BAUHAUS

 
 
 

 

Formé à Northampton en 1978 par des étudiants en art influencés par le glam rock, ce quatuor atypique (baptisé un temps Bauhaus 1919) deviendra l’icône alternatif des années 80 et une des toutes première formations de la scène batcave et post-punk qui donnera naissance au rock gothique.

 

A la voix inquiétante et racée du charismatique Peter Murphy s’ajoutent les envolées menaçantes du guitariste Daniel Ash, alter-ego du chanteur mais aussi son plus vif opposant. La basse de David Jay, lourde et glaçante, est également prépondérante, appuyée par la frappe de son batteur de frère Kevin Haskins.

 

Déjà culte avant son premier album, « In The Flat Field » en 1980, le groupe reçoit des éloges dithyrambiques (notamment le titre « Double Dare »). L’année suivante paraît « Mask » où la palette musicale de Bauhaus s’élargit en frôlant l’exotique. Le groupe s’essaie même à des morceaux pop comme « Passion Of Lovers » ou « Kick in the Eye ». Le live de 1982, « Press the Eject and Give Me the Tape » est un formidable instantané de la présence scénique du groupe. Le fameux concert au Old Vic Theatre de Londres sort en vhs sous le titre « Shadows Of Light. Eclairé depuis le sol, le groupe crée un style unique et hanté qui le définira à jamais.

Mais c’est par la grâce du  fracassé et vampirique « Bela Lugosi’s Dead » (écrit peu après la création du groupe) que se tracera le destin des quatre anglais, Tony Scott les incluant dans les premières minutes de son film « The Hunger » jouant en cage dans un club tandis que les vampires Deneuve et Bowie attirent deux jeunes proies vers une mort certaine. Immortalisé pour l’éternité, Bauhaus, à jamais jeune, devient immortel. La même année, la reprise de « Ziggy Stardust » permet à l’album “The Sky’s Gone Out” de propulser le groupe dans les hit-parades.1983, « Burning From The Inside » permet d’apprécier les qualités de chanteur de Daniel Ash, Peter Murphy, atteint d’une pneumonie, étant absent de la moitié des titres. Hélas, c’est cette nouvelle dynamique à trois qui va précipiter la fin de Bauhaus. Le groupe se sépare sur scène le cinq juillet, David J s’adressant à la foule par ces mots définitifs: « Rest In Peace ».

 

Danie Ash et  Kevin Haskins reforment un projet de 1982 baptisé Tones On Tail,  puis David J les rejoint et le trio devient  Love and Rockets, ces derniers (dont le nom est inspiré du comic book underground le plus culte des années 80), basés en Californie sous le leadership de Daniel Ash, devenant très populaires aux Etats-Unis, sortant sept albums jusqu’à la fin du siècle passé. Ce qui n’empêchera pas Daniel et David de sortir des disques solos.  Peter Murphy délaisse ses camarades pour créer l’éphémère projet Dali’s Car, puis continue seul dès 86, sortant sept albums de world pop et s’installant en Turquie dans le processus.

 

Bauhaus se reforme une première fois en 1998 pour une tournée judicieusement baptisée Resurrection Tour. Les dates sold-out à New York et en Europe, théâtrales et dantesques, donneront naissance à l’album live « Gotham » en 1999 (contenant une reprise studio sidérante du « Severance » de Dead can Dance), puis au dvd l’année suivante. Un vrai inédit suivra, « The Dog’s A Vapour » pour le film « Heavy Metal 2 ».

 

En 2005 le groupe se reforme une nouvelle fois et  effectue une tournée américaine et européenne après avoir affolé les spectateurs du festival californien de Coachella, Peter Murphy entamant le concert suspendu la tête en bas pour une version possédée de « Bela Lugosi’s Dead », avant de terminer le concert par cette phrase : « Maintenant vous pourrez dire que vous y étiez ! » relançant les rumeurs de split de plus belle.

 

Début 2006, Bauhaus démarre l’enregistrement d’un nouvel album qui durera dix-huit jours.  Puis le groupe part en tournée avec Nine Inch Nails dès le mois de mai. Peter Murphy s’acoquine avec un Trent Reznor aux anges et reprend de grande manière le classique « Hurt ». Quelques mois plus tard, le groupe, suite à différents problèmes internes (dont on ne saura rien ou presque comme d’habitude), annonce la funeste nouvelle. On apprendra plus tard que Peter souhaitait peaufiner les nouveaux titres alors que les trois autres considéraient l’album comme terminé. Incapables de s’entendre, le groupe, une fois de plus, se sépare, cette fois pour de bon. Aucune tournée ne suivra. Peter Murphy redevient un artiste solo tandis que les trois autres réactivent Love & Rockets.

 

Et qu’en est-il de « Go Away White », premier album depuis 25 ans, sortit en mars 2008 mais terminé depuis 2006? Eh bien c’est un disque déroutant, étonnant et décevant à la fois. Sous une pochette blanche montrant une statue ailée (l’ange de Bethesda à Central Park, New York) s’évanouissant dans les nuages, Bauhaus livre une épitaphe imparfaite certes mais lumineuse et  loin de l’étiquette goth dont le groupe s’est toujours défendu. Cet album boucle la boucle bien mieux que celui de 83 mais s’avère comme en son temps l’histoire d’un groupe répartit en deux camps. On le dégustera donc comme la dernière bouteille d’un millésime épuisé, avec passion et tristesse.

 

Le mouvement architectural auquel Bauhaus doit son nom se définissait comme un rejet de la flamboyance, ce qui se sera traduit par un parcourt artistique discret et paradoxalement flamboyant. Bauhaus est mort, qu’il repose en paix. Pour toujours. 

 

 

 

http://www.bauhausmusik.com

 

 

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