BATTLE ROYALE, LE MANGA (PARTIE 2)

J’en termine rapidement avec le pitch de départ, bien qu’il soit bien connu depuis le temps. Obligée par la force des choses de participer à ce massacre organisé (appelé  »le programme ») par le gouvernement, notre classe de 42 élèves (21 filles et 21 garçons) se voit donc jetée sur cette île avec quelques consignes de base pour ne pas que leur collier explosif ne s’active (ne pas fuir, ne pas se cacher ou rester sur place, ne pas refuser de s’entre-tuer, etc.). En plus, chaque élève se voit doté d’un sac de survie avec une arme aléatoire allant de la plus redoutable (une mitraillette) à la plus inutile (un boomerang). Une fois dehors du bâtiment, chaque élève ne peut plus compter que sur lui-même.

La suite de l’histoire se transforme très vite en jeu de massacre, le tout saupoudré d’un peu de psychologie de base, chaque élève se connaissant à différents degrés et devant donc prendre cela en considération au moment de toute nouvelle confrontation, choisissant alors selon son humeur ou son état d’esprit la manière la plus adéquate de réagir avec l’autre.

Ce parti-pris psychologique est la seule chose qui empêche le manga (plus encore que le roman et le film) de tomber dans la violence extrême et la pornographie gratuite que beaucoup de détracteurs lui reproche. En effet, Battle Royale est un manga difficile à défendre sur le fond et la forme, son interprétation globale étant au final plus une question de sensibilité que de goût.

Jouant à fond sur le mal-être adolescent de notre époque, Battle Royale dresse un portrait au vitriol de la jeunesse étudiante, mettant bien en avant les différentes castes qui se retrouvent au sein d’une même classe. Entre ceux et celles qui sont encore des enfants ou déjà des adultes, se trouvent des timides, des peureux, des sentimentaux, des illuminés, des criminels, des psychopathes et, bien évidemment, quelques héros. Tout ce beau monde se retrouve ici mélangé dans une terrible parabole de l’existence, devant tuer ou être tué, être un bourreau ou finir comme une victime.

Et puis il y a la violence graphique, magnifiée par le dessin de Masayuki Taguchi, ce dernier n’ayant pas son pareil pour représenter les corps transpercés de balles ou découpés par toutes sortes de lames tranchantes. Ses explosions de chair sont de véritables visions d’horreur, surtout quand il s’agit d’illustrer la fin injuste et scandaleuse de personnages innocents ou simplement plus faibles que leur adversaire. Le paradoxe est d’autant plus fort que ces scènes sont véritablement le point fort du manga et qu’elles s’avèrent presque invariablement un véritable crève-cœur pour le lecteur, la mort, parfois froide et inutile, des personnages (même ceux antipathiques) provoquant à chaque fois un sentiment de tristesse infinie et de gâchis.

Pour ce qui est du sexe (certainement la partie la moins justifiable du manga), son traitement pornographique est pour le moins difficile à justifier, déjà parce qu’il concerne une élève en particulier (Mitsuko Sôma), qui se sert de ses charmes pour plumer des adultes tout en prostituant d’autres filles de sa classe (dont elle est la cheffe de bande). Ensuite parce que cette jeune femme est devenue une froide meurtrière suite aux viols répétés par son beau-père étant enfant. Ce personnage au delà du bien et du mal, est évidemment l’un de protagonistes principaux de Battle Royale.

A suivre…

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