bak XIII, l’interview

 
Les héros de la dark electro genevoise sont de retour, plus EBM que jamais et bien décidés à nous faire danser en ces temps de fin du monde. Relevé des compteurs en compagnie du Baron et de Dada.

Cinquième sortie officielle pour Bak XIII en six ans d’existence. ca ne chôme pas…

DDDmix : C’est le nerf de la guerre…

BVS : C’est très important d’offrir un max de nouvelles choses à se mettre entre les tympans car on t’oublie très vite dans ce milieu et cela devient très facile de sortir des disques mais il faut aussi les dates qui vont avec car autrement tu n’as aucune chance de les écouler.

« Ultima Ratio Regum » votre nouvel album semble encore plus orienté dance-floor que ses prédécesseurs, une mutation logique pour Bak XIII énorme machine à danser live?

DDDmix : Je pense que c’est une suite logique, la formule reste la même en plus abouti grâce à l’expérience acquise au fil des ans…

BVS : C’est une volonté d’aller dans cette direction, et le publique nous le rend bien, merci a eux !

On trouve des textes en français sur l’album et ils font mal, mais surtout ils représentent une tentative concluante de dark electro dans la langue de Molière. Une piste pour la suite?
DDDmix : Dans « Morituri te Salutant » il y avait déjà « Manifeste » qui était en français, ce n’est donc pas nouveau… C’est un moyen de rendre les choses moins linéaires pour l’auditeur, c’est aussi une façon pour moi de varier les plaisirs… et c’est surtout pour donner une dimension exotique et mystérieuse à l’étranger afin de leur vendre des milliers de disques. mouahahaha.

« Open The Borders » porte un message fort. Votre sentiment?

 Mon sentiment est que trop de gens meurent en recherchant un bonheur et un confort que d’autres ont toujours eu. Que les civilisations occidentales se barricadent derrière des murs en espérant échapper à la pauvreté, comme si elle était contagieuse. Cette chanson est un appel à un changement de mentalité. Il faut arrêter d’avoir peur des autres et arrêter de croire qu’on pourra éternellement vivre derrière nos barbelés sans jamais rien remettre en question. Il vaut mieux ouvrir les frontières de notre plein gré plutôt que d’exploser avec. 

Bak XIII semble demeurer un secret bien gardé hors de ses frontières… vous ne ressentez pas l’envie de vous exporter à l’étranger?

Bien sûr que oui!!! Nous le souhaitons ardemment! Mais ceci dépend malheureusement de beaucoup de facteurs que nous ne maitrisons pas. Il nous faudrait un tourneur, des distributeurs enthousiastes… mais ces gens sont difficiles à rencontrer.

BVS : C’est que c’est difficile de trouver des dates par nous même c’est presque un boulot à plein temps si tu veux faire bien ta promotion, Mais on arrive quand même à faire une trentaine de dates par année et de jouer asse régulièrement en Belgique, Hollande, France et par chez nous.

Vous fonctionnez par concerts évènements plutôt que par tournée, une manière de concilier vos vies respectives avec le groupe?

DDDmix : Je crois que ça nous ramène un peu à la question précédente… l’envie et la disponibilité sont là, c’est de trouver une agence à la hauteur qui nous fait défaut.

BVS : On a tous des jobs autour de la musique et nous sommes souvent bloqués les week-ends le truc il faudrait trouver 3 ou 4 tournées par année de 1 à 2 semaine mais peu de clubs programme le dimanche, lundi, mardi mais quand tu proposes de jouer juste pour la bouffe et le logement. L’idéal pour des groupes peu connu c’est d’avoir une usine par ville dans toute l’Europe.

Quelles sont vos passions respectives en dehors de la musique?  

DDDmix : Le cinéma, les jeux vidéos, les livres, le sport… des trucs incroyables quoi…

BVS : La photo, le travail vidéo, les voyages, le cinéma…. Mon amie !

Quel avis portez-vous sur notre société et le monde dans lequel nous vivons, y a-t-il encore de l’espoir pour la jeunesse alternative dans un monde aussi formaté?

DDDmix : Nous vivons une époque charnière… écologiquement, politiquement et spirituellement. Nous n’avons pas encore franchi le point de non-retour, mais les gens commencent à s’inquiéter. Avant rien n’était grave, et ce n’était la faute de personne, maintenant les consciences s’éveillent, on se rend gentiment compte qu’on peut perdre. Des tarés religieux profitent de ce contexte pour répandre leurs bobards malfaisants. Le clivage semble aussi propice aux extrémistes politiques qui prolifèrent comme des insectes. Tous ces gens nous conduisent au désastre. La jeunesse alternative a de ce fait plein de sales cons à combattre, et ne manquera pas de but dans les années à venir. Les gens doivent arrêter de prendre les jeunes pour des imbéciles, eux les premiers d’ailleurs… fini la tecktonik et autre Star Academy de merde ! Qu’ils arrêtent d’accepter d’être les cibles privilégiées de toutes les saloperies commerciales. Il faut qu’ils suivent leurs propres idées.

BVS : Bougez-vous le cul !

Parlez-nous de ce ghost track sur l’album, « I Love My C-64 ».

DDDmix : Chanson plus légère, ode à la meilleure machine de tous les temps et à l’ami que désirait toute une génération. Un truc pour les geeks vétérans nostalgique… dans le prochain album je ferai une chanson sur Donjons et Dragons… Ouaiiiiis !!!  

Les années 80 reviennent à la mode pour les plus mauvaises raisons (cheap disco, musique de merde, clips video kitchs). En quoi vous inspirent-elles vraiment?
J’ai commencé à écouter consciemment de la musique dans les années 80, c’est une période ou la musique pop électronique s’est développée, et c’est la musique que j’aime. Je ne pense pas que ce soit uniquement pour de mauvaises raisons, il y a un côté éternel chez certains tubes. Tu écouteras plus volontiers du Eurythmics que du 2unlimited et ceci pour toujours. Il y en a un qui fait toujours danser et l’autre qui fait pitié. De nos jours il y a plein de types qui croient avoir inventé la poudre sur leur ordinateur, mais leur musique existait déjà, en mieux. Les cools d’aujourd’hui, c’est les ringards de demain. Imagine Tokio Hotel dans dix ans… euh non, mauvais exemple, en fait eux ils craignent déjà !
Il y a toujours des fans d’Iron maiden et de Depeche Mode et d’ailleurs ces groupes existent encore, ils se sont sans nul doute  construits sur quelque chose de solide qui continue à influencer plein de groupes.

BVS : On va dire que les années 80 ne sont jamais parties, elles nous hantent pour de bonne et mauvaises raisons, c’est aussi dans cette période que je me suis fais mes plus gros cachets en passant des plaques ce qui me permettais de ne pas trop bosser la journée donc je ne vais pas trop cracher dessus.

Vous avez demandé à vos fans de filmer le concert de votre vernissage à l’Usine… une idée derrière la tête? Un futur dvd en perspective?

DDDmix : On pensait faire un petit clip avec la récolte… Faire un DVD d’une heure ça exige des moyens dont nous ne disposons pas, si on veut le faire bien… En attendant on demande aux gens et on bricole.

BVS : L’idée de faire de nouveaux clips, un peu d’archives et l’œil de l’autre est toujours très intéressant.

Votre titre « Disco Armageddon » sonne de plus en plus comme une mise en garde qui resterait sans réponse. La jouerez-vous toujours?

DDDmix : La thématique de cette chanson ne sera jamais démodée malheureusement… 

Pour conclure, « Eighties are back forever »?
And Tokio Hotel is gone forever.

interview à paraître dans le daily rock no.21 de juin
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