the cure live au hallenstadion

Après une demi-journée au magasin de disques, je quitte mes fonctions pour prendre un premier train et rejoindre Sai à la gare de Lausanne. Elle a fait la réserve de bière pour le long trajet jusqu’à Zurich, pas moins de huit canettes! On discute de tout et de rien dans le train, tout en découpant des flyers pour sa prochaine exposition de peinture. Eh oui, mon amie est peintre et ce qu’elle fait est proprement fabuleux!
La nuit tombe durant le trajet. Nous arrivons enfin après plus de deux heures de train. Une petite balade dans la gare, histoire de distribuer quelques centaines de flyers daily rock ainsi que des exemplaires du dernier numéro, puis nous prenons un taxi, direction le Hallenstadion.
Nous trainons devant l’immense et affreux bâtiment en bêton, éclusant nos deux dernières bières en fumant un joint. Sai distribue ses flyers à la tête du client, en colle quelques-uns contre les murs, puis nous rentrons à l’intérieur. Je constate avec effroi que les goths ont bel et bien abandonné l’affaire, le public étant d’une banalité confondante, si ce n’est les innévitables tee-shirts noir et quelques looks déviants.
A peine le temps de marcher en direction de la scène que la lumière s’éteint. La première partie… 65 Days Of Static? Non. The Cure.
Ebahis, nous comprenons que nous nous sommes plantés dans notre horaire, mais bon, le timing est excellent.
Les premières notes de « Plainsong » résonnent dans le hall tandis que des spots clignotant suggèrent une nuit étoilée du plus bel effet. Le groupe apparait devant nous et je m’étonne de constater que Simon Gallup a les cheveux rouge! Robert est toujours tel qu’en lui même, sa monstre tignasse le définissant depuis ce qui semble une éternité. Durant « Prayers For Rain », Sai me quitte pour avancer plus profond dans la foule, je ne la suis pas et lui fait un geste de la tête en signe d’adieu temporaire. Le groupe évolue sous des lumières verte et rose qui donnent aux deux titres de « Disintegration » des allures de contes de fées. Arrive « Alt.End », suivit d’une magnifique interprétation de « A Strange Day », l’une de mes chansons préférées. Forcément, l’une des pires arrive juste après, « The End Of The World », heureusement accompagnée de « lovesong ». Mais quelque chose me dérange depuis quelques minutes. L’absence de claviers. Oui, The Cure n’a plus de clavier, O’Donnell s’étant cassé du groupe pour raisons personnelles. Les nouvelles interprétations ne vont pas dans le sens des chansons et, pire, déservent ces dernières par leur rendu maladroit, pour ne pas dire faut par moments. »To Wish Impossible Things » remplit néanmoins toutes ses promesses, puis « Pictures Of You » me rend tout mélancolique, avant que « Lullaby » ne réveille le public un peu amorphe. Un public de merde d’ailleurs, qui ne réagit qu’aux hits et méprise les classiques comme je le constaterai plus tard. « From The Edge Of The Deep Green Sea » réveille un peu les choses, ainsi que le groupe, plutôt à l’aise mais visiblement en tournée de chauffe. Le nouveau titre « Please Project » ne rassure pas sur le furur album du groupe, puis « The Baby Screams » remet les pendules à l’heure. « A Boy I Never Knew » ne me parle pas plus, « Other Voices » me laisse de marbre, tout comme « Push ». Le concert prend des allures de routine pour le troisième âge. Le massacre de « Inbetween Days », puis de « Just Like Heaven », suivit d’un « Primary » de belle facture me laissent dans une confusion totale. Perplexe, j’assiste à « Us Or Them » et « Never Enough » en me bouchant presque les oreilles, tellement c’est mauvais. Puis « Wrong Number » retentit et m’apparait enfin comme une chanson parfaitement inutile. « One Hundred Years » démarre enfin,mais personne ne suit. C’est affreux, personne ne scande: « It doesn’t matter if we all die… Je suis dégoûté. Le groupe joue en dessous de ses capacités, cette fois j’en suis certain. « Disintegration » conclut le concert dans un ennui poli. Quel public de merde.
