CAPTAIN AMERICA: CIVIL WAR (PARTIE 2)

Zemo donc, vieil ennemi au costume bariolé encore plus improbable que celui de Captain America. Dans le comic, c’est un baron nazi, un sbire de Hitler et du Red Skull. Surtout, on lui doit l’accident pendant la première guerre mondiale qui plongea Cap et Bucky en hibernation avec les conséquences que l’on connait. Rien de tout ça dans le film. A la place, nous avons l’impeccable Daniel Brühl (Good Bye, Lenin! et Inglorious Basterds) qui joue un ancien militaire des services secrets désirant venger sa famille, assassinée selon-lui par les Avengers en Sokovie. Wow, rien que ça.

C’est quand même une prodigieuse coïncidence que le méchant principal du film cristallise exactement ce que l’opinion publique, le gouvernement et l’armée reprochent aux Avengers! On ne pouvait pas avoir un vrai méchant pour changer?! Oh mais si, il y en avait bien un, hélas, il s’est fait exploser au début du film (détruisant au passage quatre décennies d’existence vouée au troisième Reich, ce qui a également été occulté parce qu’on en à marre des nazis). Je reviendrai plus tard sur Zemo car il y a encore des trucs à dire sur la viabilité très relative de sa vengeance.

Avant de poursuivre, je me dois de m’arrêter sur un personnage dont le traitement filmique est tout aussi aberrant, voir pire; il s’agit de Wanda Maximoff (Interprétée par la troublante Elizabeth Olsen), The Scarlet Witch. Wanda semble souffrir de quelques troubles (conséquences non soulignées de la mort de son frère jumeau) après l’accident en Afrique. Pourtant, alors qu’elle est confinée dans le quartier général des Avengers, personne ne pense à lui offrir une quelconque assistance psychologique. Aucune référence à son frère disparu n’est faite non plus. Pire, on ne lui demande même pas son avis sur les fameux accords de Sokovie (lieu des événements de Age of Ultron), lui assignant même un gardien en la personne de The Vision (Paul Bettany, inquiétant et fascinant à la fois).

Les Etats-Unis sont-ils devenus fascistes depuis le dernier film des Avengers?! On est en droit de se poser la question, parce que  Tony Stark qui retourne sa veste en pointant ses partenaires au lieu de réaliser les conséquences de ses propres actes, c’est déjà grave, mais qu’un Avenger devienne le gardien de prison d’un autre Avenger, c’est carrément monstrueux. C’est d’ailleurs cette révélation qui empêche Steve Rogers de signer les accords. Hélas, tout ça est très mal amené et les motivations de Cap passent pour de l’inconscience alors que c’est tout le contraire.

Ce qui est dommage également, et là je parle en tant que fan des comics, c’est que Wanda et The Vision sont censés développer un lieu amoureux qui les amènera à se marier, et tout cela, magnifié par une discussion qui sent bon le flirt, est totalement annihilé par les directives que l’homme synthétique a reçu, obéissant comme le domestique qu’il était avant de renaître sous une forme plus évoluée. Il y a bien des nuances qui sont faites, mais au final, ses intentions sont claires, comme le montrera l’emprisonnement final de Wanda auquel il ne réagira pas, l’abandonnant à son triste sort.

J’en viens à l’introduction de T’Challa, fils de T’Chaka, alias The Black Panther. Joué avec beaucoup de profondeur par Chadwick Boseman, ce personnage nous est présenté (en compagnie de son père et Roi du Wakanda) lors de la signature des accords de Sokovie aux Nations Unies. Une explosion dans la rue (aussi improbable que celle au début du film) se répercute dans les étages du bâtiment, tuant plusieurs personnes dont le père de T’Challa, ce qui est bien pratique pour la suite.

Un peu d’histoire. Dans les comics des années 60, The Black Panther avait incorporé The Avengers pour les espionner de l’intérieur. Ici, non seulement il n’en fait pas partie mais en plus il n’est motivé que par la vengeance (encore). Les médias accusant The Winter Soldier de l’attentat, il va donc tout mettre en oeuvre pour le tuer ; il le dit d’ailleurs texto après s’être fait arrêter en même temps que ce dernier, Cap et The Falcon.

Malgré une poursuite en pleine ville (débutée par une superbe scène de baston dans les escaliers) qui mobilise nombre de policiers et membres des forces spéciales, Tony Stark (visiblement devenu le nouveau chef de la police) réussit à empêcher l’arrestation de Steve Rogers et Sam Wilson, The S.H.I.E.L.D. ne confisquant que leurs costumes (?!) et les laissant libres dans le même lieu où se trouve celui qu’ils ont presque réussi à faire s’échapper. C’est ce qui s’appelle de la sécurité!

Mais comme si tout cela n’était pas assez invraisemblable, voilà que Zemo (qui a usurpé l’identité d’un psychologue après l’avoir assassiné) se retrouve à interroger Bucky Barnes, provoquant le réveil de The Winter Soldier en prononçant (in-extremis bien sûr) les mots-clés de son conditionnement. Alors Ok, on nous expliquera plus tard que (comme dans les comics) Zemo est un maître du déguisement, mais là, en occurrence, il s’agit juste de Daniel Brühl avec une paire de lunettes! Tout ça pour que les spectateurs le reconnaissent tout de suite et ne se demandent pas de qui il s’agit… Ouais, pas facile d’être une acteur allemand reconnu dans le monde entier, sauf par les réalisateurs du film.

L’évasion de The Winter Soldier se concluant (sans la moindre explication) par le retour de Bucky Barnes à la raison, on en arrive déjà à la fameuse scène de l’aéroport. Cela permet d’en terminer avec le personnage de l’Agent 13 Sharon Carter (plus que parfaite Emily VanCamp) et de sa romance avec Steve Rogers, les deux tourtereaux pouvant enfin s’embrasser maintenant que le premier amour de Steve (Peggy Carter, accessoirement aussi la tante de Sharon) est décédé. Oui, ça parait glauque dis comme ça, mais c’est probablement l’un des rares trucs qui fonctionne dans ce film avec quelques dialogues et situations improbables (genre tout ce qui se rapporte à la Coccinelle bleue).

On en profite enfin pour introduire Ant-Man, Paul Rudd roupillant au fond d’un van et se faisant réveiller par Jeremy Renner (Hawkeye), lui aussi de la partie après avoir sorti Wanda des pattes de The Vision (avec l’aide déterminante de cette dernière). La rencontre entre Scott Lang et Steve Rogers est un grand moment de comédie, Paul Rudd étant tellement drôle qu’on aurait presque envie de se retaper son film bien nul pour vérifier qu’on a pas été un peu dur avec lui. Bon, il est temps de mettre son costume car la bataille de l’aéroport va commencer!

A SUIVRE…

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