10 CLOVERFIELD LANE

Pratiquement tourné en secret (et dans l’urgence par l’équipe du premier Cloverfield), cette séquelle (qui n’en est pas vraiment une) a commencé sa promo deux ou trois mois avant sa sortie en salles, brouillant les pistes avec une bande-annonce mystérieuse qui réussit à ne rien divulguer du contenu du film avant que les spectateurs puissent le voir. Pratiquement une première dans le genre depuis des années, les trailers des films américains mettant un point d’honneur à pratiquement tout nous révéler en moins de deux minutes.

Par respect pour 10 Cloverfield Lane, je ne raconterai pas l’histoire, le film méritant de se découvrir avec un minimum d’informations afin d’en profiter pleinement, sa conclusion étant une récompense au combien jouissive.

Parlons plutôt des acteurs principaux, assez exceptionnels, à commencer par Mary Elizabeth Winstead. Quelle surprise de la retrouver ici, elle qui fut l’immortelle Ramona Victoria Flowers de Scott Pilgrim Vs The World, la cheerleader laissée en gages par ses amies dans Death Proof, la fille de John McClane dans Die Hard 4 ou encore la version féminine badass de Kurt Russel dans le faux remake de The Thing! A chaque fois des performances épatantes et pourtant une injuste réputation de scream queen qui l’a toujours éloignée de la super-starisation.

Dans 10 Cloverfield Lane, Mary Elizabeth Winstead est en tout points formidables car on ne l’a jamais vue dans un tel rôle. Paradoxalement, elle y donne beaucoup de sa personne tout en restant d’un naturel désarmant. Une leçon dont passablement d’actrices pourraient s’inspirer.

J’en profite pour une faire un petit aparté, car autant il est appréciable de voir des fictions avec des femmes fortes, autant il semble difficile d’éviter ce cliché de les rendre aussi hardcore que leurs homologues masculins. Ce qui est un peu stupide car ce genre de stéréotypes n’existe plus vraiment que dans des productions virilistes ou fonctionnant sur la nostalgie. Cette déconstruction du héros moderne se retrouve parfaitement dans The Walking Dead avec le personnage de Daryl, interprété par Norman Reedus. Et j’aime à penser que le personnage de Michelle dans 10 Cloverfield Lane est taillé dans le même bois.

Nettement moins impressionnante mais néanmoins touchante, la performance de John Gallagher Jr. dans le rôle de Emmett, un gars un peu paumé qui sert de tampon entre les deux grosses performances du film, la seconde étant bien évidemment celle de John Goodman. Je ne sais pas trop quoi penser de la composition de John Gallagher Jr, son personnage étant typiquement le genre de gars qui me tape sur le système. En cela, son interprétation est plutôt réussie mais le véritable problème est surtout que son rôle n’est pas très intéressant et, comme je le disais précédemment, sert surtout à créer une dynamique pour les deux autres.

Il est temps de parler de John Goodman. Mais par où commencer? Cet homme est un monument. Impossible de ne pas revenir sur sa carrière, de la série Roseanne à des films aussi mémorables que Barton Fink, Arachnophobia, Matinee, Always, Blues Brothers 2000 ou encore Death Sentence (où il jouait un vendeur d’armes effrayant), cet homme a laissé sa marque inimitable à chaque performance. Même ses courtes apparitions (comme celle dans In The Electric Mist) restent durablement dans les mémoires des années plus tard.

Dans 10 Cloverfield Lane, John Goodman est Howard, un étonnant mélange entre le Dan Conner jovial de la série Roseanne et… autre chose. On le sait, Goodman aime les personnages complexes, un peu cassés, brisés, tordus ou avec des pathologies qui se découvrent sur la longueur. Il est difficile de juger de la morale de son personnage dans 10 Cloverfield Lane, par contre, niveau interprétation, on est clairement proche du génie.

Pour ce qui est des dernières vingt minutes, les avis sont partagés. Était-ce nécessaire de partir dans cette voie et est-ce que cela apporte vraiment une plus-value à l’histoire?! Au delà des considérations cinématographiques, je crois vraiment que c’est plus une question de sensibilité. Pour ma part, j’ai adoré être surpris et secoué de la sorte. Après réflexion, c’était un petit peu exagéré et difficilement crédible. Un peu comme cette conclusion, tellement badass, tellement… américaine. Au final, bien peu en comparaison de ce trip cinématographique totalement inatendu.

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4 réflexions sur “10 CLOVERFIELD LANE

  1. J’ai beaucoup aimé la promo à quelques mois de la sortie. Ca change de ces films où ils faut patienter plus d’un an avec teasers, trailers,… Tu me rassure avec ton avis sur le film et les acteurs 🙂

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