L’HERMINE

Hasard des programmations et de ma disponibilité, la vision de ce film français qui ne me tentait pas plus que ça et qui au final s’est avéré une très bonne surprise. Et pourtant ce n’était pas gagné d’avance.

La faute en incombe principalement à son acteur principal, Fabrice Luchini, un comédien aussi fascinant qu’il peut s’avérer irritant, nageant entre comédies grand public, films historiques et cinéma d’auteur, quand il n’étale pas sa science et son élocution exemplaire à la télévision. Ceux qui le connaissent, qu’ils l’aime ou qu’ils le déteste, le savent bien, Luchini ne laisse pas indifférent.

Eh bien justement, moi, j’avais fini par ressentir de l’indifférence pour lui, au même titre que je n’écoutes plus les albums de Jean-Louis Murat et que je ne lis plus les livres de Sophie Angot. Plus le temps, plus l’envie.

Dans L’Hermine, Fabrice Luchini est Michel racine, un président de cours d’assise plutôt désagréable, le genre de personne que ses collègues n’apprécient pas et évitent en dehors des tribunaux, le genre de personne qui condamne sévèrement les inculpés, comme pour se venger de sa triste existence au travers du rayonnement du système judiciaire en action, ne croyant même plus lui-même à une quelconque justice.

Présidant le procès d’un jeune père de famille accusé d’avoir tué son bébé à coups de pieds, Michel Racine voit sa routine bouleversée par l’une des jurés désignée pour l’occasion, Ditte Lorensen-Coteret (merveilleuse Sidse Babett Knudsen), une infirmière qui s’est occupé de lui après un grave accident et dont il est follement tombé amoureux. Hélas, ses sentiments à elle n’étaient pas aussi passionnés.

Soudain, le film de procès classique se transforme en drame romantique, l’affaire, aussi sordide soit-elle, redevenant un simple fait divers avec toute sa procédure, ses témoins (malhonnêtes ou involontairement loufoques) et son jury (bien représentation de la France métissée) qui se débattent pour y voir clair, tandis qu’une autre histoire, plus légère, se met doucement en place au travers des retrouvailles improbables de cet homme et de cette femme.

J’arrête là pour le descriptif, bien suffisant pour se faire une idée, la suite du film servant surtout de prétexte aux interactions entre les deux personnages principaux et à la mise aux points qui s’impose entre-eux.

Ne partant jamais dans la facilité et les rebondissements vulgaires qui gangrènent le cinéma français, L’Hermine (référence au manteau de président de Michel Racine) réussit à proposer de vrais et grands moments d’intimité au travers du jeu magnifique de ses acteurs, rappelant au passage à quel point Fabrice Luchini peut être touchant ou tout simplement beau par sa manière de regarder. Un rappel nécessaire après toutes les productions indignes de son talent dans lesquelles il s’est bien trop souvent perdu.

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