GEOFF EMERICK/HOWARD MASSEY « EN STUDIO AVEC LES BEATLES »

Depuis la séparation des Beatles, il y a maintenant quarante ans, les librairies sont régulièrement envahies par tout un tas d’ouvrages plus ou moins pertinents sur les quatre garçons dans le vent, biographies non autorisées, révélations à l’emporte pièce et témoignages de personnes les ayant croisés un soir, très tard, dans un couloir, ce dernier mal éclairé… ce genre. Paul McCartney racontait il y a encore quelques années sa manière de les juger, il en prenait un, l’ouvrait au hasard et commençait à lire. Après trois erreurs, il le refermait à jamais. Il en aurait beaucoup refermé. On sait aussi qu’il s’est abstenu, tout comme Ringo Star, de commenter le livre de mémoires de Geoff Emerick qui est sortit ces jours. Pourquoi? Simplement par respect pour l’ingénieux du son historique des Beatles. Il faut dire que du haut de ses quinze ans, cet assistant ingénieur, qui rencontre les Beatles lors de son deuxième jour de travail, ne va pas tarder à violer toutes les règles d’enregistrement des studios Abbey Road pour donner un son novateur au groupe qui va révolutionner la pop music. Commençant à déplacer le matériel, à repositionner les micros, à saturer les amplis et à filtrer les voix, prenant de plus en plus d’importance dans le processus d’enregistrement du quatuor, Emerick commence gentiment, à seize ans, à devenir aussi indispensable que le vénérable George Martin, ce dernier visiblement un peu dépassé par la révolution musicale en marche, les Beatles refusant de sonner comme tout le monde sonnait à l’époque. Grouillant d’anecdotes de studio aussi passionnantes que véridiques, ce livre est un véritable cadeau pour les fans des Beatles et de musique contemporaine en général. Imaginez, sept ans de vie commune à enregistrer la bande-son d’une partie de l’humanité, sept ans à observer l’avènement de quatre individus aussi connus que Jésus, l’arrivée des drogues dans le groupe, l’érosion inéluctable de la camaraderie et le début de la fin. Raconté par un homme de soixante-quatre ans, ce livre semble être narré par un jeune homme, preuve que le bonhomme, en plus d’avoir encore toute sa tête et toute sa mémoire, a surtout gardé la passion de ses jeunes années et un dynamisme dont pourrait s’imprégner certains jeunes vieux. A noter une belle préface de Elvis Costello (dont Geoff Emerick a été l’ingénieur du son durant deux décennies) qui résume à merveille les plus de quatre-cent-cinquante pages à venir, en profitant pour glisser toute la tendresse et le respect qu’il éprouve pour ce génie du son un peu oublié mais que cet ouvrage devrait sans peine remettre dans la lumière.

http://www.atheles.org/lemotetlereste

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