indochine live a bercy (partie 2)

remoteImage-1.jpg image by askandeglow

On se grille une dernière cigarette malgré l’interdiction dans la salle, le plublic faisant des holas pour masquer son impatience. 17000 personnes exitées comme rarement, c’est impressionnant à voir. Une musique techno bien connue se met à retentir, puis enfin, l’horloge folle se met à cliqueter et la jeune fille au tambour apparaît, bientôt démultipliée, tandis que ses accords martiaux retentissent dans Bercy, avant que ne débute « Dunkerque ». Des cris assourdissants se propagent tout autour de nous. Cêst partit! Le 1er rideau tombe et les Indo boys apparaissent, magnifiques. L’ambiance est totale, le public exulte. Le second rideau tombe avec « Ceremonia ». Puis succède « Alice & June », climax de ce début d’hostilités. Sauf qu’une panne va interrompre la fête. La foule continue de chanter, mais ça ne revient pas. le titre est arrêté. Petite allusion à la visite de Sarkozy dans cette salle de la part de Nicola pendant que les techniciens s’affairent. Le titre repart mais se plante à nouveau. Le public reste solidaire, tandis que Nicola cache sa colère et que Boris se met à parler avec le premier rang. Deuxième essai, à nouveau dans le vide, le titre ne franchissant pas la minute. Petite explication avec le public pour s’excuser puis le groupe repart backstage sous les applaudissements. Le concert est arrêté durant vingt minutes.

Après quelques cafouillages (l’intro qui recommence) et un nouveau soundcheck, le titre reprend de plus belle. Rien ne peut arrêter Indochine, pas même la pire panne de toute leur carrière. le groupe semble survolté, jouant plus fort et plus rock, comme si l’incident l’avait boosté. Les morceaux s’enchaînent dans le même ordre que les derniers concerts de la tournée : « Marilyn » prend de sombres allures dantesques ce soir, tout comme « Punker », rarement aussi punk, notamment grace à Boris et Oli déchaînés, puis « Ladyboy » repris par une salle surchaufée. La chanson « J’ai Demandé à la Lune » met la salle en transe durant quelques précieuses minutes de bonheur. comme à chaque fois, des centaines de briquets s’allumant ici et là. Arrive « Starlight », ma chanson préférée du moment, puis la poignante « June » qui me prend à la gorge comme jamais.  » Electrastar » se charge de monter le niveau d’un cran. Nicola oublie ou modifie son texte durant certains passages du concert, preuve qu’il ne s’est pas encore débarassé des émotions liées à la panne du début. « Trois Nuits par Semaine » crée à nouveau l’hystérie, bientôt suivie de « Miss Paramount », puis « Crash Me » et son clip en noir et blanc.

Nous arrivons enfin au clou du spectacle, Nicola, en costume, nous présentant l’Orchestre Philharmonique de Hanoi, tandis que l’immense rideau de fond s’ouvre en deux pour laisser apparaître 40 musiciens sur une scène surrelevée. Le public exulte de retrouver en vrai les protagonistes principaux du fameux dvd. « Salômbo », « Justine », « Tes Yeux Noirs », « 3e Sexe », « Pink Water » sont jouées de façon magnifique et on comprend enfin la nécessité de cette démarche folle il y a encore une année ( Indochine en philarmonique?! un suicide!!!). Encouragés par Nicola, nous remercions l’orchestre en vietnamien et le saluons une ultime fois. Grandiose et étange ce moment, comme si le temps s’était arrêté… mais la fatigue me gagne et je commence à ressentir les effets de ma nuit blanche avec la châleur de la salle, malgré les portes de Bercy ouvertes sur demande expresse de Nicola. Je me pose un instant par terre, savourant la prestation admirable de l’orchestre et le son vraiment parfait. « Vibrator remet tout de suite le public dans l’ambiance.

Et puis le putain de moment arrive. La scène se recouvre d’une teinte bleue familière tandis qu’un beat dark et une sourde mélodie se font entendre, devenant de plus en plus reconnaissable dès les premières nappes de synthé ajoutées. Place à « L’Aventurier », la plus grande chanson française de tous les temps. Le public déchaîné s’époumone d’entendre encore et toujours cette légendaire chanson. Moi pas. Je suis mort, mes muscles refusent d’obéir. 17000 personnes pêtent les plombs autour de moi en chantant comme si leur vie en dépandait et j’assiste à ça avec une envie de mourir assez puissante. Des idées fortes se bousculent dans ma tête: avoir à nouveau 20 ans, être maigre, devenir une fille… baiser ce soir avec une personne qui m’aime. La chanson se termine dans un chaos digne de Nine Inchh Nails. Je regarde mes deux amies devant moi avec l’envie de pleurer. Mais rien ne vient.

A la surprise générale, le groupe nous joue ensuite une reprise de Dead or Alive « You Spin Me Round ». L’anglais de Nicola est toujours aussi abominable, mais bon, on s’y est habitués depuis « Small Town Boy » et surtout son terrible album solo. Talulla » sera le dernier morceau joué. Nicola fait monter ses fans sur scène, les prenant dans ses bras avant de leur indiquer le devant de la scène. Un moment toujours très émouvant. Il nous parlera encore après pour nous remercier, laissant quelques pistes diffuses sur l’avenir du groupe, comme à son habitude. l’histoire n’est pas encore terminée. Dieu merci.

Il est temps de se quitter. Nous sortons lentement de la salle en volant le maximum d’images autour de nous. Les cigarettes viennent s’embraser à nos lèvres tandis que des effluves de grillades montent à nos narines et que la nuit nous accueille devant les portes grandes ouvertes de Bercy. Nous rentrons à pied jusqu’à l’hôtel, manquant de nous perdre aux abords du périphérique. A l^hôtel, nous prennons des douches bienvenues et fumons un dernier joint en trinquant à la bière. Mes petites amies regardent l’émission de Ruquier sur France 2 mais je m’endors assez vite. Le lendemain, nous partons en direction de la gare de lyon. J’achète le dernier D-Side avec Marilyn Manson en couverture. On prend un dernier verre dans un troquet et j’emporte avec moi les sucres de mon éternel café noir. Dans le tgv, nous sommes séparés. ne trouvant pas mon siège, je passe un moment au bar, avant que des touristes ne viennent baffrer devant moi, me permettant de partir pour rejoindre mes amies, éline m’ayant envoyé un message comme quoi il restait une place libre pour moi. Le trajet est super long (heureusement que j’ai mon lecteur mp3) mais on arrive finalement à Lausanne. On croise une indo fan qui devait être dans le même train.

En attendant le bus, je fouille dans la poche de mon jean pour retrouver le morceau de sucre de Paris. Je le débale pour le croquer et manque de défaillir, m’empressant de le montrer à Céline qui n’en revien pas non plus, riant d’étonnement. A côté de l’image satellite imprimée, Il est écrit: Hanoi, Vietnam.

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