DURAN DURAN « ALL YOU NEED IS NOW »

Pour votre serviteur, Duran Duran est une vieille histoire d’amour faite de ruptures, de chagrins et de réconciliations. Quand le line-up original est revenu au début du nouveau millénaire avec l’album « Astronaut », c’est un peu comme si mon adolescence revenait en pleine gueule pour me rappeler les jours heureux. L’album était bon mais pas aussi fulgurant que je l’espérais, à l’exception de deux titres magiques, « What Happens Tomorrow » et « Still Breathing ». Mais Duran Duran était de retour en forme et l’essentiel était bien là. Le départ de Andy Taylor avant la sortie de « Red Carpet Massacre » sonna comme un nouveau divorce pour moi. Comment DD pouvait-il se séparer à nouveau de son seul élément rock et faire produire sa galette par Timbaland?! Encore aujourd’hui, même si je concède quelques qualités à un titre comme « Nite Runner » (single parfait jamais sortit en single… allez comprendre!), je déteste ce disque.

Quand j’ai lu que c’était Mark Ronson qui produisait le nouveau DD, ça ne m’a pas rassuré plus que ça, d’autant que le monsieur clamait partout que pour lui le groupe s’était égaré après son deuxième album, « Rio ». Super… Un producteur qui trouve « Seven & The Ragged Tiger », « Notorious », « Big Thing », « Liberty » et « The Wedding Album » comme des albums dispensables! Les premières écoutes internet ne m’ont pas plues du tout au début, et puis d’autres titres sont arrivés, bien plus fascinants, avant que l’album n’arrive dans ma boite aux lettres.

Je l’écoute en ce moment et je dois reconnaître que c’est un très bon disque de Duran Duran, parfaitement dans l’air du temps et à la fois totalement intemporel, le producteur ayant réussi son pari de donner une suite rêvée à « Rio ». Les trois titres de début sont imparables, à commencer par le catchy single éponyme, suivit par le non moins entrainant « Blame The Machine » et le formidable « Being Followed » qui serait un second single d’enfer.

« Leave A Light On », plus calme, semble tout droit sortit d’un coffre enterré dans les années 80. Par contre, un titre comme « Safe » vient rappeler le côté jet set de Duran Duran et pas en bien, les vocaux de Ana Matronic n’arrangeant rien. Heureusement, « Girl Panic! » avec sa rythmique salsa et ses synthés (Nick Rhodes en très grande forme) vient remettre un peu d’humanité dans l’affaire, le refrain étant une petite merveille. Surtout, Simon LeBon chante comme jamais, lui aussi envahi par la détermination de son producteur à remettre le groupe dans son époque.

Si « A Diamond In The Mind » me laisse un peu froid, il n’en va pas de même de « The Man Who Stole A Leopard », sorte de « The Chauffeur » version 2.0 qui bénéficie des arrangements de Owen Pallett et de la voix de Kelis. Un putain de grand moment, presque innespéré après trente ans d’activité. Ce disque devient juste sidérant, dramatique en diable par moments, les parties de synthés de Nick Rhodes partant dans le crucial, tandis que la basse de John Taylor résonne au diapason de la batterie de Roger Taylor, telle une mécanique bien huilée.

« Other People Lives » assure une transition réussie en déboulant comme la petite bombe pop qu’elle est, donnant l’illusion, une fois de plus, que le groupe est composé de trentenaires en pleine forme. « Mediterranea » vient calmer les ardeurs en s’autorisant quelques moments contemplatifs qui flirtent un peu avec les limites du genre, mais bon, la chanson est jolie et réussit à ne pas faire sombrer toute l’entreprise dans la guimauve, mais de peu. Un peu comme « Too Bad You’re So Beautiful », titre entrainant mais qui sent la fin d’album et semble avoir été repiqué sur le premier album du groupe. Ca commence à sentir mauvais, il serait temps de redresser le cap, mais nos vieilles idoles en sont-elles capables?

la réponse se nomme « Runway Runaway », sorte d’inédit phantasmé de « Rio » et dont le refrain, à défaut d’être super original, réussit à garder l’auditeur devant sa platine pour les deux derniers titres. Drôle de disque quand même, plein de chansons assez super avec quelques grandes moments, mais il manque quelque chose pour vraiment se réjouir de l’entreprise.

« Return To Now » et ses violons, via Owen Pallett, vient nous rappeler le single éponyme, avant que « Before The Rain » n’entre en scène pour nous achever. Entendons-nous bien, je suis fan de ce groupe depuis 1983 et il m’arrive très souvent de délirer avec leur oeuvre globale, mais en tant que critique, je ne laisse rien passer, et cette chanson est… immense. Si vous devez juger Duran Duran, c’est sur des titres de cette empleur et non pas sur ses singles, souvent racoleurs. Quand les larmes vous viennent et que l’envie d’allumer une clope se fait sentir, pas de doute, vous écoutez de la putain de bonne musique.

Cet album est une foutrement bonne surprise, ceux qui haïssent Duran Duran (ouais, c’est comme Indochine, il y a des gens qui les haïssent…) continueront dans cette voie, mais on les plaint un peu car ils ratent quelque chose. children of the eighties, this one is for you and fuck them all!!!

http://www.duranduran.com/

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