INDOCHINE, LA REPUBLIQUE DES METEORS

Six mois plus tard, que reste-t-il de ce nouvel album de la bande à Nico?
Après une intro impeccable avec des sirènes guerrières, l’album commence de façon un tout petit peu bancale avec « Go, Rimbaud, Go! », la faute à des textes incompréhensibles et à des partis pris musicaux un peu usés. ça ne s’arrange guère avec « Junior Song » et son xylophone pourtant charmant, ce qui n’est pas le cas de la voix de Nicolas Sirkis qui n’a jamais sonné aussi faux.
Heureusement, le groupe redresse la tête avec une sorte d’improbable chef d’oeuvre new wave, l’absolument renversant « Little Dolls ». Grandiose intro à la guitare suivi d’un piano, texte épique et malancolique de Sirkis, chanté comme si sa vie en dépendait. Bref, le parfait single pour lancer l’album. « le Grand Soir » continue sur la même voix dramatique avec un Nicola bouleversant sur un ukulélé qui rappelle parfois le soundtrack de Silent Hill. On commence aussi à être très attentif aux textes des chansons, compilations déchirantes de correspondances de guerre de 14-18. Arrive enfin l’autre grand moment de cet album, à savoir le duo avec Suzanne Combo (ex-Pravda) pour « Le Grand Soir », futur single à venir du groupe cet automne. Nul doute que ce titre devrait permettre à l’album de faire sa réaparition dans les hit-parades français tant son potentiel tubesque semble sans limite. Avec « La Lettre de Métal », Indo se fait plus intime, ce qui n’empêche pas le morceau de taper sur son faux refrain. Le disque sonnant assez sombre, un titre frais et entrainant comme « Le Lac » (magnifique clip en noir et blanc) permet à l’auditeur de respirer un peu au milieu de toute cette noirceur, le texte étant quand même une ode au suicide. Autre single potentiel, le martial « Republika » devrait être l’une des points forts du Meteor Tour. « Playboy » vient à point pour adoucir le propos avec ses air de pop song parfaite, le texte étant cette fois totalement contemporain et parlant des problèmes de Nicolas avec le monde l’environnant. « L World », avec sa trompeuse et lente intro au piano, ne tarde pas à exploser pour devenir un nouveau standard du groupe, célébrant l’amour d’un couple seul contre le monde.
Hasard de la vie, « Je T’Aime Tant », le classique de Elli et Jacno, sera l’occasion pour le groupe de rendre un hommage live permanent au dandy punk de la pop française, ce dernier nous ayant quitté il y a quelques semaines à l’âge de 52 ans. Magnifique cover, chantée comme il se doit à deux en compagnie de Suzanne.
« Bye Bye Valentine » peine à prolonger l’état de grace en plombant un peu l’ambiance par son texte et sa mélodie. Un joli titre cependant, mais qui risque d’être particulièrement pénible en concert.
Le niveau remonte avec « Les Aubes Sont Mortes », un titre assez froid, carrément synthétique même, que le groupe semble particulièrement apprécier. Nicola Sirkis est impeccable au niveau de la voix. « Union War » fait perdurer l’ambiance générale de l’album, même si la voix de Sirkis peine un peu à monter haut. le couplet en anglais n’était peut-être pas obligatoire non plus. « Le Dernier Jour » vient conclure de fort belle manière l’album, Sirkis criant dans son mégaphone avant de balancer un refrain pop magique qui devrait fédérer les foules sans le moindre problème. On aurait préférer un peu plus de guitares ici et là mais Indochine semble avoir privilégié l’option dark pop cette fois. On se réjouit d’assister à la messe live ce week-end à Genève pour juger de la pertinence de ce choix.
On notera la présence d’un chouette (mais un peu court) titre joué au piano et caché à la fin de l’album.
Parlon maintenant du cd bonus, qui devrait être absent de la prochaine édition. On y retrouve un « We Are The Young » chanté en partie en anglais avec le terrible accent que l’on sait. Puis c’est « Mexicane Syndicate » qui vient nous faire le coup de la chanson à texte, mais n’est pas la Mano Negra qui veut. On termine avec la cover de Dead Or Alive, « You Spin Me Round » (avec le clip en prime), enregistré au bébéfice de Médecins Sans Frontières. Si les couplets sont insupportables, il faut bien avouer que le refrain est totalement imparable et sauve l’accent de Nico. Par contre, il faudra vraiment qu’on m’explique l’intérêt des versions a cappella de « Playboy » et Junior Song » car je n’ai toujours pas pigé.  
Pour ce qui est de l’édition box collector, le groupe ne s’est pas trop foulé. Certes, la boite en carton au format 33 tours permet de mieux apprécier le somptueux collage de Peggy M. mais fallait-il y ajouter des goodies aussi navrants qu’un pop-up raté de la pochette, un poster pub pour le stade de France, le cd single de « Little Dolls » et cinq photos géantes des membres du groupe? Franchement, un dvd et des pins auraient été plus recommandés pour les fans que nous sommes. Mais bon, le box était pas trop cher non plus. Bref, l’album standard est pour une fois préférable à l’édition complète. un comble pour un groupe qui s’est toujours targué de donner plus à ses fans.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s