ALIENS OMNIBUS PAR DARK HORSE COMICS

 

 

Cette collection de six trade paperbacks d’environ 400 pages couleurs reprend chronologiquement des histoires publiées par Dark Horse Comics (propriétaire de la licence comics) entre 1988 et 1999. La plupart des ces histoires ont été publiées sous formes de séries, mini-séries, one-shots ainsi que dans diverses anthologies de l’éditeur. Même si nombreuses de ces histoires ont bénéficié d’une édition individuelle en trade paperback et que certaines ne figurent pas dans la collection Omnibus (principalement des crossovers avec d’autres titres tels Predator, Batman, Superman, Judge Dredd, etc. disponibles individuellement aussi) cette dernière demeure la plus cohérente disponible actuellement sur le marché.

Il est à noter que chaque histoire publiée est accompagnée d’une unique illustration de couverture, même s’il s’agit d’une aventure en plusieurs parties. Cet oubli volontaire et dommageable, vu la qualité des illustrations souvent peintes par de talentueux artistes, (tels John Bolton, Denis Beauvais ou encore Arthur Suydam parmi tant d’autres) peut se rattraper au travers de l’acquisition de différents art-books dédiés à Aliens et publiés par Dark Horse Comics.

Tout comme pour les comics Star Wars, Aliens développe l’univers de la franchise cinématographique en s’attardant sur ses principaux protagonistes tout comme les plus secondaires. On retrouve donc Ripley dans des aventures parallèles, de nombreux personnages du film de James Cameron, à savoir Newt, Bishop et les Colonial Marines. On en apprend aussi un peu plus sur la Weiland-Yutani Company, ainsi que sur le comportement des Aliens; ce qui n’empêche pas certaines histoires d’inventer de nouveaux personnages et même de nouvelles races d’Aliens, parfois avec une liberté plutôt réjouissante pour une francise aussi codifiée. Par la suite, l’arrivée de nouveaux films ont pu obliger l’éditeur à modifier les noms de certains personnages, la continuité s’en trouvant altérée. Sans vouloir énumérer chaque histoire publiée, je vous propose de retrouver quelques-unes des meilleures créations de chaque volume omnibus.

Cover for Aliens Omnibus (Dark Horse, 2007 series) #1

OMNIBUS VOLUME 1

Nightmare Asylum, scénarisé par Mark Verheinden et joliment peint par le trop rare Denis Beauvais, fait partie de ces premières histoires qui suivent directement le film Aliens. On y retrouve un élevage militaire d’Aliens qui va rapidement dégénérer et semant la mort parmi les Marines, avant que la dernière page n’introduise le retour de Ellen Ripley.

Female War, toujours scénarisé par Verheinden et dessinée par Sam Kieth (The Sandman, The Maxx, Zero Girl), fait directement suite à Nightmare Asylum et vaut surtout pour le graphisme extraordinaire de Kieth, ce dernier s’étant particulièrement appliqué sur les personnages de Newt et Ripley, tandis que ses Aliens se subliment à chaque case dans des poses dignes de posters. Du très grand art.

Cover for Aliens Omnibus (Dark Horse, 2007 series) #2

OMNIBUS VOLUME 2

Si Genocide vaut le détour, ce n’est certainement pas pour son dessin mais bien pour le script de John Arcudi avec le destin final pour le moins singulier d’un saxophone. Et les covers de Arthur Suydam sont belles à pleurer.

Avec Harvest, Jerry Prosser et Kelley Jones (Deadman, Batman/Dracula, The 13th Son) nous livrent une belle histoire d’amour entre deux scientifiques tentant d’apprivoiser des Aliens dans le cadre de leur recherches. La scène de la baballe entre le chien et un alien est désormais devenue mythique. Quand à Kelley Jones, son style fantasmagorique sied à merveille à cette très belle histoire qui se finit bien mal. Le premier vrai classique des comics Aliens.

Pour ce qui est de Colonial Marines, bien trop de créatifs sur cette histoire également trop longue et dont le seul vrai point positif est l’arrivée du personnage de Herk Mondo, exterminateur d’insectes géants comme il se nomme lui-même.

Cover for Aliens Omnibus (Dark Horse, 2007 series) #3

OMNIBUS VOLUME 3

Scénarisé par Peter Milligan (Hellblazer, Enigma) et peint par Paul Johnson, le one-shot Sacrifice nous amène au cœur d’une communauté religieuse confrontée à un unique Alien et le combattant avec des moyens moyenâgeux, à savoir des lances et des filets. Une très belle histoire de foi qui se finit évidemment dans le sang.

