SUFFRAGETTE DE SARAH GAVRON

On sait bien qui n’ira pas voir ce film, tout ceux et celles qui ne pensent pas être concerné(e) par le féminisme, qui pensent qu’ils n’ont jamais abusé de leur statut d’homme ou souffert de leur condition de femme.

Plus dommage, toutes les féministes qui n’iront pas voir ce film pour des raisons aussi diverses que sa provenance (Hollywood, usine à rêves sexiste au possible), sa vérité historique déformée (pas l’ombre d’une femme de couleurs dans le film) ou encore la communication douteuse de la production à travers le casting principal (arborant des tee-shirts détournant la lute contre le racisme).

Après, le scénario est d’une femme (Abi Morgan) et le film est également réalisé par une femme (Sarah Gavron).

Se déroulant entre 1912 et 1913 à Londres, le film suit le parcours de Maud (merveilleuse Carey Mulligan), jeune mère ouvrière  qui devient par la force des choses une Suffragette, se retrouvant portée par une série d’événements qui vont la pousser à réfléchir à sa condition de femme dans un monde d’hommes, subissant une oppression inédite qui vient s’ajouter à tout ce qu’elle supportait jusqu’ici sans broncher.

Le combat principal de l’Union Sociale et Politique des Femmes étant bien évidemment le droit de vote, ces dernières se le voient refusé une première fois par le Parlement Anglais, avant d’être dispersées à coups de matraques par la police. Se faisant arrêter, Maud va faire la connaissance de l’inspecteur Steed (le bourru Brendan Gleeson), ce dernier traquant les Suffragettes sans relâche, aidé en cela par de nouvelles méthodes policières incluant un système révolutionnaire d’appareils photos.

Le film décrit donc celle longue partie de cache-cache entre la police et les Suffragettes, ces dernières se réunissant dans des lieux secrets pour mettre en place leurs petits actes terroristes (destructions de vitrines de magasins, de boites à lettres, etc.), leurs actions pacifistes ne leur ayant apporté que du mépris et de la moquerie de l’opinion publique.

Comme on peut l’imaginer, le point culminant du film sera l’acte de trop, celui qui fera rentrer les Suffragettes dans l’histoire des grands combats sociaux. Il est juste triste qu’il ait fallu en arriver jusque là pour que leurs justes revendications soient enfin prises au sérieux.

Véritable bras de fer quotidien entre les femmes et une société patriarcale, le film offre une perspective inédite par la violence ordinaire qu’il décrit, ne laissant rien passer et montrant bien jusqu’à quel point le combat a été inégal, voir totalement disproportionné. Comme si les hommes s’étaient entendus d’un commun accord pour soumettre les femmes, les faire taire et les empêcher de nuire par tous les moyens possibles et imaginables, les réduisant à une existence de servilité, à peine plus importantes que des animaux domestiques.

Le générique de fin est d’ailleurs édifiant, les dates où le droit de vote aux femmes a été accordé défilant les unes après les autres, jusqu’à-ce que la Suisse apparaisse dans les derniers pays… en 1971. Et ma copine de rectifier que dans certains cantons, le droit de vote n’a été effectif qu’en 1992!

Je crois qu’il est plus que nécessaire que vous alliez voir ce film.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s