Le premier rappel commence. « At Night » amputé de son clavier et donc sans grand intérêt, puis « M » et  » Play For Today », qui, et c’est du jamais vu, n’est pas soutenu par la foule comme à l’habitude! Il faudra « A Forest » pour que le Hallenstadion se réveille de son coma cérébral. Le final entre Gallup et Smith est épique et le bassiste se déchaîne sur son instrument comme un démon, balançant des injures en sortant de scène sous les acclamations de la foule en délire. Et ce qui va suivre est encore plus étrange.
Second rappel. « Let’s Go To Bed » qui voit Robert tenter des pas de danses des deux côtés de la scène, s’adressant au public dans un embarassant numéro qui semble pourtant porter ses fruits. « Freak Show » ne suffit pas à calmer le délire et « Friday I’m In Love » vient récolter les lauriers de la soirée, tout comme « Close To Me » et l’horripilant « Why Can’t I Be You? » aussi insupportable que porté aux nues par l’auditoire. Franchement mal à l’aise, je ne réussis pas à participer à ce cirque, mais doit reconnaître que la résistance du groupe, qui joue depuis déjà deux heures et demie, est proprement fascinante. Rien que pour ça, cet étrange concert s’avère un exploit.
Le groupe revient une dernière fois pour asséner le coup de grace. Exécutant sans faille un  » Boys Don’t cry » d’anthologie, puis un magnifique « 10:15 saturday night », le quatuor termine sur « Killing An Arab » afin de nous quitter en bons termes.
Les lumières se rallument. Trois heures de concert. Enorme. Respect. Concert trop bizarre mais bon. Je retrouve Sai et on file en direction du stand merchandising. Elle m’offre cinq badges du groupe que je m’empresse d’épingler à mon manteau noir avant de sortir. Je constate par la même occasion que le hall est infesté de goths! Il y en a partout, de tous les côtés! Oui, ils étaient là, ils sont tous arrivés au dernier moment, quand les lumières étaient éteintes et sont restés au fond de la salle, loin des touristes, pour juger en silence. Si j’avais su… je ne me serai pas avancé aussi près de la scène.
Une fois dehors, nous tournons un moment en quête d’un hôtel, puis décidons de retourner en ville pour aller manger un truc. On se retrouve au Millenium, un fast food qui sert de la vraie bouffe toute la nuit. On pense aller au X-Tra juste après, un club qui accueille l’after party du concert et dans lequel se sont regroupés tous les goths du concert. Regardant par la vitre en fumant une clope et en regardant les photos du tout book (Jason Cooper maquillé et ridicule, les autres ridés mais dignes, même si porl thompson semble définitivement ailleurs), j’apperçois mon ami Mitch me souriant depuis le trottoir. Je me lève d’un bond pour le retrouver. Il m’embrasse puis m’avoue ne pas être seul. regardant derrière lui, je vois Céline et Candice, mes amies avec lesquelles je suis fâché depuis quatre mois.
la suite tenant du journal intime ou du débalage public, c’est selon, je me contenterai donc de la garder pour moi. Beaucoup de tristesse au final, quelques moments précieux avec celle qui était ma meilleure amie au monde, mais un status quo et un campement sur ses positions de chacun qui fait que rien ne s’est résolu et ne se résolvera jamais. Le retour en train au matin avec un nouvel ami tessinois à la place de Sai, fâchée avec Candice, en rajoutera une couche dans le trouble, avant que sa place ne soit laissée vide à son tour.
Gare de lausanne. On se sépare sans même s’embrasser, sans même se dire au revoir, sans même que Céline ne me regarde… je quitte Mitch et prends mon bus pour rentrer me coucher. A la hauteur de Saint-François, je croise mon double sur le chemin du travail. Il ne porte pas mes badges, moi si, les caressant du bout des doigts tandis que le bus me dépasse pour continuer son trajet. Il est huit heures du matin.
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