TU TE SOUVIENS DE BABYLON ZOO?!

Si vous avez un peu moins de trente ans, il y a de bonnes chances pour que  »Spaceman » fasse partie de la bande-son de votre enfance, cette chanson ayant été matraquée durant toute l’année 1995 et une partie de 1996. J’en sais quelque chose, vu qu’à l’époque, j’écoutais tout le temps Couleur 3 et que cette chanson était passée en Repérages sur la fameuse radio alternative.

Écumant tous les plateaux télés européens, Jas Mann et son groupe de mercenaires semblaient bien partis pour prendre le pouvoir sur les charts mondiaux, l’album  »The Boy with the X-Ray Eyes » (hommage au film de 1963 de Roger Corman: The Man with the X-Ray Eyes que j’avais vu dans les années 80 à la télé) semblant gorgé de hits en puissance. Sortit en plein hiver 96, ce premier album cartonna effectivement,  »Spaceman » bénéficiant toujours d’une forte rotation, amplifiée par le fait que la chanson servait de bande-son à un fameux spot de pub Levi’s (et on en a bouffé de ce spot débile avec l’intro irritante de  »Spaceman » en thème principale).

Pourtant, malgré deux autres singles efficaces ( »Animal Army » et le titre éponyme de l’album), Babylon Zoo souffrit de sa surexposition. A l’image d’autres groupes de l’époques victimes d’une surmédiatisation autour d’un seul single, les médias commencèrent à se désintéresser du groupe et le public ne suivit pas. Il n’y avait que des jeunes hommes naïfs comme moi, aveuglés par quelques papiers dans Rock & Folk (album du mois quand même) pour penser que Babylon Zoo avait un avenir.

Ce qui me donne l’occasion de parler de son passé, car avant tout cela, le sieur Jas Man faisait partie d’un autre groupe: The Sandkings, qu’il quitta en 1992 pour fonder Babylon Zoo. Il eu quand même le temps d’ouvrir pour les Happy Mondays et les Stone Roses (que j’allais beaucoup aimer des années plus tard avec Second Coming ») avant de connaître, à son tour, sa petite heure de gloire. Personnellement, je n’ai aucun souvenir de ce premier groupe mais voici quand même un clip à votre intention.

Souffrant visiblement d’un ego démesuré (ses interviews sont fabuleuses de mégalomanie), Jas Man ne fit pas grand chose pour luter contre le dénigrement dont il était victime, les médias spécialisés commençant à l’accuser de piller l’héritage musical anglais, son premier album étant ouvertement d’inspiration glitter malgré les bidouillages electro de l’époque. Sans compter que du haut de son succès, il ne daigna même pas sécuriser sa réputation lors de ses trop courts concerts, balançant le minimum syndical en jouant souvent deux fois son fameux tube.

Ne l’ayant jamais vu, je ne peut pas attester de ce fait mais, en recoupant différentes chroniques ici et là, on arrive à en déduire que l’entreprise sentait déjà bien le sapin, les musiciens l’accompagnant n’ayant jamais vraiment eu d’identités propres

Revenant en 1999 avec l’ironique single  »All the Money’s gone » et un nouvel album sous le bras ( »King Kong Groover »), Babylon Zoo, débarrassé de ses tics, proposa au monde une musique directement influencée par T. Rex et Mott The Hoople. Bénéficiant d’une promotion quasi inexistante de la part de EMI, l’album floppa gravement, se faisant fatalement incendier par les quelques journaux qui daignèrent en parler. On aurait presque du mal à le croire en voyant le live promotionnel qui suit:

Je ne sais plus trop comment j’ai obtenu  »King Kong Groover », si ce n’est que cela fait des années que je le possède et que je le trouve, en bien des points, supérieur au premier, moins toc et prétentieux, contrastant fortement avec le comic auto-centré publié dans le livret et dont on ne connaîtra jamais la suite pour les raisons que l’on sait.

Refusant de défendre plus longtemps sa musique, Jas Man enregistra quelques titres sous le nom de Mariachi Static puis décida de tout abandonner et s’engagea dans une agence humanitaire en Inde, son pays d’origine. Mais ça et tout ce qui suit, je ne l’appris qu’au moment d’écrire cette chronique.

Jas Man annonça un nouvel album en 2005 qui ne sortit jamais, ce malgré la création de son propre label. On a depuis perdu de vue ce drôle d’oiseau qui serait devenu producteur de cinéma, participant au financement de la suite du Cabin Fever de Elli Roth, ainsi qu’au film de Simon Pegg: A Fantastic Fear of Everything. En cherchant bien, on doit pouvoir le retrouver dans les génériques de fin!

Reste donc ces deux albums qui ont étonnamment bien vieilli et s’écoutent encore aujourd’hui avec un certain bonheur. Je me dis souvent que je devrais m’en débarrasser et puis je finis par les passer dans le lecteur, me souvenant alors pourquoi je les garde. Diable d’homme…

http://www.bbc.co.uk/music/artists/2cb6be75-9d14-41f6-97d4-42f21eccd374

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