CONTROL DE ANTON CORBIJN

 
Anton Corbijn, on le connait bien en tant que photographe, dont les clichés noir blanc, parfois sépia, illuminent le monde du rock et du cinéma depuis longtemps. On le connait également en tant que clipeur et directeur visuel pour Depeche Mode qui lui doivent beaucoup au niveau reconnaisance visuelle. Le néerlandais, la cinquantaine bien sonnée, est aujourd’hui réalisateur et son premier film est déjà un coup de maître salué par une presse unanime (caméra d’or au festival de Cannes entre autres récompences internationales).

Ce film, c’est « Control » (clin d’oeil épileptique à la chanson « She’s Lost Control ») qui relate la courte vie de Ian Curtis, leader et chanteur de Joy Division. Musicien partagé entre ses obligations envers son groupe et sa famille, torturé par l’épilepsie et l’adultère, Ian Curtis fut la pierre angulaire malgré lui de tout un courant musical qui allait survivre à son suicide et engendrer toute une vague de nouveaux groupes, à commencer par New Order, constitué des membres survivants de Joy Division.

De la vie d’adolescent solitaire de Ian à Manchester, sa passion de rock, puis son premier amour (le scénario du film est tiré du livre de sa veuve et de sa relation avec lui), avant sa rencontre avec les futurs membres de Warsaw (qui deviendront Joy Divison) à la première crise d’épilepsie de Ian, puis l’enregistrement du premier album, des premières télés, et enfin le succès avant un second album qui sortira de façon posthume après une tournée américaine avortée par le suicide de Ian, tout y passe avec une pudeur et une honeteté rarement égalée dans ce genre ultra codé qu’est généralement le biopic. Surtout, à aucun moment Anton Corbijn essaie de nous faire passer Ian Curtis pour un mec cool et sympathique.

La vie tue, c’est ce que raconte le film avec une rare économie d’effets contrebalancée par une multitude de détails et d’authenticité qui font de « Control » l’un des plus honnêtes biopics de l’histoire du cinéma. Le tout magnifié par un noir et blanc sublime et l’interprétation dantesque de l’acteur Sam Riley, tout en retenue et en fragilité. Baignant dans une époque charnière (le post-punk et la cold wave), « Control » est surtout une déclaration vive pour les nouvelles générations, histoire de leur rappeler que le rock est bien la seule musique pour laquelle on peut mourir et y trouver du sens, aussi tragique soit-il.

Quand à la BO,  (la compile parfaite en soi) elle est absolument fabuleuse. De Joy Division à New Order en passant par les Buzzcocks (« ça me ferait chier de jouer dans un groupe avec cocks dans le nom » dixit Peter Hook), David Bowie, Kraftwerk et Iggy Pop, tout fait replonger dans cette époque charnière entre deux décennies. The Killers se sont même fendus d’une reprise de Joy Divison, imprimant leur patte sur le magnifique « Shadowplay » du générique de fin. Bref , rien à jeter, le tout confine à l’excellence. Il vous la faudra.

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