RIPPER STREET, SAISONS 1-2

Les productions de la vénérable BBC ont le vent en poupe depuis une décennie, leur tonalité changeant radicalement de celles des networks américains, toujours un peu trop dans la démesure et l’appât de l’audimat.

Se passant dans le Londres de 1889, plus précisément dans le quartier de Whitechapel au temps de Jack l’Éventreur (en fait six mois après son dernier meurtre), Ripper Street suit les enquêtes de la division H dirigé par l’inspecteur Edmund Reid (Matthew MacFadyen). Sous ses ordres, le sergent Bennett Drake (Jerome Flynn alias Bronn de Game of Thrones), boxeur à ses heures perdues et Homer Jackson (Adam Rothenberg), un chirurgien militaire américain. Ils sont aidés par la femme de ce dernier et tenancière d’une maison close, Long Susan Hart (MyAnna Buring de The Descent et Twilight).

Reconstitution d’époque oblige, Ripper Street est, comme Penny Dreadful, un festival pour les yeux et les sens, le sens du détail allant très loin pour que l’on croie à cet étalage de pauvreté et de misère humaine au travers des rues de Whitechapel.

Malheureusement, à l’inverse de la série précitée, Ripper Street peine quelque peu à proposer une histoire globale forte, se contenant d’accumuler les épisodes les uns derrière les autres avec une rigueur honorable mais hélas sans génie. Alors oui, il y a d’excellents moments, le casting est parfait, mention aux jeunes policiers, même si certains ne font pas de vieux os, mais on ne peut s’empêcher de penser que toute cette entreprise gâche quelque peu le potentiel énorme de sa promesse sur le papier.

Si le développement des trois personnages de la division H est de loin la pierre angulaire de la série, ces policiers étant loin d’êtres des enfants de cœur, chacun possédant son côté obscur et arrivant de plus en plus mal à le cacher au fil des épisodes, on ne peut que regretter le classicisme de la mise en scène et le manque d’ambition de l’ensemble.

Heureusement, les derniers épisodes de la seconde saison, particulièrement enlevés et violents, laissent présager de grandes choses pour la saison trois, Jerome Flynn prenant le show en otage avec une puissance telle que la suite ne pourra qu’être grandiose.

Surtout, la série dispose enfin d’un véritable bad guy en la personne de l’inspecteur Jedediah Shine (Joseph Mawle), dont les dix ans dans la police de Hong Kong en ont fait un spécialiste de la question chinoise et un individu abject. Il est d’ailleurs étonnant de constater qu’il partage bien des point communs avec un autre méchant bien connu, William  »Bill the Butcher » Cutting, incarné par Daniel Day-Lewis dans le film de Martin Scorsese, Gangs of New York.

Sans trop spoiler, il aura fallu fendiller la division H pour que les choses deviennent enfin intéressantes, via le fil rouge de la série qui est la boxe anglaise, cette dernière donnant lieu à une dernière scène d’anthologie dont l’issue sera lourde de conséquences pour la suite. Vivement, donc.

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