Labyrinth nous fait découvrir un personnage bien pire que les Aliens, le scientifique Paul Church, unique survivant d’un équipage de colons qui est revenu de l’enfer après avoir vu les siens exterminés par les Aliens, puis utilisé par ces derniers comme esclave afin de transformer les survivants en pondeuses. Dans un premier temps, l’histoire de Jim Woodring s’avère classique avant de devenir glaçante par sa scène de flashback et son amère dénouement. Le dessin clair et précis de Killian Plunkett donne à l’ensemble une tonalité européenne du plus bel effet; on se croirait vraiment dans Metal Hurlant!

Salvation nous montre un Mike Mignola à l’aube de la gloire, bien avant la reconnaissance universelle de son Hellboy. Il est à nouveau question de foi et de religion dans ce récit se déroulant au milieu d’une jungle sans merci.

Avec Reapers, John Arcudi et Simon Bisley nous offrent une histoire courte pour le moins ironique sur la dangerosité soudain toute relatives de nos Aliens. Presque une histoire drôle. Presque.

Cover for Aliens Omnibus (Dark Horse, 2007 series) #4

OMNIBUS VOLUME 4

Dans Music Of The Spears, Chet Williamson ose l’impossible, opposer les Aliens à des ninjas! Hamilton et Bradstreet assurent les graphismes en nous offrant quelques scènes d’affrontement d’anthologie.

Stronghold, par John Arcudi, Doug Mahnke (The Mask) et Jimmy Palmiotti nous présente l’arme la plus efficace pour éliminer les Aliens en la personne d’une version très personnelle de War Machine, le double militaire du Iron Man de Marvel Comics. En prime, un Alien qui parle et fume le cigare!

Les deux histoires Mondo Pest et Mondo Heat, par Henry Gilroy et Ronnie Del Carmen nous font redécouvrir un chasseur de primes plutôt sympathique, le tout avec un graphisme très cartoon, ce qui n’enlève rien à la cruauté de certaines scènes.

Cover for Aliens Omnibus (Dark Horse, 2007 series) #5

OMNIBUS VOLUME 5

Alchemy, scénarisé par John Arcudi, est l’occasion inespérée de confronter le légendaire dessinateur Richard Corben (Den) avec le monde d’Aliens dans cette histoire de crash spatial qui révèle une bien dangereuse cargaison à ses survivants.

Avec Survival, James Vance et Guy Davis (Sandman Mystery Theatre) nous servent une aventure originale au ceint des Colonial Marines, même si le prétexte est de retrouver le dessin peu orthodoxe de Davis, des années avant son run légendaire sur le B.P.R.D. de Mike Mignola.

Même topo avec Incubation, Ron Marz pavant la voie à l’immense Bernie Wrightson (Swamp Thing, Mary Shelley’s Frankenstein), ce dernier ne se doutant pas encore qu’on lui proposera par la suite le fameux crossover Batman/Aliens.

Et j’en termine avec cet omnibus en mentionnant Havoc qui s’avère en fait juste un énorme prétexte pour se délecter des talents d’une multitude de dessinateurs tels Moebius, Arthur Adams, David Lloyd, Travis Charest, P. Craig Russel, Kevin Nowlan, Sergio Aragones, Mike Allred plus quelques autres de retour pour un tour.

Cover for Aliens Omnibus (Dark Horse, 2007 series) #6

OMNIBUS VOLUME 6

Avec le one-shot Pig, le trio Dixon, Henry et Pepoy nous invitent à suivre les tribulations d’une bande de pirates de l’espace et d’un cochon tout mignon avec une ogive nucléaire autour du cou, rien que ça! Une excellente histoire pleine de rebondissements.

Impossible d’occulter Glass Corridor par David Lloyd (V For Vendetta) et sa splendide histoire d’un tueur à gages fuyant son passé et obligé de le confronter avec l’arrivée d’un Alien. Lloyd comme à son habitude signe une oeuvre au noir et un bel hommage à la franchise.

Wraith, scénarisé par Jay Stephens et dessiné par Eduardo Risso (100 Bullets), encore un one-shot qui se passe cette fois sur Terre et oppose notre tueur impitoyable à des adolescents plein de ressources. Une variation inattendue qui fonctionne plutôt bien.

Voilà, j’en oublie plein, il aurait fallu parler des contributions de Gene Colan, Rick Leonardi ou encore John Byrne… mais le plus important, c’est que ces anthologies soient véritablement remplies de trésors et que rarement une licence cinématographique n’aura été aussi bien adaptée sous forme de comic-books.

Dark Horse Comics ayant recommencé à produire des séries Aliens depuis 2009, il y a fort à parier qu’un septième volume vienne un jour compléter cette collection, même si le temps commence à sembler long, la collection Omnibus fonctionnant au ralenti et ne proposant pratiquement plus que des mangas.

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