LA VIE TRÈS PRIVÉE DE MONSIEUR SIM

Adapté d’un roman de Jonathan Coe, le film de Michel Leclerc (Les Chaises Musicales, Le Nom des Gens) ne va pas révolutionner le cinéma français, loin de là, mais il a au moins le mérite d’être original pour une seule idée : faire un parallèle entre son héros (Jean-Pierre Bacri, usé et en mode automatique) et un personnage historique tragique.

Personnage tiède et sans véritable centre d’intérêt, Monsieur Sim semble avoir tout raté dans son existence, sa vie sentimentale et privée, son mariage, son travail, etc. Quand une société lui propose de prendre la route dans une voiture high-tech pour aller vendre une brosse à dents  »révolutionnaire » dans la France profonde, il accepte sans hésiter, en profitant pour revoir sa famille et son ancien amour de jeunesse, sa dépression l’éloignant progressivement (puis dangereusement) de son objectif commercial initial.

La grande astuce de l’histoire vient d’une rencontre dans une soirée avec Samuel (Mathieu Amalric, impeccable mais sous-utilisé), passionné de voile et qui lui parle d’un navigateur au destin malheureux, lui offrant avant de le quitter le livre racontant sa tragédie en haute-mer. Repartant sur la route pour traverser une France moche, remplie de zones industrielles avec les mêmes ronds-points et les mêmes enseignes, Monsieur Sim va dévorer le livre entre deux clients, recréant malgré-lui le terrible destin du navigateur. Comme ce dernier, devenu fou sur son bateau, Monsieur Sim commence à perdre pieds, transformant une soirée avec sa fille en cauchemar, parlant à son GPS comme à une véritable personne ou manquant de renouer avec l’amour de sa vie (interprété par la belle et talentueuse Valeria Golino et paradoxalement bien trop jeune pour le rôle).

Après, il faut quand même se taper une comédie dramatique qui semble se complaire dans la médiocrité la plus populaire (les seconds-rôles…) et dont le personnage principal est un plouc terminal (Bacri ne semble même pas avoir besoin de se forcer). Pire, l’histoire n’ose pas aller au bout de son sujet, offrant une ultime pirouette narrative en forme de happy-end poussif et totalement aberrant. Et je n’oublie pas les flashbacks sur la vie du père de Monsieur Sim, au combien plus intéressants que le film lui-même, donnant presque matière à une seconde fiction que nous ne connaîtrons jamais. Bref, encore un film frustrant qui aurait pu donner quelque chose de fort, avec un peu de réécriture et un autre acteur. Thierry Lhermitte, par exemple, aurait été génial dans ce rôle.

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