JANIS, LITTLE GIRL BLUE DE AMY J. BERG

Deuxième documentaire en moins d’une année sur une chanteuse d’exception nous ayant quitté trop tôt, Janis vient remettre en perspectives la carrière météorique de cette incroyable être humain, cette fois avec une véritable rigueur musicale.

Réalisé par Amy J.Berg, ce film évite les écueils scandaleux de celui sur Amy Winehouse sortit en 2015, ne s’amusant jamais à instrumentaliser la perception du spectateur sur l’addiction à l’héroïne de Janis comme le faisait Asif Kapadia avec nombres d’extraits occultant totalement l’activité musicale de l’artiste. La sensibilité féminine de Amy J. Berg est tout à l’honneur de cette dernière, proposant un regard bienveillant sur la vie de Janis Joplin tout en ne cachant rien de ses addictions, les traitant comme partie intégrante de son histoire; tout le contraire du documentaire de Asif Kapadia qui montre deux facettes diamétralement opposées et s’opposant au détriment de l’ensemble.

Fort d’un travail de recherche ayant duré sept longues années, Amy J. Berg nous propose une vision globale exceptionnelle de la trajectoire de Janis Joplin, nous présentant de nombreux documents rares sur les débuts de la native de Port Arthur au Texas, dont quelques interviews fascinantes où cette dernière ne mâche pas ses mots pour décrire sa philosophie de vie. La période avec son premier groupe, Big Brother and the Holding Company est également fascinante par le côté inexorable de cette collaboration vouée à l’explosion en plein vol.

Une chose qui frappe également, même si on le savait déjà, c’est de réaliser à quelle point cette jeune femme était belle et souffrait de ne pas le croire, ayant eu le malheur d’être très jeune confrontée à des critiques sur son physique et n’ayant jamais réussi à les chasser de son esprit, car, comme beaucoup de grands artistes, Janis doutait constamment d’elle et demandait tout le temps à être rassurée. Ce qui explique en partie son évasion dans l’alcool et les paradis artificiels.

Les témoignages des quelques hommes ayant traversé sa vie sont d’ailleurs bien représentatifs de ses choix, chacun parlant d’elle avec une gentillesse rare, leur impuissance commune face à son destin final étant traité avec beaucoup de pudeur

Autre qualité du documentaire, la riche correspondance de Janis lue en voix off par une autre chanteuse essentielle de notre temps: Chan Marshall (plus connue sous le nom de Cat Power) et dont la voix douce s’intercale parfaitement dans le film.

Pour conclure, Janis, Little Girl Blue vient honorer de belle manière les 45 ans d’absence de nos vies de Janis Joplin, même s’il reste quelques disques fiévreux pour nous accompagner.

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