SILENT HILL DOWNPOUR SUR PS3

C’est avec beaucoup d’appréhension que j’ai abordé cet énième opus de la franchise de Konami, ayant abandonné il y a plus d’une décennie avec le volume 4, The Room, qui, bien que de qualité, marquait déjà l’essoufflement de la série après trois jeux pratiquement parfaits.

Ayant découvert Silent Hill à l’époque de la PS1 en même temps que la peur dans les jeux vidéos (parce que Resident Evil ne m’a jamais vraiment fait peur même si j’adore cette saga), je ne peux que difficilement retranscrire aujourd’hui les émotions ressenties à l’époque. Je me souviens juste de ces longues parties angoissantes à rechercher cette gamine avec ce fichu brouillard, ces sirènes traumatisantes, ainsi que la radio qui se mettait à grésiller quand des trucs affreux s’approchaient au loin. Comment contourner un problème d’affichage pour en faire une expérience de pure flippe. Du 2, je me souviens surtout de ses magnifiques cinématiques et de la belle mais inquiétante Maria, sosie parfait de la femme perdue du héros. Quand au 3, évidemment, c’est la fête foraine morbide qui domine mes souvenirs de joueur.

Développé par le studio tchèque de Vatra Games, Silent Hill Downpour semble être la raison de leur faillite, le soft ne s’étant pas très bien vendu. J’y reviendrai.

Comme d’habitude, l’histoire ne suit pas les précédentes et l’on se retrouve dans un nouveau coin inédit au sud-est de Silent Hill. Le personnage principal se nomme Murphy Pendleton, c’est un criminel échappé d’un accident de bus pénitencier et bloqué dans la ville maudite. Il est poursuivi par une policière, seule survivante avec lui de l’accident, mais leurs interactions sont plutôt rares et n’ont que peu d’incidence dans l’histoire, si ce n’est un choix au début qui pourra influencer les fins alternatives.

Les premières minutes de jeu s’avèrent plaisantes, renouant honnêtement avec les trois premiers opus de la série (désolé, je n’ai pas joué à Origins, Homecoming et Shattered Memories), Murphy) et rapidement on se retrouve à fouiller tous les endroits possibles pour trouver des armes et autres objets. Un personnage récurent fait sa première apparition, il s’agit d’un facteur pour le moins énigmatique. On le reverra. Les premières attaques arrivent enfin, il va falloir s’y habituer car elles persisteront durant tout le jeu, à quelques variantes près. Il y a deux sortes d’attaquants principaux, les premières sont des femmes zombifiées en haillons qui ont la particularité d’étourdir avec leur cri, ce qui leur permet d’attaquer en nous sautant dessus. Les suivant sont des hommes barbus en mode berserk, torse nu avec un couteau pour nous planter. Ils sont un peu plus balèzes mais on s’en débarrasse facilement. Sauf que durant le jeu, on en élimine bien quelques centaines. Le studio aurait pu faire un petit effort pour leurs trouver d’autres accoutrements car après quelques heures de jeu, c’est un peu pénible, le seul intérêt étant de tester de nouvelles armes sur eux. Sauf que Murphy ne peut pas en transporter beaucoup et qu’en plus elles se cassent à la longue, ce qui explique la collection de pelles, pics, râteaux et autres briques qui se retrouveront sur votre chemin tout le long du jeu. Quand aux sirènes chères à la série, elles sont ici remplacées par celles des voiture de police qui patrouillent en ville et disparaissent pour faire place à nos agressifs amis.

L’arrivée dans un Diner permet enfin de se retrouver dans l’Autre-Monde, sauf qu’il va falloir courir comme un dératé pour échapper à une sorte de trou noir qui vous colle aux basques, pas trop le temps de visiter donc. Cet ennemi pour le moins stressant intervient plusieurs fois et vous fera recommencer à plusieurs reprises du fait que vous vous serez perdu en route ou aurez essayé de le ralentir en vain. Heureusement, la suite du jeu vous offrira des moments plus décontractés dans l’Autre-Monde, même quand vous serez confronté au Boogeyman.

