PJ HARVEY  »THE HOPE SIX DEMOLITION PROJECT »

Il se dégage du neuvième et dernier album de PJ Harvey un souffle de révolte qui ne se découvre vraiment qu’à partir du second morceau, le martial  »The Ministry Of Defence », l’introductif  »The Community Of Hope » sonnant plus comme un titre de retrouvaille avec sa rythmique très big band.  »A Line In The Sand », le troisième titre, rappelle quand à lui beaucoup les ambiances du précédent effort de la dame, le grandiose  »Let England Shake » qui lui avait valu un Mercury Prize. Mais c’est surtout le contenu social de l’ensemble qui donne cette couleur si particulière à  »The Hope Six Demolition Project ».

Inspiré du Hope VI (un projet américain de démolitions d’immeubles dans des zones criminelles qui était censé offrir de nouveaux logements mais qui n’a généré que du malheur social, les anciens locataires n’ayant plus les moyens de payer les nouveaux loyers), le disque est la conséquence d’une balade à Washington incluant Polly Jean Harvey, le photographe et réalisateur Seamus Murphy, ainsi que leur guide, Paul Schwartzman du Washington Post. Le résultat donne cet album en forme de visite guidée de la capitale américaine.

A première vue, on pourrait s’attendre à un album grave et déprimé en forme de doigt accusateur face à la politique insensée du conseil municipal de la ville, mais ce serait oublier, premièrement, que PJ Harvey est une musicienne et, secondement, qu’elle possède beaucoup d’humour et d’ironie. En témoigne un titre comme  »Medicinals » qui vient avec une certaine énergie rappeler qu’avant l’ère du béton, il y avait tout un monde végétal et spirituel autour de nous et que ce monde est toujours là, juste occulté par ceux et celles qui n’en n’ont aucune idée, préférant se bourrer de médicaments et autres drogues pour s’échapper de la réalité trop douloureuse. Surtout, certaines chansons ne semblent pas parler de la thématique générale de l’album.

Enregistré en public au milieu d’un installation artistique à Londres,  »The Hope Six Demolition Project » bénéficie une fois de plus des talents de producteurs de John Parish et de Flood.

Sollicités par la presse à commenter les attaques de l’album contre le conseil responsable des démolitions et reconstructions hors de prix, les membres du Ward 7 de Washington se sont dits profondément choqués, traitant PJ Harvey (qu’ils ne connaissaient pas jusqu’alors) de tous les noms en se protégeant derrière leur statut de fonctionnaires. On a également reproché à l’artiste de ne citer que les problèmes sans proposer quoi que ce soit pour les résoudre. Comme si c’était le travail des musiciens…

Comme Neil Young en 2015 avec son album  »The Monsanto Years », PJ Harvey semble avoir rappelé au monde qu’une partie du job des musiciens étiquetés  »rock », hormis le fait de faire danser ou pleurer les foules, est d’éveiller les consciences populaires en critiquant justement ceux et celles qui n’en ont pas.

http://pjharvey.net/

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