INTERVIEW EXCLUSIVE CHLOÉ MONS

Des nouvelles de Chloé Mons, nous n’en avons pas eu beaucoup ces dernières années, la belle préférant voyager dans les pays chauds que de parler sans arrêt à la presse avide de révélations de celui qui fut son mari et dont elle fut la muse, Alain Bashung. Elle nous revient enfin avec un très beau disque dans ses bottes de sept lieues.
 »Walking » est votre troisième album solo, né des vos derniers voyages, et la langue française y est plus rare cette fois.
Chloé Mons : J’ai beaucoup voyagé ces dernières années, en Afrique et aussi aux États-Unis et comme j’écris dans la langue dans laquelle je vis, les chansons me sont arrivées plus en anglais que par un choix délibéré.
L’album a été enregistré à Kingston.
Oui, à la différence des deux premiers qui avaient été enregistrés à la maison chez moi, j’avais cette fois besoin de changer quelque chose dans mon dispositif pour ne pas m’ennuyer. J’ai appelé Malcolm Burn, qui a travaillé avec Emmylou Harris, Bob Dylan et énormément de gens et on est allé chez lui. On commençait toujours le matin et on enregistrait pendant la journée.
Selon vous, le côté hanté de cet album vient essentiellement de vous ?
Oui (rire) Ma vie est très agitée, riche, pleine de facettes très différentes, certainement avec des gouffres aussi, des zones mystérieuses, la vie n’est pas toute blanche ou toute noire, elle est pleine de nuances et j’aime bien aller dans ces nuances.
Il y a cette chanson,  »Pray » qui ouvre et ferme l’album, revenant à la fin dans une version plus ambiant,  »Pray Still ».
On l’appelay  »Pray Liquid » (rire) pour la différencier, c’est la version liquide de  »Pray » ! On aurait pu dire sky aussi car pour moi c’est un album assez tellurique, qui parle des éléments, surtout avec le côté africain tribal des percussions, qui était pour moi une évocation de la terre. En Afrique les gens dansent beaucoup, frappent sur le sol, très fort, et à la fin partir sur quelque chose de totalement aérien ça me plaisait, le voyage finissait dans le ciel, ça me plaisait.
Vos racines country punk blues laissent enfin passer un peu de pop dans vos chansons comme c’est le cas avec  »Mr. Fantom », est-ce arrivé naturellement ?
C’est très naturel car je n’ai pas l’impression de faire de la pop, même si je n’ai rien contre ça, j’en écoute aussi. C’est peut-être un morceau qui est plus facile mais il est venu comme ça très naturellement, mais tant mieux aussi si les gens qui sont un peu rebutés par ma musique y arrivent grâce à ce morceau. Pour moi c’était une ballade un peu country et entraînante, je pensais à Neil Young en l’écrivant.
Pouvez-vous nous parler de Scopitone Is Not Dead et des deux que vous avez tourné pour David Vallet ?
Je l’ai rencontré par l’intermédiaire du groupe de jerk de mon frère, Sheetah et les Weissmuller, qui est très marrant, et je lui ai proposé de faire des clips. David Vallet est quelqu’un avec qui il est très facile de travailler, c’est rapide, c’est du plaisir et puis c’est chouette de voir des gens qui ont des vrais démarches artistiques et singulières, qui font avec les moyens du bord des clips pour le plaisir. C’est une époque où tout le monde bricole et essaie de faire exister sa came comme on peut (rire), ce qui n’est pas toujours facile, mais on est dans le même élan et on raconte la même histoire.
L’album est sortit fin mai, vous avez eu des bons retours ?
Ben oui, vous êtes là et je suis ravie de tout ce qui s’est passé autour de ce disque, on continue sur notre lancée et j’espère tourner autour de janvier. On sera trois sur scène, moi, Yann Péchin mon guitariste et un batteur.
Vous avez été un peu chahutée au moment de vos premiers pas sur scène (en première partie de Bashung), qu’est-ce que vous gardez comme souvenirs de cette époque ?
Oh… c’était super, c’est bien de jouer. J’ai eu des expériences rock n’roll, on peut le dire, mais ce n’était pas vrai pour tous les concerts, j’ai eu des moments difficiles mais quand on fait une première partie on est jamais attendue par son public et ça peut être électrique. J’en garde des souvenirs plutôt joyeux car je pars du principe qu’à partir du moment où on est sur scène on offre quelque chose, on partage avec le public et l’important est qu’il se passe quelque chose. Dans la tiédeur actuelle, c’est bien, même si c’est violent, qu’on vous jette des tomates pourries, c’est positif car ça provoque des choses. Le public est aussi là pour s’exprimer et tant mieux s’il rugit. Quand vous avez une salle comme l’Olympia qui vous hurle dessus et que vous vous retrouvez toute seule avec un petit ukulélé devant, eh bien on a de quoi éprouver sa foi. Quand je sortais de ces concerts j’étais championne du monde de boxe.
Vous parliez de votre ukulélé, on le retrouve sur vos trois albums ?
Oui, mon ukulélé c’est l’histoire de la pantoufle de verre et de Cendrillon, c’est Yan Péchin qui me l’a offert pour mon anniversaire et ça a été la révélation, c’était ce qu’il me fallait, mon instrument. Après j’ai pas pu m’empêcher de brancher des micros, des pédales, des distorsions, des trucs et des machins pour finalement finir par en faire fabriquer un par mon luthier, avec des cordes en métal pour faire de la slide etc.
Et que vous arrivez à faire sonner comme une guitare finalement.
Presque, mais quand même avec un truc un peu comme un jouet. L’idée de faire avec peu, less is more, j’aime ça. Comme l’idée qu’on peut pas vous empêcher de chanter, ça c’est la liberté et personne ne peut vous l’enlever.
Il faut qu’on parle de votre reprise du  »Hot Stuff » de Donna Summer, dites-moi tout.
Oui (suave). Ce disque c’était un voyage dans la musique noire et mon rapport à l’Afrique et au rock n’roll car tout vient de là-bas et c’était un peu une façon de parler de cette musique jusqu’à aujourd’hui. C’est une chanson intemporelle qui parle des femmes, du désir féminin, donc remettre une couche là-dessus avec cette chanson qui était interprétée par une panthère sur des rythmes disco, qui est la suite de la soul qui est la suite du blues qui est la suite de la musique africaine… voila, ça faisait sens pour moi, j’avais envie de la chanter.
Pourquoi  » Straight In The Tempest » ne s’appelle pas  »Walking » comme le titre de l’album ?
Le titre de l’album est venu après, pour moi ce n’était pas collé, je n’y ai pas pensé. C’est une fois à Kingston en faisant le disque que je me suis dit qu’il s’appellerait  »Walking », à cause de cette histoire de percussion qui rythmait comme une marche.
Aucun lien avec les bottes que vous arborez sur la pochette et la fameuse chanson de Nancy Sinatra ?
Pas du tout. Après il se trouve que tout cela fait sens car je suis une dingue de pompes, de bottes et que j’aime beaucoup Nancy Sinatra. Mais ce n’était pas voulu au départ (rire).
http://www.myspace.com/chewytherockband/blog

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