DEADPOOL (DEUXIÈME PARTIE)

 

 

J’en viens maintenant à toute la partie flash-back et origine-story, à la fois la force et la grande faiblesse du film. A la différence de pas mal de super-héros (même si Deadpool n’en est pas vraiment un), on ne sait pas grand chose des origines de notre mercenaire (et on s’en fout un peu), ce qui donne lieu à quelques flash-backs tellement allongés qu’ils coupent nette l’histoire principale à plusieurs reprises.

Entre l’introduction du personnage de Wade Wilson, son coup de foudre avec une prostituée, puis la découverte de sa maladie et enfin son traitement qui se transforme en séance ininterrompue de torture, c’est un peu un deuxième film qu’il nous est proposé ici, sauf qu’il est incomplet (accéléré même) comme l’est l’histoire principale, écourtée par la seconde. D’où ce sentiment de featurettes (en ajoutant celle des X-Men) mises bout à bout pour faire un patchwork ressemblant à un film.

Rajoutez le fait que la Fox se soit sentie obligé de nous montrer Ryan Reynolds dans toute sa splendeur au cours de ce flash-back beaucoup trop long et auquel on ne croit pas une seule seconde (tueur à gages au grand cœur, collègues caricaturaux, bar improbable, etc.), même quand il tombe sur l’amour de sa vie, une prostituée aussi belle et unique que celle de Firefly! Ah… autant pour moi, c’est la même.

Il faut d’ailleurs rendre hommage à la merveilleuse Morena Baccarin, cette dernière relevant beaucoup le niveau par sa seule présence, illuminant carrément le film dans son rôle de Vanessa Carlysle. Par contre, pour son alter-ego de Copycat, le budget n’a pas suivi, le film n’en parlant même pas. Peut-être dans la suite…

Si on ne croit pas une seule seconde que nos deux tourtereaux puissent être un tueur à gages et une prostituée, le film se donne en revanche beaucoup de mal pour nous faire comprendre que les méchants sont vraiment méchants (des scènes de torture inutiles et mal foutues qui ne provoquent aucune émotion). Vous savez ce que l’on dit, un film de super-héros est nul sans un bon méchant. Eh bien, dans Deadpool, le méchant est ultra naze. On tape carrément au niveau du Dr. Doom des films Fantastic Four, ce qui n’est pas peu dire.

Joué par Ed Skrein (ouais, le dernier Transporteur…), Ajax, le supposé méchant joué par un anglais (encore un cliché bien mal mis en pratique) est ici aussi transparent qu’un homme de main. Son rapport avec Wade Wilson ne repose que sur quelques discussions anodines, devenant son ennemi par la force des choses et se comportant plus tard comme un enfant qui fait sa crise. Bref, ça ne fonctionne pas et le manque de charisme de Skrein renvoie aux méchants random des films d’actions américains.

Dans le rôle d’Angel Dust, Gina Carano est carrément sacrifiée sur l’autel du bon sens. Pratiquement muette durant le film, ne révélant rien de son histoire, son personnage n’aura été prétexte qu’à un money shot de bande-annonce, ainsi qu’à la meilleure bagarre du film, son combat avec Colossus éclipsant celui du personnage-titre, haut la main. Encore une actrice (et combattante) talentueuse qui sert de faire-valoir à un acteur inférieur. Quelle tristesse.

A la décharge du film, les moments avec Deadpool fonctionnent plutôt bien, c’est quand Ryan Reynolds tombe le masque que l’intérêt du film baisse, comme c’est la plupart du temps le cas dans ce genre de film. Le souci, c’est qu’arrivé à la fin, on a l’impression d’avoir assisté à un pilote de série télé. Alors oui, c’est parfois drôle (mais à force d’insister) mais ça ne l’est pas la plupart du temps. On peut même avancer sans se tromper que le film n’a aucun rythme et qu’il brosse sans cesse le spectateur dans le sens du poil, effaçant ses meilleurs blagues par des surlignages grossiers afin de s’assurer que tout le monde a compris. Au final, aucune subtilité dans ce spectacle navrant dont le climax est l’affaissement d’un cargo gigantesque à quai! Putain… au moins, dans Captain America: The Winter Soldier, les Hellicarriers tombaient du ciel!

Visiblement, le public friand de Fast and Furious et Transformers semble plébisciter Deadpool et son succès aurait permit de greenligter des films de super-héros plus violents et moins onéreux (X-Force et Lobo entre autres). Reste à savoir si le futur du genre sera fait d’onéreux blockbusters flamboyants et tout publics ou de séries B adultes branlantes et mal foutues. Dans les deux cas, si le cash continue de rentrer de la sorte, nous ne sommes pas prêts d’en voir la fin.

 

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