CAPTAIN AMERICA: CIVIL WAR (CONCLUSION)

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Bon sang, quatre parties pour venir à bout de Captain America: Civil War… Moi qui pensais m’en tenir à un seul article bien long, je me retrouve à passer ma soirée (et une partie de la nuit) à parler de ça! Je crois que depuis Deadpool et Ant-Man (et encore, ce sont de joyeuses séries b), je n’avais jamais ressenti une telle frustration suite à un film de super-héros. Sortir de la salle avec ce sentiment palpable que cela aurait pu être immense et qu’au final tout s’est écroulé comme un château de cartes. Pour être juste, parce que je me fiche bien de Deadpool et Ant-Man en l’état, une amertume similaire doit bien remonter à Green Lantern, voir à Dark Knight Rises, deux productions DC/Warner qui ont complètement échoué à sublimer leur concept original

Dans un premier temps, on pourrait blâmer la malédiction du troisième film. Quand on y regarde de plus près, Spider-Man 3, X-Men: The Last Stand, Superman 3, Batman Forever, Iron Man 3 ou encore Blade Trinity sont bien en dessous des précédents films de leurs franchises respectives.Mais non, parce qu’au final, si on est un peu critique et cinéphile, on se doit d’admettre que la majorité des adaptations de super-héros ne sont simplement pas de bons films. Il y a juste parfois de magnifiques exceptions.

Et ce qui me fait le plus pester, c’est que Captain America: The First Avenger et Captain America: The Winter Soldier étaient de merveilleuses exceptions (encore plus que les deux premiers Iron Man ou les Batman de Tim Burton). De vrais films divertissants, bien écris, joués et filmés, qui plus est avec de la profondeur.

Soyons réalistes une minute. Cela fait plus de quinze ans que le genre est devenu véritablement populaire, incitant différents studios à nous bombarder de films les uns après les autres. Il semble raisonnable de penser que le marché finisse un jour par se saturer et que le public se désintéresse des super-héros comme il s’est désintéressé des féeries aquatiques ou des westerns. Pour l’instant, nous sommes encore dans un âge d’or où chaque sortie semble attirer énormément de spectateurs (la plupart du temps en tout cas). Mais les studios, motivés par le profit plus que par la beauté du cinéma, pensent que cela ne va pas durer et qu’ils doivent donc produire un maximum de films en un minimum de temps afin d’exploiter le filon jusqu’au bout, au risque de l’épuiser. Et c’est peut-être là le vrai danger, parce que si on n’avait pas fais une overdose de westerns à une époque, on en aurait encore chaque année et pas seulement lorsque cela revient à la mode grâce à un réalisateur passionné.

Il y a encore cinq ans, jamais on n’aurait profité de Captain America pour en faire en partie un film de The Avengers. Jamais on n’aurait introduit des personnages aussi importants que le nouveau Spider-Man ou Black Panther ailleurs que dans leurs films respectifs. Mais c’était il y a cinq ans. Avec le cahier des charges de Marvel (sans oublier les franchises possédées par Fox et Sony) pour les quatre prochaines années, ce n’est pas moins d’une quinzaine de films au bas mot qui vont débouler sur les écrans. Sans compter la Distinguée Concurrence qui s’est réveillée (un peu tard?). Et n’oublions pas les séries télévisées, qui participent également activement à cette future overdose qui pourrait arriver plus vite que prévue. Mais je digresse. Revenons au film et plus particulièrement à ses deux réalisateurs.

Responsables du précédent Captain America, les frères Russo ont essayé une fois de plus de faire le maximum (bien que sans génie, leur façon de filmer est très maîtrisée, sans véritable style, empruntant aux blockbusters et se montrant redoutablement efficace) mais au vu du nombre de personnages et de toutes les histoires s’entremêlant, cela semblait perdu d’avance. Du coup, ils ont semble-t-il opté pour un festival d’action et de fan-service, mettant en scènes un scénario faussement complexe et véritablement invraisemblable, un peu comme dans les comic-books en somme. C’est en tout cas ce qui ressort après deux visionnages et la lectures de quelques interviews des principaux intéressés.

