PATHFINDER DE LAETA KALOGRIDIS ET CHRISTOPHER SHY

Cover for Pathfinder (Dark Horse, 2006 series)

Avril 2007. Pathfinder sort sur les écrans internationaux. C’est un échec commercial cuisant. Artistiquement, il s’avère pourtant d’une beauté irréelle, devenant instantanément culte.

Le film raconte comment un jeune indien (Karl Urban dans son rôle le plus sensible) se retrouve opposé à une invasion viking menée contre son peuple, les combattant sur son terrain avec leurs propres armes, étant en fait un des leurs.

Ce second long-métrage de Marcus Nispel, à l’image du reste de sa filmographie, demeure quelque peu bancal avec son histoire simpliste et ses rebondissements parfois tirés par les cheveux.

Difficile d’en vouloir à son acteur principal qui n’avait pas encore gagné ses galons de héros et la respectabilité qui va avec (ce qui allait arriver peu de temps plus tard avec Doom, suivie de sa puissante interprétation de Dredd dans le film du même nom).

Néanmoins, jamais depuis Conan The Barbarian on n’avait aussi bien représenté l’univers de l’heroic fantasy cher à Frank Frazetta au cinéma.

Pathfinder, malgré ses défauts, respire l’amour du cinéma épique, magnifié par une direction artistique grandiose et des décors incroyables renvoyant autant à Dance With Wolves de Kevin Costner qu’à The 13th Warrior de John McTiernan.

La préface de Marcus Nispel en forme de note d’intentions est en soi une belle déclaration d’amour au cinéma:  »… et tant pis si le film s’est ramassé au box office, il reste au moins ce graphic novel! » Le message à au moins le mérite d’être clair.

Ce trade paperback de 2006 (disponible neuf pour presque rien sur Amazon et en première édition qui plus est) est adapté par Laeta Kalogridis et splendidement peint à l’acrylique par Christopher Shy, ce dernier travaillant avec l’assistance du numérique.

Le bouquin mérite une acquisition pour deux excellentes raisons. Premièrement, de par son immédiate beauté plastique, chaque case étant un tableau à elle toute seule. Ensuite, car il nous offre une vision parallèle et totalement fascinante de ce qu’aurait pu être le film s’il avait été une oeuvre d’animation ou un film d’art et d’essai.

Alors oui, le script est ici réduit à sa plus simple expression et les dialogues sont rares, mais la puissance des non-dits se révèle page après page pour transformer la lecture en véritable trip chamanique.

Christopher Shy est évidemment la grosse affaire de cette entreprise. Peignant à l’acrylique dans un style photo-réaliste hanté (renvoyant au maître Frazetta et à ses superbes couvertures de pulps), Shy ne souffre que d’un seul défaut, son recours à la palette graphique qui le fait réutiliser plusieurs fois certaines images. principalement des visages et des corps qu’il s’amuse à changer de taille ou de sens. Un œil exercé pourra s’énerver de ce genre de facilité, avant de se rappeler que certains parmi les meilleurs dessinateurs de comics y ont eu également recours durant leurs carrières. Cela ne gâche en rien ses superbes fresques qui font de Pathfinder une expérience visuelle saisissante.

Pour terminer, il faut ajouter que ce trade paperback est publié par Dark Horse Comics (Sin City, Concrete, Nexus, Grendel, Hellboy, Conan the Barbarian, Umbrella Academy, The Goon, Aliens, Predator, etc.) objectivement l’un des meilleurs éditeurs indépendants de comics américains.

 

http://studioronin.com/Public/inproduction.html

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