the young gods, barbouze de chez fior & sophie hunger live in willisau

 

  

Gare de Sursee, 29 août en fin d’après-midi. Presque quatre mois jour pour jour après le fabuleux concert de Bulle. Il s’en est passé des choses depuis cette soirée inoubliable. A l’époque, l’album acoustique « Knock On Wood » venait à peine de sortir et Barbouze de chez Fior m’était encore inconnu. Le concert épique résultant de cette union sacrée est depuis rentré dans les annales et les Gods sont véritablement devenus des dieux dans leur pays. Enfin. 

 

Montant dans un bus après avoir abandonné mon joli parapluie noir que je ne reverrai jamais, je découvre ce paysage de carte postale, ces petits patelins qui me séparent encore de Willisau et de son festival de jazz. Au bout d’une vingtaine de minutes, je débarque dans une petite ville charmante avec des fleuristes tous les vingt mètres et des petits commerces charmants. Le centre ville ressemble tellement à celui de Bulle que ça en est troublant. Il me suffit de suivre quelques jeunes sortis du même train que moi pour arriver après cinq minutes au festival. Comme je suis en avance, je me prends une bière et me pose sur un banc derrière un stand de disques de jazz, tandis qu’un concert résonne depuis une tente à quelques mètres de là. Je vois Alain passer devant la salle. 

 

Sur les coups de 20 heures, je rentre dans la foule qui se presse à l’entrée pour le début de la soirée. Une fois à l’intérieur, quelle n’est pas ma surprise de constater que la salle est remplie de chaises. Merde. Quelle drôle d’idée… Mais en regardant autour de moi, je constate que le public n’est pas celui d’un groupe de rock. Ca s’appelle aussi Jazz In Willisau faut dire, pas Rock In Willisau. Enfin… Je m’asseois au deuxième rang et contemple la fresque très « Keith Haring » au fond de la scène. Baignée par un éclairage orange et rouge, l’oeuvre immense montre des personnages sans visage jouant de la musique dans un univers chargé d’instruments et d’onomatopées. Je l’observe de longues minutes avant le début de la première partie.

 

Une fois le concert de jazz terminé, la salle se vide momentanément. Je sors un instant puis revient un peu plus tard, constatant que mes héros sont déjà sur scène pour rêgler leurs instruments. Retrouvant ma place, je me pose à quelques mètres de là et admire les filles de Barbouze en train de s’accorder. Elles sont toutes pieds nus comme c’est désormais leur habitude. Sara, très concentrée ne me voit pas malgré le fait que je sois la seule personne dans son champ de vision. Ca me fait rire et je ne tiens pas à la déranger, ni elle ni les autres, même si je me retiens de leur adresser un tonitruant: Salut Barbouze!

 


 

Il y a donc Annick Rody et Camille Stoll aux violons, Laurence Crevoisier à l’alto et Sara Oswald au violoncelle pour Barbouze de chez Fior.

Pour les Young Gods c’est Franz Treichler, Al Comet, Bernard Trontin et le désormais indispensable Vincent Hänni. Chacun jouant de plusieurs instruments. Je remarque surtout que les garçons ont cédé aux pressions des filles (de Sara surtout si j’ai bien suivit), étant eux aussi pieds nus sur scène! 

 

Le concert commence avec le son du hang de Bernard, puis la voix de Franz résonne enfin. Il ne faut pas longtemps pour que « Lointaine » vienne mettre le feu aux poudres, lancé par les archets maléfiques des quatre filles qui se muent à nouveau en harpies démoniaques. Annick est particulièrement survolté ce soir, tapant du pied et se convulsant à l’extrême au son de son instrument. Camille et Laurence ne sont pas en reste et leur interprétation s’en voit démultipliée. Quand à Sara, elle est formidablement concentrée et son violoncelle atteint une gravité parfois sublime. Tout celà est assez réjouissant à observer, et tout aussi frustrant de se rappeler que c’est un concert assis.


 

Les morceaux se suivent avec bonheur malgré quelques problèmes de son, les musiciens ne s’entendant pas toujours… Il m’aura semblé que le set était un peu plus calme que celui de Bulle, plus retenu peut-être de par la position obligée du public. Une évidence regrettable qui n’empêchera pas les deux groupes d’exceller dans leur interprétation des titres de la soirée et même de se libérer sur la fin en faisant enfin parler la poudre, choquant une partie plus conservatrice du public par la même occasion.