Le souci, c’est que nous ne sommes plus en 1980 et que les comics, même quand ils sont mal écrits (ce qui arrive encore), parviennent à être plus cohérents et addictifs que ce film. Et quand ils sont très bien écrits (ce qui est plus souvent le cas), ils sont carrément inadaptables, si ce n’est par la magie de séries Netflix, comme l’ont prouvé, contre toutes attentes, Daredevil et Jessica Jones ces deux dernières années.

Il y a des choses formidables dans Captain America: Civil War, des performances d’acteurs et d’actrices éblouissantes, ainsi que des moments d’action jusqu’alors inédits sur grand écran. Mais l’ensemble est englué dans un mauvais montage et un scénario qui n’a même pas conscience de ses partis-pris fascisants, politisant une histoire de super-héros en ne comprenant rien des véritables enjeux des personnages et du monde dans lequel ils vivent, que ce soit dans les comics ou dans l’univers cinématographique qui a été jusqu’ici si soigneusement agencé. On fait donc mine de détruire des personnages sans vraiment le dire, parce qu’il faut continuer à vendre du merchandising, des X-Box designées par Stark Industries, ainsi que des jouets représentant majoritairement des hommes forts (essayez de retrouver les figurines féminines) opposés à d’autres hommes forts. Qu’importe si parmi les héros, il y a des assassins, des traîtres ou encore des vendeurs d’armes, au final, ce sont les enfants et les adultes attardés qui auront le dernier mot.

Le meilleur exemple est Tony Stark/Iron Man, un savant fou alcoolique qui mériterait de passer devant un conseil militaire pour répondre de ses actes et qui, à la place, est adoré par des millions de personnes de par le monde, la moitié des spectateurs du film arborant les couleurs répressives et anti-démocratiques de Team Iron Man. Ou l’art de faire du divertissement avec le Patriot Act.

Cela fait froid dans le dos. Et que l’on ne vienne pas me dire que c’est un film pour les enfants (pour les avoir écoutés parler, ceux qui étaient dans la salle n’ont rien compris à l’histoire), que je vois des enjeux là où il n’y en a pas. Civil War n’est rien d’autre qu’un reflet déformé de l’actuelle course à la Maison Blanche, travesti en rollercoaster géant.

Messieurs Wilson, Barton et Lang, Mademoiselle Maximoff, vous reprendrez bien un peu de pop corn pendant votre détention indéterminée et sans jugement?!  Oui, je viens de réaliser que nos pauvres Avengers étaient détenus arbitrairement dans une prison de haute-sécurité au milieu de l’océan. Une ellipse assurément.

Je désirais encore parler des performances d’acteurs pour en terminer une bonne fois pour toute avec ce film mais je me rend compte que je n’en ai plus le courage. Il y aurait eu tant de choses à dire sur le personnage du général Ross (incarné avec force par William Hurt) et tout ce qu’il représente de dangereux pour la démocratie. Même chose avec le bureaucrate mesquin joué par Martin Freeman, bien représentatif de ces gens qui ne voient jamais le tableau en entier, même quand il est sous leurs yeux. Mais non, je laisse ça à d’autres.

J’en ai terminé avec ce film pour l’instant. Je le reverrai certainement un jour, mais pour l’instant, le simple fait de penser aux sommes pharaoniques qu’il va engranger en dépit de ses qualités très relatives, me désespère au plus haut point.

Merci d’avoir lu jusqu’au bout.

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4 réflexions sur “CAPTAIN AMERICA: CIVIL WAR (CONCLUSION)

  1. Merci à toi. J’ai corrigé pas mal de petits trucs car j’ai la mauvaise habitude de publier dès que j’ai fini et de relire plus tard. J’ai l’impression d’avoir été un peu radical par moments mais je sais que je ne suis pas le seul à penser de la sorte. Et au final, je suis persuadé que ce film passera bien mieux quand je le reverrai chez moi avec ma copine.

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