DEUS EX HUMAN REVOLUTION SUR PS3

Troisième volet de la tétralogie Deus Ex, Human Revolution se passe en 2027, soit 25 ans avant les événements du premier opus. Jeu de tir à la première personne avec des ingrédients de jeu de rôle et d’infiltration, Human Revolution raconte l’avènement de Sarif Industries, pionnier des membres augmentés mécaniques et du transhumanisme dans une société au bord de la guerre civile.

Le héros du jeu, Adam Jensen, victime d’un attentat perpétré contre Sarif et désormais pourvu de membres bioniques, est chargé d’enquêter afin de savoir qui en veut à ses patrons, ce qui va l’amener à découvrir d’autres vérités bien plus sombres et immorales, rencontrant d’autres individus comme lui mais avec des intentions moins pacifistes.

Évoluant dans un monde cyberpunk bien dark et saturé par la pollution, Jensen gravite entre son appartement (inutile comme son concierge), les locaux de son employeur (tous ces bureaux à visiter sans raison), la ville-basse de Hengsha, le commissariat de police (tous ces bureaux à visiter sans raison…) et quelques autres lieux de son quartier, ses missions l’envoyant dans quelques autres destinations, la plupart du temps à bord d’un super-hélicoptère de la compagnie pilotée par une charmante demoiselle aussi peu développée que les autres personnage secondaires.

On contrôle donc Adam Jensen, ce dernier disposant d’un menu (extensible avec sa progression) qui lui permet de collecter toute une panoplie d’armes, de grenades, mines et virus en tout genres pour l’aider à craquer des ordinateurs protégés qui, révéleront des centaines de mails que vous finirez par ne plus lire ou vous permettront de voir vos ennemis sur les caméras de surveillance et de contrôler des tourelles ou des robots, ce qui est déjà plus pratique, sauf quand ça ne sert à rien.

Les missions et l’argent permettent également d’augmenter les membres bioniques de Adam, mais entre la possibilité d’être furtif, d’agrandir son menu, de courir plus vite, de voir mieux ou encore d’être plus fort, il faudra faire des choix. Pas très cool de la part des développeurs d’avoir choisi ce moyen pour nous faire rejouer Human Revolution différemment.

Il faudra aussi faire des choix en cours de route et bon nombres d’objets se révéleront inutiles ou obsolètes selon telle ou telle mission. Entre les abandonner pour faire de la place dans le menu ou les revendre à un trafiquant, le choix ne se fera pas vraiment, la seconde option pouvant s’avérer laborieuse ou impossible sur le moment. Surtout, on passe une bonne partie des premières heures de jeu avec le minimum vital niveau munitions, ce qui vous fera apprécier toute l’efficacité des headshots au revolver depuis une conduite d’aération plutôt que l’arrosage à l’arme lourde au milieu d’un couloir.

Rajoutez à tout ça des personnages relativement moches, d’absurdes dialogues sans aucune âme et une I.A. quelque peu défaillante (des personnes tremblant quand vous sortez d’un ascenseur, buvant et fumant pendant qu’on vous tire dessus ou des gardes ne vous voyant pas alors que vous êtes juste derrière eux ou accroupi à côté, etc.) et vous aurez une bonne idée du côté mal foutu de ce jeu, d’autant que son charabia technique et son questionnement éthique tombent vite dans une sorte de jargon spiritualo-sectaire du plus mauvais effet. Comme si un jeu pouvait donner une conscience sociale à des gamers (voir les trois cinématiques de fin avec images d’archives)… On croit rêver!

Pourtant, le jeu possède ses qualités, les environnements, bien que peu nombreux, sont vastes et remplis de coins cachés que l’on découvre parfois par pur hasard, en se perdant surtout! Les décors sont beaux et plutôt fouillés pour des lieux où l’on ne passera pour la plupart qu’une fois. Et cet univers a globalement de la gueule.

Il y a pourtant passablement d’endroits vides qui ne servent à rien et dont on se demande bien à quoi ils servent. On peut se cacher dans une penderie d’un appartement ou y cacher des adversaires mais encore faudrait-il que ces derniers répondent à l’appel. Même chose pour le côté furtif du jeu, qui se rêverait comme celui de Metal Gear mais qui au final s’avère totalement impossible dans la pratique. Même souci avec les boss du jeu qui peuvent être anéantis en une poignée de seconde à condition d’avoir fait le plein de mines et d’artillerie lourde, donnant une connotation bourrin à l’ensemble, comme en atteste la triste fin du jeu qui est plus synonyme de tir au pigeon qu’autre chose.

Au final, Deus Ex Human Revolution s’avère une fois de plus une expérience de jeu mitigée, la faute à des développeurs (Eidos Montreal) poussifs et peu scrupuleux sur l’héritage vidèo-ludique qu’ils laissent derrière-eux. Tout le monde ne s’appelle pas Rockstar ou Rocksteady et c’est bien dommage.

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