CAPTAIN AMERICA: CIVIL WAR (PARTIE 1)

Gros morceau que ce troisième opus de la franchise Captain America, succédant à un Winter Soldier qui réussissait l’invraisemblable pari d’être un  formidable remake déguisé de Three Days Of The Condor (de Sydney Pollack et déjà avec Robert Redford), lui-même succédant au chef d’oeuvre inaugural réalisé par Joe Johnston (The Rocketeer) et qui s’avère encore aujourd’hui (avec le premier Iron man) l’un des meilleurs films Marvel.

Rempilant à la direction, Joe et Anthony Russo semblaient le meilleur choix pour faire de ce film une apothéose cinématographique, ce qui est effectivement le cas, hélas pas pour les bonnes raisons.

J’utilise parfois le terme de film malade pour qualifier des grands films ambitieux que j’adore mais qui souffrent d’énormes problèmes narratifs ou thématiques. Dune en est le meilleur exemple, tout comme Le Pacte Des Loups ou encore Spider-Man 3, des films qui auraient pu être des bornes du genre qu’ils représentent mais qui ont été sabotés par les studios et pratiquement retirés des mains de leurs réalisateurs respectifs. Et Captain America: Civil War vient rallonger cette frustrante liste.

Avant de commencer, je dois vous avertir que cet article contient de très nombreux spoilers. Ensuite, j’ai choisi d’opter pour une critique multiple, analysant le film, son histoire et ses personnages mais également la source originale que sont les comic-books Civil War dont le long-métrage est censé être une adaptation libre. Cela à son importance, car même s’il dénature totalement la raison d’être du titre, c’est bien son traitement formel qui poste un véritable problème éthique.

Commençant après l’introduction d’une scène de meurtre fil rouge (répétée deux fois au cours du film avec des variations, façon Fusil de Tchekhov) avec le Winter Soldier (Bucky, l’ancien partenaire de Cap), le film démarre au Nigéria avec une poursuite qui fait beaucoup penser aux films de Jason Bourne, The Avengers poursuivant le méchant Crossbones (bestial Frank Grillo) et sa bande de terroristes surarmés dans un marché pour récupérer une dangereuse arme biologique. Mais avant d’en arriver là, nos héros déboulent dans un bâtiment en réglant carrément leur compte à une bonne dizaine de mercenaires, les flinguant, les atomisant ou les estropiant à vie pour certains. Jamais The Avengers n’avaient été aussi létal avec des ennemis de chair et de sang. On se croirait presque chez la concurrence s’il n’y avait pas tout cet humour de connivence dans les dialogues. La poursuite dans le marché pour retrouver le virus montre bien (sans l’admettre) la totale négligence du groupe, résultant à l’accident final du méchant (par la faute de The Scarlet Witch) explosant loin de Cap et de la foule mais dans un immeuble voisin en tuant des dizaines de civils.

Premier clin d’œil aux comics Civil War, cette scène cruciale est celle qui va plomber tout l’enjeu éthique du film. Je m’explique. Dans le comic, ce ne sont pas les agissements des Avengers qui créent cette situation mais ceux d’une autre équipe appelée The New Warriors. Pourchassant des super-criminels au travers d’une émission de télé réalité, ils provoquent une explosion monstre à proximité d’une école, créant un véritable 11 septembre à eux tout seuls. En remplaçant The New Warriors par The Avengers, les scénaristes indiquent clairement les fautifs d’entrée de jeu, changeant totalement la perspective de l’histoire, Captain America et son équipes devenant les boucs émissaires tandis que Iron Man et les autres seront les personnes responsables se rangeant du côté du gouvernement.

Pour faire passer cette pilule un peu grossière, on nous montre d’entrée de jeu un Tony Stark limite dépressif (Robert Downey Jr très convainquant et sobre pour une fois) et amère en plein show au MIT après sa rupture avec Pepper Potts (présentée comme une pause mais personne n’est dupe). Culpabilisé en coulisses par la mère d’un des nombreux dommages collatéraux des Avengers (d’ailleurs, d’où sort-t-elle? que fait la sécurité?!), il sera donc cette fois la voix de la raison, admettant sa bavure monstrueuse avec Ultron comme s’il avait plié sa voiture et râlant dans le vide parce qu’on a jeté du café dans la poubelle! S’ensuit une discussion surréaliste entre les deux factions opposées de l’équipe, étrillant au passage les Nations Unies (un comble pour un film Disney) sans rien développer de concret. Le summum étant le visionnage accusateur des différentes catastrophes mondiales auxquelles nos héros ont participé.