 

Entre temps, nous aurons droit à des versions magnifiques de « Ghost Rider », qui m’a semblé rallongée… et de quelques autres titres que j’ai oubliés à cause de la fatigue. Ai-je mentionné que le fait d’être assis me donnait l’impresssion de ne pas participer, de ne rien donner en retour aux deux groupes, si ce n’est de pauvres applaudissements entre chaque morceau? Pardonne mais n’oubliera pas.

 


 

Vers le milieu du concert, la talentueuse Sophie Hunger (dont je vous avais déjà parlé en 2007 pour son premier album et sa prestation divine à la cave du Bleu Lézard de lausanne) rejoint les deux groupes, élevant le nombre féminin sur scène à 5 pour 4 garçons. Habillée d’une robe échancrée rouge et de bas résilles, elle aussi pieds nus, elle chantera quelques titres (dont certains des siens) et envoutera son monde de sa voix extraordinaire, comme sur « House of Gods », aidée d’un superbe accompagnement violoncelle de Sara, avant de quitter la scène sous des applaudissements nourris.

 


 

Et puis arrive le grand final avec une interprétation nucléaire de « C’est Quoi C’est Ca » qui repousse toute les limites imaginables d’une description pertinente, bref il fallai être là pour se prendre cet orage industriel sur la tête. Et tandis que le morceau se meurt dans un écho sans fin, que la scène est encore secouée par ces quelques minutes de chaos indescriptible, les lights clignotant comme une centrale nucléaire au bord de l’explosion, nos huit artistes se lèvent comme une seul homme pour se dresser immobiles sur scène face à nous, tels les X-Men! Une image belle et effrayante à la fois que j’emporterai dans la tombe tant elle me hante encore au moment d’écrire ces lignes. C’est Bernard qui salue en premier, suivit des autres, tandis qu’un tonnere d’applaudissements vient saluer cette performance d’un autre monde, que même les américains dans leurs délires scèniques les plus extrêmes ne concevraient pas.

 

Le rappel commence avec une magnifique version de « Our House » toujours aussi habitée par la voix de Franz et le hang de Bernard. On est en plein rêve éveillé.

 


 

Puis Franz revient seul sur scène avec les filles pour une interprétation classique et définitive de « L’Amourir ». La première fois à Bulle, cette version à cordes m’avait à demi convaincu, trop différente de l’original, pas assez puissante, absence presque choquante de Alain et Bernard, je sais pas… Mais là, l’effet de surprise n’y étant plus, je peux enfin l’apprécier à son plein potentiel et y goûter totalement. Et c’est beau, absolument magnifique.  

 

Et tandis que nous prenons congé des fées de Barbouze de chez Fior, Sophie revient pour cloturer avec les Gods au complet. Son duo avec Franz sur « Gasoline Man », qu’elle reprendra à son compte en devenant la « Gasoline Girl », restera longtemps dans les esprits, offrant une interprétation habitée et délurée du plus bel effet dans un état d’euphorie rarement observé chez elle. Exaltant au possible. Al Comet fera son pitre sur « Charlotte » comme à son habitude et le concert se terminera sous les bravos, le divin quatuor réapparaissant brièvement pour saluer la foule avec les « stars ».

 


 

Je ne m’attarde pas trop dans la salle après le concert et sort boire un verre pour me mêler à la foule, la musique continuant tout autour de nous. Ma nuit va être longue jusqu’au train de 6:19 mais ce n’est pas important, mon contentement est à ce prix. Un très beau concert, vivement le suivant!

 

à suivre… prochaine destination: Genève fin octobre.

 

 

 

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4 réflexions sur “the young gods, barbouze de chez fior & sophie hunger live in willisau

  1. oui, tu as sans doute raison mais n’ayant pas toujours les photos du concert cité, j’improvise avec ce que je trouve et revendique totalement mon esprit pirate, comme en témoignent mes articles et mon absence de langue de bois, une façon de faire dont ne peuvent pas se vanter certains journalistes rémunérés pour des chroniques sans âme de concerts pour la plupart abandonnés en cours de route ou suivis depuis le bar VIP.

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  2. Que voici un bien bel article.
    Il aurait été totalement à mon goût si la source et le crédit des photos utilisées (il s’agit d’un concert donné à la RSR à Lausanne le 25 avril 2008) avaient été indiqués…
    Et la netiquette, alors?

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  3. salut….la porte était ouverte ,je jette un oeil…je file j’y vois plus rien ,j’ai qu’un oeil ….
    y a pleins de groupes dont j’ai jamais entendu parlé,mais je vais voir quand même ,c’est souvent intéressant
    ciao l’ami a plus…..

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