BATMAN v SUPERMAN: DAWN OF JUSTICE (partie 1)

 »C’est la première fois que je vois le vrai Superman et surtout le vrai Batman au cinéma! »

Voilà, j’avais envie de commencer par ces mots d’un ami pendant le générique de fin du film, car ils traduisent exactement le sentiment principal qui nous accompagna en sortant de la salle, à savoir que jamais auparavant nous n’avions vu les véritables Batman et Superman sur grand écran. Jamais.

Certes, on peut aimer le Superman avec Christopher Reeve (les deux premiers en tout cas) mais il semble désormais tellement daté; sans compter que tout cela (même le film de Richard Donner et son cut sur le second) est assez mal écrit et bien trop axé comédie. Quand au remake/hommage de Bryan Singer, il souffre des mêmes problèmes trois décennies plus tard, s’avérant au final désuet et quelque peu inutile (pauvre Brandon Routh, en tout points excellent dans le rôle-titre).

Pour Batman, la comparaison est plus délicate, les deux films de Tim Burton demeurant des petits classiques, sans oublier la performance de Michael Keaton. Pourtant, niveau écriture, Rien ne tient la route et le costume de Batman est bien laid. Je passe sur les deux aberrations visuelles de Joel Schumacher car on a déjà assez perdu de temps avec pour en arriver à la trilogie de Christopher Nolan. Un premier film épatant, une suite géniale et une conclusion navrante. Surtout, l’entêtement de vouloir à tout prix crédibiliser un univers de comic-books finit par desservir l’ensemble, oubliant au passage d’écrire une fin cohérente, comme le prouve lamentablement Dark Knight Rises.

Ce qui nous amène à Zack Snyder, le réalisateur le plus cool du monde car le seul qui sait de quoi il parle en matière d’adaptation de comics. On aura beau tergiverser sur son style visuel, sur sa manière de filmer des scènes d’action ou encore sur sa manie d’utiliser des ralentis (au passage, mieux que tout le monde), au final, il reste ce gars qui lit des comics et sait de quoi il retourne (à la différence de Nolan qui avouera n’avoir jamais ouvert un comic de Batman, car ça ne l’intéressait pas, ce qui est quand même symptomatique).

Zack Snyder donc, le gars à la filmographie la plus geek de l’univers, celui qui nous a donné la plus fidèle et glorieuse adaptation du plus grand graphic novel de tous les temps (oui, Watchmen, what else?), qui a magnifié le 300 de Frank Miller et qui nous a enfin donné un Superman valable en 2013 (Man of Steel malgré ce qu’on en pense) et qui se fait pisser dessus par toute une communauté de trolls sur les réseaux sociaux depuis des années.

Il est difficile de remonter au début de malentendu entre Snyder et une partie du public. Après la lune de miel entamée par Dawn of The Dead (remake du classique de George A. Romero) en 2004 et le triomphe de 300 deux ans plus tard, le relatif échec financier de Watchmen en 2009 est peut-être le véritable déclencheur de cette guerre des mots. Tout comme BvS, la noirceur sidérante de Watchmen, son réalisme sordide, semblent être à l’origine de cette haine carrément viscérale.

Il y aurait donc une partie importante du public qui refuserait catégoriquement et sans appel que les films de super-héros (et par ricochet les comics) se confrontent à la réalité du monde dans lequel nous vivons.

Les justiciers doivent donc demeurer des héros irréprochables défendant la veuve et l’orphelin et les méchants doivent être reconnaissables au premier coup d’œil comme dans n’importe quel dessin-animé bien raciste de Disney.

Il serait peut-être temps de se réveiller. Les super-héros sont des criminels depuis leur création (Bruce Wayne le dit d’ailleurs dans BvS). Il est interdit par la loi de se masquer pour accomplir le travail de la police ou de l’armée, que l’on soit un orphelin milliardaire ou un orphelin extra-terrestre.

Si les comics de super-héros ont été crées à la fin des années 30, il aura vraiment fallu attendre la fin des années 60 (et la fin de cette fichue série télé Batman) pour que la réalité s’installe progressivement dans les comics, nos héros se retrouvant soudain confrontés à de véritables organisations criminelles, sectes, tueurs en séries, dictateurs, dealers et trafiquants, jusqu’aux pères incestueux, maris violents et j’en passe.

Combattant jadis des clichés de criminels ou des puissances ennemies stéréotypées dans des histoires convenues, les héros de grand-papa se retrouvent aujourd’hui confrontés au sida et aux mines anti-personnelles ainsi qu’au terrorisme. Une réalité inacceptable pour un certain public qui n’a quel faire de la réputation désastreuse dont souffre son médium (ouais, les comics de super-héros, c’est pour les gosses!) et qui ne souhaite pas que les choses évoluent avec leur temps, préférant se complaire dans un rassurant statu quo.

Et c’est là que Watchmen, Man of Steel et maintenant Batman v Superman: Dawn of Justice font mal, parce qu’ils répondent à ça par un tonitruant: FUCK YOU AND WAKE UP!!!

Comme on va le voir dans la deuxième partie et conclusion de cette critique.

TO BE CONLUDED…

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2 réflexions sur “BATMAN v SUPERMAN: DAWN OF JUSTICE (partie 1)

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