TU TE SOUVIENS DE RUBY?!

Bien peu de personnes se rappellent de Silverfish (et je n’en fais pas partie), éphémère groupe indie de noise music dans lequel la chanteuse Lesley Rankine officiait entre la fin des années 80 et le début des années 90, son départ en 93 signant l’arrêt définitif de ses activités, laissant la porte grande ouverte à des groupes comme Senser pour fusionner les genres comme ce fut si souvent le cas durant cette décennie propices aux crossovers en tout genres.

Il est d’ailleurs à noter que durant la promotion de Ruby, la mention de Silverfish fut quasi-systématique, provoquant un regain d’intérêt pour la défunte formation qui n’avait jamais pu défendre son unique album sortit en même temps que le départ de sa chanteuse. Il me semble bien y avoir jeté une oreille mais je crois que je n’avais pas la sensibilité adéquate pour comprendre et apprécier un tel groupe à cette époque-là.  Un mea-culpa qui passe par ce témoignage vidéo nécessaire pour bien comprendre la trajectoire de Lesley Rankine.

Partie pour Seatlle (alors en plein boum grunge), Lesley rencontra l’homme qui allait changer sa vie: le producteur Mark Walk. Ensemble, ils collaborèrent d’abord pour des groupes novateurs de musique industrielle tels que Pigface, Oghr ou encore Skinny Puppy, puis commencèrent à réfléchir à un projet commun.

Il est amusant pour moi de constater que depuis, j’ai pratiquement amassé toute la discographie de Skinny Puppy sans même me douter que Lesley Rankine s’y trouvait. Comme quoi, il faut toujours lire les pochettes d’albums! Toujours.

Passionnés par la musique électronique, Mark et Lesley créèrent Ruby  en revenant en Angleterre, écrivant, enregistrant et produisant l’album presque à eux tout seuls. En l‘espace d’un automne de 1995, Ruby devint la coqueluche de la presse musicale indépendante, tout cela grâce à un single miraculeux:  »Parrafin », réalisé exclusivement sur ordinateur, comme tout ce qui allait suivre jusqu’à aujourd’hui.

Tombant sur le clip à une heure du matin sur M6 (qui passait de l’alternatif et du metal avec un sérieux forçant le respect et disparu depuis longtemps comme mon respect d’ailleurs), je compris rapidement qu’il me fallait me procurer d’urgence l’album de cette fille aux cheveux bleus et aussi flippante que fascinante.

La romance avec les médias se poursuivit en 1996 avec la sortie d’un album ( »Salt Peter ») et de deux autres singles:  »Tiny Meat » et  »Hoops », Ruby faisant même la couvertures des Inrockuptibles (je dois toujours avoir le numéro à la cave), ces derniers voyant en Lesley Rankine et Mark Walk les nouveaux héros de la brit-pop (cette dernière commençant à virer au trip-hop grâce au nouveau son de Bristol mais c’est une autre histoire…). Rolling Stone Magazine et MTV emboîtèrent le pas, Ruby devenant synonyme de groupe hype, ses titres se retrouvant sur des compilations ou des films à la mode.

Une fois la promotion terminée, Lesley et Mark repartirent en studio pour composer un nouvel album. Hélas, la longue descente aux enfers de leur label Creation (oui, le label d’Oasis) retarda considérablement les choses et ce n’est qu’en 2001  qu’un second album sortit sur un plus petit label. Hélas, les problèmes continuèrent lors de sa promotion, une bonne partie du matériel de tournée disparaissant lors de la tournée nord-américaine du groupe. Un télégramme qui apparut certainement dans un magazine de l’époque, mais que je ne vis pas, persuadé que Ruby n’existait plus. Jusqu’à-ce que je tombe sur une de leurs productions chez un disquaire de seconde-main.

En effet, Ruby n’a jamais cessé d’exister (dernières activités répertoriées en 2013), enregistrant un troisième album, produisant des remixes, EP’s et autres singles, toujours sous le radar des médias généralistes, seule la presse spécialisée rendant compte de leurs activités. Une manière finalement assez saine pour ne plus retomber dans la folie engendrée par  »Salt Peter »(Lesley ayant même joué dans un spot de pub pour Coca-Cola!)

Je regrette néanmoins d’avoir perdu ce lien avec Ruby, car il me rappelle une époque qui correspond probablement à la dernière décennie où la musique bouillonnait de toutes parts, les années 2000 s’étant avérées quelque peu navrantes avec leurs cortèges de groupes indies soporifiques et d’artiste folk prise de tête. J’exagère à peine.

http://www.nytimes.com/1996/02/26/arts/in-performance-pop-073555.html

 

 

 

 

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