KAS PRODUCT, LIVE AUX DOCKS, LAUSANNE

C’était au joli mois de mai 2015, les vieux de la Dolce Vita étaient de sortie pour célébrer les trente ans de leur club défunt (devenu espace auto-géré depuis) au travers d’un livre massif édité par L’Age d’Homme et une soirée dont le point d’orgue serait le concert du duo darkwave français de KaS Product.

Première étape, un passage obligé par l’Espace Arlaud à la place de la Riponne pour l’exposition des meilleurs clichés du livre de l’association 30 r. du Dr César Roux,  »Dolce Vita, A Music Club », un bon gros pavé noir de 240 pages à la tranche jaune et qui pèse son poids.

Puis direction la salle des Docks où nous accueille Francis aux platines, l’ancien fondateur de Disques-à-brac et de Score mixant des classiques de l’époque. Un peu stressé par ses vieux copains qui lui réclame des disques sans discontinuer, il continue vaille que vaille avant que les lumières ne s’éteignent enfin.

Tandis que la silhouette longiligne de Spatsz s’installe derrière son synthétiseur en forme d’usine (ouais, dur à visualiser si on connait pas l’instrument en question), celle tout aussi fine de Mona Soyoc se faufile sur scène pour prendre place derrière un rideau blanc rétro-éclairé, tandis que les premiers accords de  »Lonely Devil » rugissent dans la salle hypnotisée. La belle finit par sortir un cran d’arrêt de sa poche, commençant lentement à taillader le rideau devant elle pour finir enfin par surgir devant nous dans toute la splendeur de sa cinquantaine rayonnante, sa voix de chanteuse de jazz étant toujours aussi incroyable un quart de siècle après la mise en sommeil du groupe.

Communiquant de près avec le public des Docks, Mona Soyoc ne va pas prendre bien longtemps pour le mettre dans sa poche, KaS Product enchaînant avec  »Breakloose », puis  »One Of The Kind » ou encore  »Underground Movie » et  »The End Of Submission ».

Légendes vivantes de la scéne goth exagonale, le groupe n’en oublie pas ses quelques classiques darks, le vindicatif et sensuel »Never Come Back », la balade évanescente  »Tina Town » (ma chanson préférée de toute leur discographie!), l’explicite  »Take Me Tonight » et le furieux  »So Young But So Cold ».

Mention spéciale à  »Pussy X » en rappel durant laquelle Mona m’aura carrément fait des avances (j’étais tout devant) en feignant de me griffer, ce à quoi je lui ai répondu par la pareille. Quelle femme!

De son côté, Spatsz n’est pas en reste niveau classe absolue, portant le perfecto et la crinière comme à l’époque, il en impose derrière ses claviers et capte tout autant l’attention même en demeurant en retrait, son jeu déversant son lot de mélodies désormais cultes pour trois générations confondues.

Mais revenons à la belle Mona Soyoc, car elle aura fait assez fort ce soir pour nous divertir. Qu’elle maniait plutôt bien le cran d’arrêt, on en avait eu la preuve en début de concert. Son usage d’un pistolet (chargé à blanc mais quand même, j’ai récupéré une douille du coup!) en a effrayé plus d’un(e) mais pas autant que les détonations au dessus de nos têtes. En comparaison, son emploi d’un mégaphone fut presque une formalité. Mais le clou du spectacle (mise-à-part la fête qu’elle fit aux membres fondateurs de la Dolce) fut sans conteste sa disparition dans le public pour aller se chercher une bière au bar au fond de la salle, revenant par le même chemin pour la déguster sur scène.

Terminant sur  »Gift Of The Gods » du meilleur effet, KaS Product laissera un souvenir inoubliable aux Docks et il y a fort à parier que les trois seuls albums du groupe auront été redécouverts durant les heures et les jours qui ont suivis.

Abandonnant ma copine, ma belle-maman (ouais, elle assure, hein?!) et une blonde canadienne sur le dance-floor, tandis que DJ Mandrax et ses copains invoquent les fantômes des heighties, je sors prendre l’air et finit par terminer ma réserve de cigarillos en refaisant le monde avec mes copines. Je n’ai connu que les dernières années de la Dolce Vita mais, ce soir en particulier, elle me manque plus que jamais.

N’est-ce pas, Christine?

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