Entre le téléphérique, la station de radio et un couvent en ruines, Murphy aura de quoi s’occuper pour tenter de s’échapper de Silent Hill tout en essayant de comprendre le lien étrange qu’il semble avoir avec elle, son passé resurgissant par intermittences en fonctions de ses interactions avec les quelques rares humains encore présents. Le reste du temps, il crapahutera à travers les bois et surtout les rues de la ville pour achever des quêtes secondaires hautement tirées par les cheveux, surtout quand des orages éclatent, attirant des ennemis redoublant d’agressivité.

Un conseil en or, il y a passablement d’échelles d’incendies qui vous demanderont la possession d’un crochet afin d’accéder à des bâtiments. Ne vous battez pas avec ces crochets, ils se brisent rapidement et c’est parfois une galère pour en retrouver un.

Ces quêtes secondaires sont plus que jamais le cœur du jeu, déjà parce que ce dernier est relativement court (on peut plier Downpour en moins de dix heures si on est pressé) et ensuite parce que Silent Hill rime avec casse-têtes. C’est donc une véritables chasse aux trésors qui s’offre au jouer pour retrouver des tableaux, faire apparaître des signes sur les murs et récupérer des jetons, libérer des oiseaux dans des cages (ouais…) ou aider un clochard qui vous filera un pass pour se déplacer dans les tunnels de la ville. Sauf qu’ayant rencontré ce personnage à la fin du jeu, son cadeau bien pratique ne m’aura pas vraiment été utile. Et c’est là où le jeu s’avère frustrant, c’est qu’il ne semble pas avoir vraiment de sens logique au niveau de sa progression. Pour ma part, j’ai pratiquement du résoudre toutes ces quêtes secondaires ensemble alors que je pouvais quitter la ville en bateau depuis des heures.

A 70% du jeu, vous n’êtes déjà plus à Silent Hill mais dans une prison en ruines et, cadeau, plus aucune possibilité de revenir en arrière pour finir les quêtes secondaires. Et là, le jeu perd grandement de son intérêt, même si le boss final s’avère assez sympa et les révélations finales plutôt satisfaisantes.

Alors qu’est-ce qui a fait que Silent Hill Downpour a été un tel échec et le dernier jeu de Vatra Games? Eh bien, comme dit précédemment, ce jeu, malgré son ambiance inquiétante, ses énigmes tordues, ses nombreux moments de terreur et ses clins d’œil appuyé aux précédents jeux (on retrouve même l’appartement du quatrième!) est foutrement mal fini.

Je ne compte plus le temps perdu à fouiller des endroits gigantesques pour espérer y trouver des objets qui se fondent dans le décor et qui sont prioritaires pour avancer. Et même quand vous les trouvez et les faites fonctionner, pour des raisons de placement, ça ne fonctionne pas tout de suite, ce qui est très chiant sur le moment, nous forçant à insister jusqu’à-ce que ça fonctionne enfin.

Mais le pire, c’est que Silent Hill Downpour est buggé. Je ne compte même plus les ralentissements et les bugs d’affichage, parfois pendant de longs passages du jeu, principalement dans la deuxième partie du côté du port. Le jeu s’est même freezé deux ou trois fois, m’obligeant à retirer le disque en perdant la progression en cours. C’est totalement inacceptable pour un jeu de 2012.

Malgré tout, si vous passez outre ces quelques désagréments, ce jeu vaut la peine d’être joué. J’aurai quand même préféré éviter d’aller voir sur internet pour résoudre certains soucis mais, hélas, je n’avais pas vraiment le choix. Au final, la trentaine d’heures passée sur Downpour restera une expérience majoritairement positive. Mais ce jeu à décidément les qualités de ses défauts.

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