RYAN ADAMS

Artiste prolifique et sauvage, ce chien fou déchiré entre le rock, le blues, le folk et la country, adoubé par Dylan himself, ne cesse de brouiller les pistes depuis ses débuts, alternant disques géniaux et ratages complets, tandis que le monde continue de le confondre avec un rocker canadien has-been.

Né le 5 novembre 1974 à Jacksonville, berceau de la country, David Ryan Adams a été très tôt initié à la musique et à l’écriture par sa grand-mère et sa mère (son père l’ayant abandonné à neuf ans, la première lui faisant écouter ses vinyles, tandis que la seconde, prof d’englais, lui donnait à lire les oeuvres Edgar Allan Poe, puis découvrant Henry Miller et Jack Kerouac à l’adolescence, en même temps qu’il apprenait la guitare.

Loin de la country qui le cerne de toutes parts, Adams se réfugie dans le hardcore, écoutant Black Flag. Sa première expérience musicale se fera au lycée où il rejoindra The Patty Duke Syndrome. Ce groupe de punk hardcore lui donnera l’opportunité de se produire dans les bars de sa ville pour terroriser son monde.

Après être passé par un nombre incalculable de groupes punks, Adams s’engage en 1994 avec le groupe de country alternative Whiskeytown avec lequel il jouera jusqu’en 1999. Avec Caitly Carry et des membres à géométrie variable, ils sortiront trois albums devenus aujourd’hui cultes. Le groupe pourrait se réunir en 2010 selon Adams.

Ryan Adams vole enfin de ses propres ailes en 2000 avec « Heartbreaker », album de ruptures (amoureuse et musicale à la fois) enregistré à Nashville avec une invité de marque, Emmylou Harris. On le compare immédiatement à Bob Dylan, Gram Parsons et Kurt Cobain, rien que ça… Ces mêmes racines country-folk-pop, ainsi qu’un single, véritablement en or (il sort après le 11 septembre…), « New York, New York » lui permettront de cartonner en vendant plus de 400 000 exemplaires de son second album « Gold » en 2001 et autant dans le reste du monde. Deux nominations aux Grammy Awards plus tard, une compilation de ses premières chansons, « Demolition » sort en 2002; rien à jeter et un titre, « Desire » qui finira dans un épisode de Dr. House quelques années plus tard.

Ryan Adams sorti ensuite plusieurs disques simultanément dont le très décrié mais rentre-dedans « Rock N Roll » en 2003, sur lequel participe Melissa Auf Der Maur et Billie Joe Armstrong de Green Day, et le bouleversant « Love Is Hell » qui a été scindé en deux EP, et sur lequel se trouve la reprise du « Wonderwall » de Oasis, considérée par Noel Gallagher himself comme un chef d’oeuvre. A l’aube d’une tournée mondiale pour la promo de «Love Is Hell »(qui sera nominé aux Grammy), Adams saute dans le public du Royal Court Theatre de Liverpool et se brise le poignet gauche, cet accident annulant brutalement ce qui aurait bien pu être la tournée la plus déterminante de sa carrière. « Love Is Hell part 1 & 2» se retrouve enfin regroupé sur un seul album.

Après une petite pause où il se charge de produire les albums de Jesse Malin (avec qui, sous le pseudo de Warren Peace, il fonde le groupe punk The Finger et enregistrent le délicat « We Are Fuck You ») et Willie Nelson, il revient en 2005 avec le groupe The Cardinals (nom de son équipe de football américain au collège) pour l’accompagner et sort deux albums country en 2005, « Cold Roses » et le très beau et personnel « Jacksonville City Nights » (dans lequel il règle ses comptes avec sa ville et invite Norah Jones), le tout sous le nom de Ryan Adams & The Cardinals, à défaut de Neil Young & Crazy Horse comme le fera remarquer un critique. Très prolifique, il sort à la fin de la même année un album introspectif (un peu chiant donc) et seul au piano intitulé « 29 », ce chiffre préfigurant sa crainte de la trentaine arrivante. Bien que non crédité, les Cardinals sont bel et bien présents sur chaque morceau de cet album qui accueille Sheryl Crow.

Faussement inactif en 2006, notre homme publie sur son site web pour plus d’une dizaine d’albums de musique parfaitement commercialisable, dont du hip-hop sous le pseudo parmi d’autres de DJ Reggie.

En 2007, Adams revient et refait parler de lui avec un EP, « Follow the Light » et un album enlevé mais assez triste nommé « Easy Tiger », précédé par le EP « Everybody Knows » qui contient du live et une version « Cardinals » du single « This Is It » tiré de « Rock N Roll ». « Easy Tiger » est salué comme le grand disque que l’on attendait plus d’un artiste qui enregistre trop et à qui on a toujours tout pardonné, surtout la redite.

« Cardinology » sort en 2008 sous son nom et montre une sorte de juste milieu entre la country des Cardinals et son folk teinté de pop rock.

Le EP « Extra Cheese » sortit en 2009 sert d’introduction à un nouvel album, apaisé, pour 2010, signe que notre homme semble avoir abandonné la bouteille, les drogues et que ses crises d’humeur sont derrière lui. On lui a prêté des relations avec Winona Ryder, Alanis Morissette, Beth Orton, Leona Naess, Carrie Hamilton and Parker Posey, mais, visiblement, aucune d’elle n’a réussi à dompter ce chien fou.

 

http://www.ryan-adams.com

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