BATTLE ROYALE, LE MANGA (PARTIE 3)

Si l’histoire de Battle Royale est riche en rebondissements, c’est surtout son découpage ingénieux qui permet de rendre homogène toutes ces tueries sanglantes et autres dialogues de sourds se finissant invariablement en carnages. Ne pouvant pas tenir 15 volumes à massacrer 42 élèves (déjà 17 morts au volume 3!), l’histoire s’arrête par moments pour proposer des flashbacks-stories sur eux, la plupart du temps passionnants et fort instructifs pour la compréhension des événements meurtriers qui se déroulent sur l’île au même moment. Même chose pour les anecdotes racontées par les élèves et qui permettent au lecteur de mieux situer la multitude de personnages s’affrontant dans Battle Royale et le pourquoi de certaines de leurs actions. Par contre, je n’ai pas trouvé de véritable intérêt aux fiches personnages (ainsi que la carte des morts et survivants), si ce n’est de surligner ce qui se passe dans le manga.

Il me faut également parler de deux autres particularités propres au manga de Battle Royale, à savoir son sadisme et sa banalisation de la folie. Evidemment problématiques quand on décrit les agissements incontrôlés d’adolescents obligés de s’entre-tuer sur une île déserte. Même s’il est concevable que certains individus puissent trouver une forme de satisfaction à régler leurs comptes avec leurs camarades de classe, il est inconcevable que plus de la moitié d’entre-eux puisse soudainement se transformer en psychopathes meurtriers et encore moins qu’une autre moitié de ceux-là puisse perdre la raison, certains définitivement. Globalement, il est assez effrayant de constater que sur 42 élèves, presque tout le monde semble posséder une pathologie violente, voir meurtrière.

Il y aurait encore plein de chose à dire sur Battle Royale, tellement de personnages à présenter (Nanahara Shûya, Mimura Shinji, Chugusa Takako, etc.), d’idées narratives brillantes (l’alliance de plusieurs élèves pour pirater le jeu) ou complètement farfelues (un combat interminable digne de Saint Seiya entre deux maîtres d’arts martiaux), sans oublier l’incroyable twist final et cette conclusion pour le moins inattendue. Mais il ne faudrait pas non plus oublier le plus important, ce qui, à défaut de justifier le sadisme et la complaisance des actes décris durant ces 15 tomes, les explique en partie, à savoir la véritable critique de société que représente Battle Royale.

A l’heure où la télé-réalité a envahie nos vies (certaines chaînes la diffusant 24 heures sur 24), que nous ne prêtons plus attention à la misère qui nous entoure quand nous traversons nos rues, que nous traitons les réfugiés comme des pestiférés et que le fascisme revient en force dans toute l’Europe, l’idée d’un jeu de massacre télévisé avec des adolescents ne semble plus si loin. Quand les tickets de loterie ne suffiront plus à maintenir le status quo, il faudra bien trouver une solution pour empêcher le peuple de se révolter. Et quoi de mieux que de nouveau jeux du cirque avec, à la place de gladiateurs, de beaux et dangereux jeunes gens?! A l’heure ou la population mondiale ne cesse de vieillir, l’étranger ne va pas rester longtemps celui à qui jeter la pierre, surtout avec la radicalisation extrémiste (et bien pratique) de certains jeunes. Battle Royale pourrait finalement arriver plus tôt qu’on ne le croit.

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