un tri à faire entre une trentaine de chansons pour en sortir une douzaine sur un unique album. C’est donc le souci ici avec des titres un peu cache-misère, d’honnêtes b-sides et quelques vrais titres comme  »Lazy Bones »,  »Makeout Party »,  »Lady Cobra » ou encore le très rétro  »Stray Heart ». Mais l’album souffre vraiment de titres faibles et je le zappe toujours un peu quand je le réécoute maintenant.

Plus accrocheur et frondeur (dans la veine de  »American Idiot »), le troisième et dernier opus a ma préférence, je le trouve d’une belle profondeur et Billie Joe n’a jamais aussi bien chanté. Il suffit d’écouter des titres comme  »Missing You »,  »Dirty Rotten Bastard »,  »X-Kid »,  »Walk Away » ou encore  »Sex, Drug & Violence ». Bon, on frôle l’overdose à écouter ces skuds à la suite, surtout que les ballades n’aident pas à digérer le tout (ouais, j’arrive pas trop à encaisser le côté sensible de Armstrong, sauf si le refrain explose juste après). Les fans sont plus ou moins d’accords de reconnaître qu’on aurait pu se passer d’un des trois albums et que cela aurait donné un double d’enfer. Mais voilà, l’idée était de balancer trois albums la même année, pas de trier parmi ses enfants. Une attitude assez punk-rock, même si on a le droit de penser que c’était un moyen désespéré d’amasser un maximum de billets verts, car c’est vrai que Green Day est un groupe qui crève la dalle.

Depuis la sortie de cette triplette, de l’eau a coulé sous les ponts. La sortie d’un album de démos ( »Demolicious » pour le Record Store Day) a donné de l’eau au moulin des détracteurs du groupe, mais pas plus que pour l’adaptation à Broadway de  »American Idiot » ou le concert de 60000 personnes à Londres, parce que c’est bien connu comme rengaine, jamais aucun groupe de punk-rock ne s’abaisserait à être aussi populaire.

On ne peut que se réjouir d’un tel groupe et l’on ne viendra pas se plaindre de son côté fédérateur, il est juste à la base de ce que doit être le rock des années 2000, aujourd’hui plus que jamais. Nous avons besoin de Green Day et il y a fort à parier que leur prochain album (à paraître en 2016) en fera danser plus d’un dans la police du rock. Bande de salopes.

http://www.greenday.com/

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