Parmi elle, la bataille de New York, où les Avengers ont repoussé une invasion extra-terrestre et sauvé le monde. C’est un peu comme si on montrait des images de la seconde guerre mondiale à des vétérans du débarquement et qu’on leur demandait de s’expliquer sur les pertes civiles! On croit rêver. Même chose avec les événements de The Winter Soldier. En détruisant les Hellicariers du S.H.I.E.L.D. Captain America a sauvé les vies de millions de personnes tout autour du monde. Quand au fiasco en Afrique, il a quand même permis de retrouver une arme bactériologique et d’éliminer des terroristes de première catégorie. La seule chose que l’on peut reprocher aux Avengers, c’est la création d’Ultron et tout ce qui a suivit en Europe de l’Est. Pour faire simple, Tony Stark devrait être en prison et certainement pas en position de faire du chantage à Steve Rogers avec l’aide du gouvernement et de l’armée.

J’en reviens aux comics Civil War car ils n’ont visiblement pas été bien lus ni compris et donc, fatalement, pas adaptés correctement. Plus qu’un encadrement, c’est un enregistrement des héros qui est exigé, faisant de tout ceux qui refuseraient des criminels et de tout ceux qui accepteraient des cibles désormais faciles pour leurs nombreux ennemis. C’est contre ça que Steve Rogers (porté par un Chris Evans impérial) se bat. Hélas, le film le montre comme un personnage daté avec des principes éculés, plus préoccupé à protéger son ancien partenaire (Bucky Barnes) qu’à tenter de trouver un compromis raisonnable avec un Tony Stark prêt à tous les arrangements pour apaiser sa conscience.

Mais un élément inattendu va bouleverser cette histoire qui aurait pu s’arranger en moins de deux. En effet, un personnage mystérieux avec son propre agenda semble avoir un autre moyen de mettre un terme à cette problématique. Il s’appelle Zemo, Helmut Zemo.

A SUIVRE…

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9 réflexions sur “CAPTAIN AMERICA: CIVIL WAR (PARTIE 1)

  1. j’irai voir ça quand j’aurai terminé la mienne, promis. J’en raconte trop mais ce film a eu l’effet de profondément m’énerver. J’aime tellement ce personnage et il ne méritait pas un tel traitement. Et ce casting de rêve sous exploité m’exaspère quand j’y repense.

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  2. Non, je vais le laisser, c’est un bon exemple de ta manière de t’emporter quand tu ne trouves pas tout de suite ton compte dans ce que tu lis. c’est le journaliste qui parle pour rétablir des vérités oubliées ou pas encore dévoilées comme c’est le cas avec ma critique.

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  3. Merci de mettre la charrue avant les boeufs! Tu n’as visiblement pas remarqué que c’était juste la première partie et que je n’avais pas encore commencé à parler du film. Ou alors tu tentes de saboter mon article en écrivant la suite à ma place. C’est chiant d’avoir ce commentaire après mon article, tu racontes tout!!!

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  4. Tu t’arrêtes à la surface, aux détails. Pour moi, c’est plus profondément un film de vengeance, tout le monde – Stark, Zemo, T’challa – luttant pour venger la mort de l’être qui leur est le plus cher (père et mère). Y compris Cap, mais lui lutte pour ne pas perdre une deuxième fois son meilleur ami, miraculeusement ressuscité. Un film qui montre jusqu’à quelles folies on peut aller pour se venger. Ou pour éviter de perdre une nouvelle fois l’être qui vous est le plus cher. Y compris détruire sa famille et perdre sa propre vie. Y compris à nier la réalité et à s’enfermer dans des convictions indéfendables (dans le cas de Cap). En fait, le seul qui arrive à s’en sortir, le seul vraiment intelligent dans cette folie, c’est T’challa.

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