ANT-MAN

En règle générale, j’essaie de ne pas taper sur les bons films (car oui, Ant-Man est un bon film), mais celui-là, désolé, il mérite de s’en prendre plein la gueule vu le gaspillage de potentiel filmique qu’il représente.

Adapté d’un comic de Stan Lee, Jack Kirby et Larry Lieber du début des années 60, Ant-Man vendait du rêve avant même son premier jour de tournage. Pensez donc, le membre fondateur manquant des Avengers (avec sa copine, The Wasp) allait enfin avoir droit à son film, qui plus est réalisé par Edgar Wright, le mec de Shaun of The Dead et Scott Pilgrim vs. the World!

Et puis on a appris que l’histoire se focalisait sur le deuxième Ant-Man, très nettement moins intéressant. Puis Edgar Wright a quitté le navire pour différents créatifs avec la production. Soudainement, ça commençait à sentir mauvais, un peu comme le départ de Darren Aronofsky de The Wolverine avec le résultat que l’on sait.

Et puis le film est arrivé au cinéma et j’ai été le voir. Verdict: meilleur pilote de série télé de tous les temps! Seul problème, pour le deuxième épisode,  il va falloir attendre un bon moment.

Plus sérieusement, cette critique a pour seul but de se poser en contrepoint avec la déferlante de critiques ultra positives qui est en train de submerger les médias, tout le monde semblant aimer Ant-Man depuis le carton des Guardians of the Galaxy et la confirmation du second film Avengers.

Ant-Man, mis à part une courte scène de baston avec un autre super-héros bien connu, ne possède aucun atome crochu avec les derniers films Marvel, il en est même aux antipodes, proposant un spectacle familial avec un papa courage qui essaie de récupérer un droit de visite de sa fille tout en s’embringuant dans des casses foireux avec des aspirants gangsters dignes de Home Alone. Pire, sous son déguisement de film de super-héros, Ant-Man n’est en fait qu’une comédie de braquage dont les rares moments sérieux sont détruits par un ton général qui ne l’est jamais.

Alors voila, on pourra me rétorquer que personne ne connaît le comic d’origine (ce qui est vrai, c’est plutôt obscure) et qu’on s’en fiche de la vérité historique, les films de super-héros sont censés être funs et Ant-Man est un film fun. Et là je vous réponds que non, les films de super-héros ne sont pas censés être funs, ils sont censés être cathartiques et épiques, ce qui les rends funs au final. Le parcours du héros, le chemin qui l’amène à risquer sa vie pour sauver des inconnus qui, pour la plupart, le lyncherait s’ils en avaient l’occasion car ils ont peur de ce qu’ils ne comprennent pas, voilà ce qui amène l’exaltation dans les salles de cinéma, voilà ce qui fait que Man of Steel, The Dark Knight ou encore The Avengers sont des grands films, car ils nous font croire à des personnages qui ne peuvent pas exister dans notre triste société moderne.

Et c’est pourquoi Ant-Man ne fonctionne pas autrement que comme un divertissement, car la production s’est trompé de héros. Le vrai héros du film, ce n’est pas Scott Lang (sympathique et innofensif Paul Rudd, aussi nase que Ryan Reynolds dans Green Lantern), c’est Hank Pym!!!

Seul souci, les scénaristes ont décidé que Hank Pym était un héros des années 90 à la retraite. Tout ça pour pouvoir engager une légende vivante en la personne de Michael Douglas. Résultat, hormis la scène d’intro ou un Douglas rajeuni claque la porte de sa propre entreprise (ainsi que la tronche d’un associé qui aurait mieux fait de la fermer) et un flash-back épique qui raconte sa dernière mission avec sa femme (perdue dans l’infiniment petit), Hank Pym n’est qu’un vieux savant en quête d’un apprenti.

Hank Pym, le créateur de Ultron (oui, les films vous mentent), celui qui a détruit ce dernier à coup d’uppercuts au vibranium dans la tronche dans ce qui pourrait bien être le meilleur épisode du comic des Avengers (qu’il a crée avec Captain America, Thor, Hulk, Iron Man et The Wasp, les films vous mentent bis), l’homme aux multiples alias, dont le Yellowjacket du film (les films vous mentent tellement), le troisième génie du Marvel Universe avec Tony Stark et Reed Richards n’est dans Ant-Man qu’un inoffensif savant à la retraite avec un tank pour guise de porte-clés dans sa poche. Super.

Et si ce n’était que ça… On a constamment la sensation de se balader dans une série télé, quelque part entre Weeds, Better Call Saul et Smallville pour le coté super-héros. Je peux même pas comparer avec des séries modernes comme Daredevil, Arrow ou The Flash car Ant-Man ressemble tellement à un programme familial que ça en est gênant. Les scènes avec les fourmis, potentiellement flippantes et immersives, renvoient à la franchise des Honey, I Shrunk the Kids! Et même en occultant l’énième origine story qu’est ce film, comment justifier ce scénario cousu de fil blanc ou un gentil cambrioleur devient malgré lui un super-héros pour finir par mettre en danger sa propre famille?

Sinon, comme d’habitude, le méchant est pathétique (Hank Pym en Yellowjacket était parfaitement evil, mais non, prenons plutôt un ersatz de Lex Luthor en la personne de Corey Stoll pour montrer à DC…) et le seul personnage féminin (Hope Van Dyne, incarné par la talentueuse Evangeline Lilly) est expédié à chaque scène alors qu’il est plus intéressant que le reste du casting! On ne change pas une formule qui gagne.

Au moment où j’écris ces lignes, Ant-Man est numéro 1 au box-office américain, ce sera certainement l’un des hits de l’été et le feel good movie de l’année pour bon nombre de médias. J’apprendrai peut-être à l’aimer avec le temps si je tombe sur le dvd chez Cash Converter ou sur Netflix, à le prendre pour la chouette petite comédie familiale qu’il est (réussissant même, un exploit unique à ce jour, à aseptiser l’un des meurtres les plus graphiques jamais vu à l’écran) et que le public et la presse semblent voir en lui dans un consensus général.

En ce qui me concerne, Ant-Man, sans être mauvais, est le pire gâchis de personnage depuis Daredevil (le film, pas la série) et Elektra. Peyton Reed est un réalisateur sans imagination et tout les effets spéciaux du monde ne feront jamais de lui un créateur visionnaire. Un film à oublier car au final inutile.

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