THE LEAGUE OF EXTRAORDINARY GENTLEMEN DE STEPHEN NORRINGTON

 

Adaptation scandaleuse et dégueulasse d’un puissant chef d’œuvre de la bande-dessinée britannique (par Alan Moore et Kevin O’Neil). Et je devrais m’arrêter là…

Ce film de super-héros victoriens aseptisé demeure pourtant étrangement fascinant, en grande partie par son casting. Peta Wilson (qui n’a plus fait grand chose depuis) y est exemplaire en Mina Harker, même si les réécritures de la production en ont faite une vampire sexy (tout le contraire de la Mina austère, secrète et formidablement autoritaire). Sean Connery, lui est totalement à côté de son personnage de Alan Quaterman, normalement opiomane mais ici présenté comme un vieux héros à peine fatigué. Et faut-il encore citer le gigantesque Tony Curran en gentil homme invisible et non pas l’assassin sadique de la bande dessinée?!. Allez plutôt checker la filmographie de Curan, vous ne connaissez que lui! Vous l’aurez compris, le casting principal est ici magnifié pour en faire de véritables héros et non pas le groupe de losers magnifiques de la série d’Alan Moore et Kevin O’Neil.

Je pourrai aussi parler de l’ajout inutile de Tom Sawyer pour le marché américain et l’utilisation maladroite de Mr Hyde, qui aurait fait un monstre cannibale du meilleur cru si on avait quelque peu respecté la force bestiale de son personnage. Même Nemo parait humain dans ce film, alors qu’en réalité c’est le dernier des sociopathes misanthropes, un homme rongé par sa réclusion en mer et dont les agissements ne sont motivés que par son terrifiant code d’honneur.

Mais restons positif.

Bien que prenant son sujet par dessus la jambe, le film se doit d’être vanté pour ses costumes flamboyants, ses décors gothiques (limite steampunk) et quelques machines extraordinaires qui font énormément pour masquer le vide intersidéral de l’ensemble et le négationnisme total de l’œuvre originale (publié par le défunt label ABC Comics et désormais chez DC)

La force  ridicule de cette entreprise improbable, c’est que le produit final tient suffisamment la route (comme Constantine ou V for Vendetta, deux autres beaux ratages) pour que l’on ne se rende pas compte du grand film qu’il aurait pu être.Après tout, une équipe de justiciers (tous plus charismatiques les uns que les autres) unis contre un ennemi commun, c’est un peu le sel de tout les films de super-héros et le pourquoi de leur succès.

On ne peut même pas parler de film malade dans ce cas (à l’inverse de Tank Girl que j’adore malgré ses défauts évidents ou The Spirit, ce dernier étant si totalement raté que l’on se demande si ce n’est pas un fait exprès…) car l’essence même des personnages ne semble pas avoir été reprit par la production. Nous avons donc ici simplement droit à la traduction cinématographique grand public d’une œuvre dont visiblement personne ne s’est donné la peine de lire.

Et ça, c’est moche.

Car les aventures improbables de ces individus tourmentés et n’ayant absolument rien à faire ensemble aurait largement valu la peine d’êtres racontées sur grand écran. Peut-être la prochaine fois.

En attendant que je revienne sur le sujet au travers d’un dossier analysant de plus près la série de comics, allez donc déjà jeter un œil sur cette oeuvre singulière, qui plus est également disponible en version française chez Delcourt.

 

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