NOT OF THIS EARTH

Le fait que ce soit Roger Corman qui réalise Not of this Earth en cette année 1957 est déjà un gage de qualité en soi, le jeune homme ayant accumulé une bonne douzaine de longs-métrages au cours de ses deux premières années d’activité (un rythme qu’il va tenir plus de 15 ans!). Dommage quand même que ce film n’ai pas disposé d’un plus gros budget, s’inscrivant dans la continuité des films fauchés de Allied Artists.

Affichant d’entrée ses intentions avec l’inquiétant dialogue de deux hommes figés et au regard vitreux (en fait des aliens de la planète Davanna), Not of this Earth dévoile rapidement ses intentions au spectateur, suivant la mission vitale d’un alien (Paul Birch, monolithique et flippant) sur Terre pour y trouver du sang humain en quantités suffisantes afin de le tester en vue de sauver sa race menacée d’extinction (notez la petite mise en garde subtile sur les potentiels dangers de l’énergie nucléaire).

Se passant en Californie du Sud, le film se focalise essentiellement sur les tribulations de l’agent extra-terrestre, ce dernier interagissant plutôt souvent avec la population terrienne, que ce soit en discutant avec sa logeuse, un conducteur de taxi ou encore les quelques autres personnes croisant son chemin.

Mais la grande idée (gâchée) de Not of this Earth est indéniablement l’acolyte monstrueux de notre extra-terrestre en mission, une créature elle aussi originaire de la planète Davanna et qui ressemble à une pieuvre volante, aspirant le sang de ses victimes tel un véritable vampire. Dommage qu’elle ne soit visible que quelques secondes durant le film, Corman préférant (pour des raisons budgétaires surtout) mettre en avant Paul Birch en agent extra-terrestre, l’affublant d’une grosse paire de lunettes noires pour que personne ne puisse voir ses yeux. Cette idée culminant lors d’une rencontre dans un kiosque avec une femme venant de la même planète que lui, les deux communiquant par télépathie.

Petite aparté qui mérite d’être faite. Dans le rôle d’un malheureux vendeur d’aspirateur (une des premières victimes), on retrouve un acteur bien connu des films de Joe Dante (Gremlins 1 et 2, Matinee, Small Soldiers), à savoir Dick Miller, également présent dans un petit rôle pour X: The Man with the X-Ray Eyes que j’ai chroniqué un peu plus tôt. Cet acteur à la tronche de cartoon fut longtemps l’acteur fétiche de Roger Corman avant d’apparaître dans les premiers films de James Cameron.

Un petit mot également sur Beverley Garland (qui joue Nadine Storey, l’infirmière aux trousses de l’extra-terrestre) qui tourna pas moins de cinq films pour Roger Corman avant de mettre sa carrière en parenthèses la même année, revenant épisodiquement au cinéma puis terminant par des rôles divers à la télévision. Elle illumine littéralement le film par sa présence et il est vraiment dommage qu’elle n’ai pas eu une carrière à la hauteur de son talent et de sa beauté.

Nonobstant une certaine pesanteur liée aux agissements de son agent extra-terrestre (ce dernier étant capable de contrôler n’importe qui par la force de sa pensée), Not of this Earth, malgré ses moments de flippe, peine beaucoup à décoller, la faute à un budget réduit (100000 dollars) qui fait que le film en dit plus qu’il n’en montre, s’éternisant sur des considérations cosmiques sans même essayer de les évoquer visuellement. En fait, cette économie de moyens ferait presque passer cette histoire de science-fiction pour une chronique vampire, tous les éléments étant réunis dans ce sens (la quête de sang, les lunettes noires, le contrôle mental).

Le final (avec la révélation de la créature) s’avère aussi étonnant que réussi, jouant sur une poursuite en voiture entre la police et l’alien (ce dernier débitant un monologue pour le moins incroyable, tandis que Beverley Garland (son personnage étant sous l’emprise de l’alien) livre une prestation iconique en diable (quand elle marche vers le policier depuis la route, juste wow!!!), assurant au film son statut des décennies à venir.

Film culte pour plusieurs générations, Not of this Earth a connu deux remakes (produits par Roger Corman), le premier en 1988 avec Traci Lords (dans l’un de ses tout premiers rôles hors du porno) et le second en 1997.

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