THE HOST DE BONG JOON-HO

 
Ce mercredi 28 novembre, la salle de rock du Romandie se transforme en cinéma pour la projection d’un film coréen aussi improbable que mémorable. Votre serviteur y était. Compte rendu à chaud.
Le cinéma coréen est décidément formidable et Bong Joon-Ho en est certainement le plus admirable représentant. Après son bien déjanté thriller Memories Of Murder, le voilà qui s’attaque au film de monstre pour le sublimer comme personne. Le résultat, un chef d’oeuvre absolu et une véritable leçon de cinéma.
Le scénario de The Host est pourtant d’une banalité confondante. Un fleuve coréen est pollué par des produits toxiques de l’armée américaine (la scène des flacons toxiques déversés dans un simple évier de laboratoire est un modèle de froide criminalité ordonné) et quelques années plus tard, un monstre gigantesque (jamais vu une telle horreur aussi réaliste au cinéma!) en sort pour y chercher sa nourriture, les malheureux riverains se trouvant là. La scène est un sommet d’horreur réaliste. Agglutinés autour d’un snack quelques instants plus tôt, une centaine de personnes se met à fuir face à l’arrivée de la créature, incroyable bestiole aquatique courant en silence telle une autruche, gobant ses victimes  tout en piétinant les autres sur son passage. Jusque là, me direz-vous, rien de très original, mais il faut voir comment c’est filmé, avec quel le humanité et quel maestria tout semble réel et effroyable. Ce qui se passe devant nos yeux ressemble à la réalité.
Mais là où ça devient génial, c’est que le film de monstre se transforme rapidement en drame familial. En effet, le snack est tenu par un vieil homme (magistral  Park Hie-Bong), son fils un peu retardé et la fille de ce dernier.
S’y rajoutent une fille tireuse à l’arc  olympique et un second fils, informaticien au chômage. Le drame veut que la benjamine se fasse emporter dans les eaux par la créature. S’ensuit un lent et crédible  travail de deuil, puis une quarantaine militaire avant qu’un appel en pleine nuit n’avertisse son père que sa fille survit dans les égouts, dans le garde-manger de la créature.
La suite est une aventure pleine de rebondissements digne des pieds niquelés, le tout entrecoupé des apparitions dantesques de la créature et de la révélation de sa véritable et effroyable nature. La petite famille se révèle au cours de sa quête des plus attachantes et les larmes ne sont jamais très loin. On se sent incroyablement proches de cette petite équipe de héros ordinaires et le final (digne de mai 68 avec  force coktails molotov) est une tragédie sans nom qui marque durablement la rétine du spectateur. Sans putasserie aucune, le film réussit également a être un brûlot politique  sans pareil, les Etats-Unis en prenant pour leur grade, tout comme la Corée du Sud, ici réduite à un pays contrôlé et docile aux ordres du pouvoir américain.
En résumé, nous sommes en présence de l’un des films les plus fabuleux de la décennie, d’une beauté émotionnelle incomparable, un véritable drame social ou l’humour et l’amour de cette petite famille de bras cassés arrive, presque, à franchir tout les obstacles. Pour paraphraser Rurik Sallé de Mad Movies, à qui cette chronique est dédiée, je citerai, en plus des quelques phrases empruntées, la fin de sa propre chronique: « Un chef d’oeuvre extraordinaire, une leçon  de cinéma à la Terre entière ». Je ne l’aurai pas mieux dit.
 
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