AN DE NAOMI KAWASE

an-sweet-red-bean-paste-poster

 

 

 

 

Une fois de plus, un film japonais se voit affublé d’un titre français aberrant et totalement contraire à son propos d’origine. Après Hirokazu Kore-Eda qui avait vu son merveilleux Kamakura Diary transformé en Notre Petite Soeur (alors que le film ne se focalise pas du tout sur ce personnage), c’est au tour de Naomi Kawase de voir son puissant film An transformé en curiosité bobo du nom de Les Délice de Tokyo. Il y a vraiment des claques dans la face qui se perdent.

En effet, ceux et celles qui iront voir ce film en espérant assister à une truculente comédie culinaire (où une vieille dame passe son savoir à un cuisinier qui pourrait être son fils) risquent d’en être pour leur frais, le film de Naomi Kawase étant d’une noirceur sidérante.

Car la bande-annonce, à la différence de certains films américains, ne vend que le tout début du film; Sentaro (Masatoshi Nagase, vu dans Suicide Club) préparant et vendant sans conviction des dorayakis (gâteaux fourrés à la pâte de haricots rouges confits) dans une petite gargote, avant qu’une vieille dame, Tokue (Kirin Kiki, la tante dans Kamakura Diary!), ne vienne lui apprendre à bosser correctement, préparant la pâte an depuis cinquante ans. Et du jour au lendemain, la petite gargote devient hype.

La suite aurait pu être une jolie comédie printanière (les cerisiers en fleurs s’invitant comme souvent dans le cinéma d’auteur japonais) mais Tokue cache un terrible secret, ses mains en gardant les stigmates. La rumeur publique, (ainsi que la détestable patronne de Sentaro) va se charger de noircir son avenir dans l’ancienne gargote. Comme si cela ne suffisait pas, nous découvrons également les problèmes de Sentaro (et l’explication de sa consommation industrielle de cigarettes). Mais une jeune étudiante, habituée de l’endroit (Kyara Uchida, très effacée durant la première partie du film), va faire en sorte de donner une résolution digne à cette mésaventure.

je n’en dis pas plus, ce film admirable se doit d’être découvert sans trop en savoir, sa force évocatrice et sa moralité étant des choses bien trop rares dans le cinéma actuel pour être occultées. Dommage que le distributeur français n’aie pas pris la peine de le regarder avant de l’affubler d’un titre aussi putassier.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s