AYMERIC LEROY « ROCK PROGRESSIF »

Pour beaucoup de personnes, le rock progressif demeure une sorte de mystère insondable, une variante intellectuelle du rock, qui par définition serait idiot. Rien n’est plus faux. Souvent considéré comme prétentieux et pompeux, le rock progressif est pourtant le plus fascinant des laboratoires musicaux. La meilleure façon de le défendre serait aussi de reconnaître que la plupart de ceux et celles qui le conspuent en écoutent sans même le soupçonner. En effet, à partir du moment où il y a un son, nouveau ou différent, il y a une évolution, une progression. Pour en savoir plus, rien ne vaut la lecture d’un bon bouquin récapitulatif du phénomène. Hélas, la plupart sont écrit (par des auteurs sans style et un brin fermés) comme des thèses ennuyeuse et s’adressent souvent à une élite qui sait déjà de quoi il retourne. Ce n’est heureusement pas le cas de Aymeric Leroy, trente-sept ans, fondateur de la revue Big Bang et rédacteur inspiré à qui on doit un excellent bouquin sur Pink Floyd publié chez le même éditeur que le présent ouvrage. Utilisant un style frais qui donne l’impression de lire Rock & Folk, n’oubliant jamais de parler des musiciens en même tant que de leur musique, Leroy réussit l’exploit de rendre son bouquin digeste, l’inscrivant dans une véritable continuité sociologique de l’histoire du rock. Le seul défaut que l’on peut lui reprocher, comme à tout les auteurs avant lui, c’est de privilégier le passé au présent, n’accordant qu’une infime partie de son ouvrage aux trente dernières années et oubliant (volontairement?) les contributions remarquables de la scène metal (Led Zeppelin, Iron Maiden, Queensrÿche, Helloween, Tool, A Perfect Circle, Nine Inch Nails, etc.) ainsi que les nombreux artistes indie rock, trip-hop et neo prog apparus depuis deux décennies (Mogwai, Portishead, Anathema, Recoil, Mansun, Massive Attack, etc.), le rock progressif n’étant plus un genre à part entière aujourd’hui mais bien un moyen de faire de la musique différemment, même au cœur d’un genre musical supposé autre. A n’en pas douter, on attend toujours le bouquin qui viendra référencer avec le même souci de l’exactitude le rock progressif des années 2000. Bon, Aymeric, tu nous ponds la suite bientôt?!

http://www.atheles.org/lemotetlereste

(et, une fois n’est pas coutume, la réponse de l’auteur)

Salut,

Merci pour la chronique de mon livre sur le rock
progressif. Bon, sur les réserves que tu émets,
dont acte, c’est vrai qu’il y a un déséquilibre,
peut-être un peu trop marqué, même s’il était
plus réaliste, je pense, de traiter
prioritairement les années 70. Il faut considérer
le reste comme un long post-scriptum. J’aurais
peut-être dû le présenter comme ça.

Pour ce qui est de rédiger la suite, je laissera
ça à d’autres, car personnellement, ni le metal
et ses dérivés, ni le néo-prog et assimilés, ne
me passionnent vraiment. Si ça ne se sent pas
trop dans mon livre, c’est tant mieux, mais c’est
la réalité… En outre, c’est un sacré défi de
faire le même boulot sur ces périodes plus
récentes et moins médiatisées : difficile de
faire oeuvre d’historien objectif, on se retrouve
à décider seul ce qui a été marquant ou pas, et
je n’ai pas forcément envie de prendre cette
responsabilité.

Bon, voilà pour la réponse… Encore merci de m’avoir lu et apprécié !

Sincèrement,
Aymeric

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