TU TE SOUVIENS DE POP WILL EAT ITSELF?!

Quand le single  »Ich Bin Ein Auslander » a déboulé en 1994, critiquant l’attitude du Royaume Uni face à l’immigration (oui, déjà), tout en samplant au passage le riff du  »Kashmir » de Led Zeppelin, une partie de l’Europe a dansé dessus sans vraiment se soucier des paroles.

Découvrant le groupe au travers du clip pour le moins psychédélique de ce tube infernal, je ne mis pas beaucoup de temps à tomber raide dingue de l’attitude bien provocante de cette bande de tueurs déguisés en clowns tous droits sortis d’un film d’horreur.

Groupe inclassable s’il en est, ces anglais venant de Stourbridge n’ont pas été récupérés par les médias durant les années 90, plaçant plusieurs singles dans les charts tout en réussissant à rester sous le radar de la presse généraliste. Ce qui explique d’ailleurs pourquoi leur statut est plus underground et alternatif que celui d’autres groupes de l’époque pratiquant la même sorte de musique. Je pense évidemment à The KLF, MARRS ou encore Jesus Jones dont je parlais dans une précédente chronique.

Vivotant ensemble depuis le tout début des années 80, les membres de Pop Will Eat Itself se sont d’abord appelés From Eden, puis Wild and Wandering avant d’adopter leur nom définitif en 1986.

Mélangeant allègrement le punk-rock au hip-hop en passant par le rock alternatif et ce qui allait devenir le metal industriel, PWEI aligna les succès durant près d’une décennie, avant que sa maison de disques (RCA), victime de changement de personnel, décide qu’ils étaient trop bizarres pour elle et ne les vire. Hélas, elle le fit juste avant que le groupe ne sorte son plus gros tube au Royaume-Uni, le fameux  »Get The Girl! Kill the Baddies! ».

Sans maison de disques mais au sommet des charts, PWEI continua son chemin, sortant le fameux single anti-nazi  »Ich Bin Ein Auslander », puis signa avec Trent Reznor sur son label Nothing Records et vit même sa musique finir sur un jeu de shoot (Loaded) de la Playstation.

En plein boom créatif et commercial, le groupe se sépara pourtant en 1996, laissant en plan toute une somme de titres et d’artworks pratiquement prêts à sortir.  »Ich Bin Ein Auslander » devint un classique en Allemagne, passant régulièrement dans les clubs et sur les ondes des années après la fin du groupe. Die Krupps, entre autres, en fit même une reprise.

Découvrant ici et là des singles et quelques EPs, je tentai de recoller les morceaux jusqu’au milieu des années 2000, le groupe se reformant brièvement en 2005 pour une série de concerts.

Il faudra attendre 2011 pour que Graham Crabb (seul membre fondateur) ne revienne avec un nouveau line-up (constitué d’anciens membres de Pitchshifter, Pigface ou encore This Burning Age) ainsi qu’un nouvel album.

Etant redevenus incisifs et pleinement alternatifs, PWEI a décidé de ne plus se soucier des charts, retirant tout code-barres de son dernier méfait de 2015:  »Anti-Nasty League ». Une façon de procéder qui force le respect.

http://www.popwilleatitself.net/pwei/

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