EVEREST DE BALTASAR KORMAKUR

Vu un peu par hasard et sans connaître le pitch de départ, Everest s’est avéré une aussi excellente qu’étonnante bonne surprise. On est en effet loin des films d’action  en haute montagne du genre Cliffhanger et ce genre de productions fonctionnant sur l’adrénaline.

Film dramatique et biographique à la fois, Everest narre le fameux embouteillage mortel de 1986, année ou le business a pris le pas sur les règles les plus essentielles de sécurité, différentes équipes avec leurs clients se bousculant au camp de base afin d’accéder en haut de la fameuse montagne.

Le film de Baltasar Kormakur décrit avec beaucoup de réalisme le quotidien de ce business alors en plein boum, ne manquant pas d’égratigner au passage les méthodes douteuses de certaines compagnies, peu regardantes à partir du moment que leurs clients passent à la caisse. Se focalisant principalement sur une équipe et ses clients (oui, le terme est important), afin de bien nous les faire connaître tout au long de leur préparation, passant de l’aéroport à un bar, puis au camp de base, chaque personnage y allant de ses motivations, aspirations, le tout entrecoupé d’anecdotes et de backgrounds divers, Everest brosse en un rien de temps et avec une économie de moyens exemplaire les portraits d’une bonne dizaine d’hommes (dont une femme, la seule) que nous suivront jusqu’au bout de leur destins respectifs. Et j’en arrête là avec le descriptif car j’en ai assez dit. Même si ce fait divers date d’il y a deux décennies, que vous l’avez peut-être lu dans un livre ou un article, voir sur Wikipedia, le film mérite quand même de se découvrir dans sa globalité, l’histoire étant finalement assez secondaire.

Sujet casse-gueule (sans jeux de mot) de par son casting essentiellement masculin, Everest raconte une fois de plus l’histoire d’hommes aveuglés par leur ego (ou simplement leurs rêves), tandis que leurs femmes (Emily Watson, Robin Wright et Keira Knightley, formidables mais sacrifiées par leurs rôles ingrats) restent pendues au téléphone à pleurer pour qu’ils reviennent.

Malgré tout, cela ne suffit pas à faire d’Everest une ode à la masculinité mais plutôt à la folie élevée au rang de sport et de passion. Une chose que je peux comprendre sans pour autant être d’accord avec.

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